Rousseau
Biographie
Ancien sous-officier au 60e régiment de ligne, devenu marchand de vins. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Sans que sa demande fût précisée dans son dossier, on trouve deux certificats constatant sa participation aux combats de Juillet. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, négociants et marchands patentés, domiciliés à Paris, comme il est dit ci-après, certifiions à qui il appartiendra que le sieur Rousseau, ex-sous-officier au 60e régiment de ligne, tenant la cave du sieur Bridanne, marchand de vins, rue du Mail n° 29, n’écoutant que son courage et son patriotisme dans la journée du 28 juillet dernier, s’arma d’un fusil dont était porteur un individu qui vint se réfugier chez lui étant poursuivi et chargé comme d’autres citoyens par des voltigeurs faisant partie de deux bataillons du 5e régiment de ligne, en bataille rue Montmartre, où ils arrivaient de la place des Victoires, ayant le général comte Wahl à leur tête, certifions, disons-nous, que le sieur Rousseau, saisissant le moment où le général tomba de cheval, l’ajusta trois fois sans pouvoir l’atteindre, l’arme n’ayant point partie, ce qui le fit remarquer par un officier de voltigeurs, qui fit tirer sur lui, Rousseau. Nous vîmes même tomber à ses côtés un homme frappé d’une balle. Ce généreux citoyen, voyant le mauvais état de son fusil, n’eut plus qu’à rentrer chez lui, ne pouvant seconder le groupe, qui obligea la troupe à se replier par la rue des Fossés-Montmartre, sur la place des victoires d’où elle était partie. » Signé, le 2 août 1830 : Sardaz illisible, demeurant 28, rue du Mail ; Regnier ; Chedal (voir Chedal, Benoist), demeurant 29, rue du Mail ; Heulin, demeurant 29, rue du Mail, au café des Colonies ; Choltot illisible, boulanger, demeurant 30, rue du Mail ; Edel illisible, maître d’hôtel garni, demeurant 22, rue du Mail ; Bodin, inspecteur de la place de la Victoire ; Rambourg de Viré, inspecteur divisionnaire du stationnement de Paris, demeurant 63, rue Montmartre. Rousseau avait signé, le 31 octobre 1831, le certificat suivant en faveur de Chedal, Benoist, et que ce dernier avait présenté quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, attestons et certifions que M. Chedal, Benoist s’est trouvé avec nous dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, dans diverses rues de la capitale, où les dangers étaient les plus éminents ainsi qu’à la prise du Louvre et des Tuileries. Nous attestons sur l’honneur que le sieur Chedal s’est comporté dans toutes ces circonstances en brave et loyal citoyen et qu’il a fait preuve de courage et d’intrépidité. En foi de quoi nous lui avons délivré le présent certificat pour rendre hommage à la vérité et lui mériter la récompense nationale due à tous les braves qui ont combattu pour la liberté. » Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés déclarent que dans la mémorable journée du 28 juillet dernier, le sieur Rousseau, marchand de vins rue Montmartre n° 29, s’est armé d’un fusil qu’on avait déposé chez lui et a couché en joue le général comte de Whal, aide-de-camp du roi, au moment où il venait de tomber de cheval, en voulant escalader la barricade qui défendait l’approche de cette rue. Mais que l’arme vint à rater dans ses mains et qu’alors il fut fait sur lui une décharge générale, à laquelle il n’échappa qu’à la faveur d’une fusillade partie des croisées de la rue du Mail sur les assaillants et en se retirant avec promptitude dans sa boutique, où il fut effleuré par des balles, dont l’une perça le chambranle de sa porte et vint se perdre dans le mur. Rousseau n’a dû la vie qu’à un miracle. Ce courageux citoyen a autrefois servi dans les grenadiers de la vieille armée et dans cette dernière circonstance il a fait preuve d’un dévouement et d’un courage dignes des éloges les mieux mérités. C’est un hommage que les soussignés se font un devoir de rendre à la vérité. » Signé, le 10 août 1830 : Bodin, inspecteur de la place de la Victoire ; Rambourg de Viré, inspecteur divisionnaire du stationnement de Paris, demeurant 63, rue Montmartre. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il demeurait 29, rue du Mail en 1830-1848. Archives de la préfecture de police AA 378 in dossier Chedal, Benoist ; Archives de la préfecture de police AA 412.