Rousseau, Jean, Joseph

Biographie


Né le 19 avril 1748 à Paris, fils de Rousseau, Louis, bonnetier, et de Dupont, Denise, son épouse. Maire du (ancien) IIIe arrondissement. Il dirigea l’ambulance de la Bourse. Il se porta témoin, comme maire et directeur de l’ambulance, devant la Commission des récompenses nationales de l’incident qui opposa Chèvre, Félix, Etienne (voir ce nom) à un homme, devenu subitement fou et qui voulait faire sauter un baril de poudre dans l’intérieur de la Bourse, où on confectionnait des cartouches et soignait des blessés. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (sous le nom de Rousseau, Maire sur les listes du Moniteur universel, sous le seul nom de Rousseau sur celles du Bulletin des lois et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il signa, le 20 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Goldstein, Albert : « Le maire du (ancien) IIIe arrondissement joint avec plaisir son témoignage en faveur du sieur Goldstein à celui que lui ont donné MM. les membres de la commission chargée par les propriétaires du Constitutionnel de distribuer des secours aux blessés provenant des versements qui ont été faits entre leurs mains avec cette destination et certifie qu’il l’a toujours vu remplir avec exactitude les ordres qui lui étaient donnés et qu’ayant été blessé dans les mémorables journées de Juillet il le recommande à la bienveillance de la Commission investie de l’honorable fonction de distribuer à ceux qui ont des titres certains les récompenses nationales. » Il appuya la demande de recevoir la Légion d’honneur, présentée par de Driesen, Lallemand, Alphonse, pour récompense de sa conduite en juillet 1830, qu’il n’avait pu obtenir parce que s’étant présenté trop tard devant la Commission des récompenses nationales. Par une lettre en date du 17 mars 1831, il adressa au ministre de l’Intérieur, une demande pour que son adjoint, Drouot, Victor (voir ce nom) fût nommé chevalier de la Légion d’honneur : « Le bruit se répand que des décorations de la Légion d’honneur vont être accordées au corps municipal. J’ai l’espérance que parmi les personnes présentées à la nomination de Sa Majesté celui de mon bien recommandable adjoint, M. Drouot, s’y trouvera. Il est connu de vous et de toutes les personnes avec lesquelles il combat depuis quinze ans et plus pour la cause de la liberté. Je vous avoue que je serai affligé si malgré les pressantes instances que j’ai faites successivement à MM. Odilon-Barrot et de Bondy, il ne figurait pas dans la première promotion, et dans ce cas ce serait vous, monsieur le ministre, que je prierais et supplierais de réparer un oubli qui, à mes yeux, serait une grande injustice. » Le 8 avril 1831, il réitérait sa demande, apportant les précisions suivantes : « Je suis trop touché de la manière tout fait amicale qui a accompagné la promesse que vous m’avez faite en faveur d’un objet qui m’est bien cher pour que je diffère plus longtemps à vous exprimer combien j’y suis sensible. Malgré toute la confiance que j’ai dans sa réalisation, je crois un devoir de mettre sous vos yeux les titres qu’il a à la faveur qu’à son insu je vous ai demandée pour lui. Ils consistent dans le patriotisme qu’il a, depuis sa jeunesse, toujours manifesté ; dans les cicatrices que lui ont laissées les honorables blessures qu’il a reçues en essayant de soustraire à la fureur des soldats du Directoire un jeune inconnu qu’il assassinaient : la perte de deux doigts de la main droite atteste le courage qu’il a montré dans cette funeste circonstance ; et enfin dans son dévouement au prince que les vœux et le choix de la nation ont appelé au trône […]. » Rousseau est représenté dans le tableau de Gosse, exposé pour la première fois en 1833 et conservé au Musée du Carnavalet, Sa Majesté la Reine des Français visitant les blessés de Juillet à l’ambulance de la Bourse, le 25 août. Les Annales du Musée et de l’Ecole moderne des Beaux-Arts donnèrent, à l’occasion de sa première exposition, le commentaire explicatif suivant sur le tableau : « Tous les personnages, ainsi que tous les détails de ce tableau, sont historiques. En donnant ici un court récit de la scène qu’il représente, nous aurons fait connaître sa composition et les diverses figures que l’auteur a dû y faire entrer. “Après les mémorables journées de Juillet, dit M. Gosse dans la notice du livret, S.M. la reine, accompagnée de S.A.R. Mme Adélaïde, du prince de Joinville, des princesses Louise et Marie, et de Mme la marquise de Dolomieu, alla visiter l’ambulance établie à la Bourse dès les premiers jours des combats, et prodigua aux blessés et aux personnes qui leur donnaient leurs soins, des secours et des consolations.” La reine fut reçue par MM. Ruffin, greffier en chef du tribunal de commerce, Vassal (voir Vassal, Jacques, Claude, Roman), Richebourg (voir Baudesson de Richebourg), Novins (voir Novince, Pierre, François), Rousseau (voir Rousseau, Jean, Joseph), et un jeune Anglais nommé Schripton (voir Shrimpton, Charles), naturalisé français depuis la révolution de Juillet, et qui, pendant les trois jours, ne cessa de prodiguer ses soins aux blessés de la Bourse. Parmi ces blessés, on remarque Julien (voir Julien, Fortuné), vieux soldat de la garde impériale : c’est celui dont la reine prend la main ; M. Guillaume (voir Guillaume, Henri, François, Guillaume), cousin de M. le préfet de police ; il reçut vingt blessures ; M. le docteur Marc est auprès de lui. Viennent ensuite Hureaux (voir Hureau, Julien, Charles), près duquel est Mme Novins ; Gravey (voir Gravey, Thomas, Bernardin), cocher de cabriolet, et sa famille ; Brisset (voir Brisset, Jean, François), ciseleur ; Bouvier (voir Bouvier, Benoist, Marie), Chambron (voir Chambeiron, Pierre, Antoine), Séné (voir Séné, Adolphe, Louis, Baptiste), tous blessés, et les personnes qui ont pris une part plus ou moins active aux soins qui leur ont été donnés, et parmi lesquelles il faut principalement remarquer Mlle Pelletier (voir Lepelletier, Angélique, Adélaïde, Suzanne), marchande de modes ; c’est elle qui est placée près de Mme la marquise de Dolomieu. Sur le premier plan, on remarque le nommé Marquet, garde royal ; et près du vieux Julien, M. le docteur Guillon (voir ce nom), médecin en chef de l’ambulance, à qui, la veille de l’arrivée de la reine, M. de Lafayette avait remis une médaille d’or. Dans le fond est le drapeau national, et une affiche aux trois couleurs portant ces mots : Aux braves blessés pour la patrie. Tels sont à peu près les nombreux personnages de cette riche composition que quelques personnes, par un esprit de parti plus qu’injuste et fort mal entendu, avaient d’abord sévèrement critiquée. Placé sous un faux jour lors du premier mois de l’exposition, ce tableau n’avait pu être sainement jugé : mais enfin, lorsqu’il a pu être offert aux regards des connaisseurs sous un jour favorable, il a été pleinement vengé de l’injuste rigueur des censeurs. Nous ne voulons pas dire cependant que toutes leurs critiques aient porté à faux. On a remarqué avec raison que l’ensemble du tableau, d’ailleurs bien composé, manquait de vigueur d’effet, principalement le côté droit ; que peu de figures avaient l’énergie d’expression que le sujet comportait. Excepté le soldat à qui la reine prend la main, l’opposant qui se couvre le visage de ses mains pour cacher son émotion à la vue d’une princesse dont la bonté le confond ; excepté encore la jeune femme en marmotte, la figure du jeune prince, et surtout celle de la reine des Français, dont les traits respirent la bonté et la compassion, presque tous les personnages de cette scène sont peu animés, peu expressifs, même la reine des Belges, dont l’artiste n’a fait, à bien dire, qu’un portrait hors d’œuvre. Toutefois, il faut convenir que donner l’expression convenable à une scène où la douleur physique et la satisfaction morale devaient se peindre sur les traits de nombreux personnages qui, étant tous historiques, devaient être tous ressemblants, était une tâche difficile à remplir, et que plus d’un des hommes de mérite qui ont critiqué le tableau de M. Gosse, ne l’aurait probablement pas accompli avec autant de bonheur que lui. » Il mourut le 4 juillet 1837. Il avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur le 26 prairial an XII, alors qu’il était déjà maire du (ancien) IIIe arrondissement, officier le 18 janvier 1815 et commandeur le 30 avril 1831. Esquisse de quelques scènes de l’intérieur de la Bourse pendant les journées des 28, 29, 30 et 31 juillet dernier, C.-F. Tricotel, Paris, 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Chèvre, Félix, Etienne, sans doute aussi in dossier Delacoux, Alexis (voir ce nom) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Carlier, Louis ; Archives nationales F/1dIV/D/16 récompenses honorifiques Légion d’honneur ; Archives nationales F/1dIV/R/9 récompenses honorifiques (deux dossiers à son nom) ; Archives nationales F/1dIV/S/4 Récompenses honorifiques in dossier Séguin, Paulin ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Driesen de, Lallemand, Alphonse ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Goldstein, Albert ; Base Eléonore de la Légion d’honneur ; Annales du Musée et de l’Ecole moderne des Beaux-Arts, Landon, Salon de 1833, Paris, chez Pillet, 1833, pp.73-75. Il est dans le dictionnaire des girouettes… In Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Santelli, Romulus j’ai un Rousseau, J., J., qui signait, le 20 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Santelli, Romulus, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Santelli, Romulus, ancien officier, se trouvait faire partie d’un détachement du 5e régiment de ligne qui se présenta le 27 juillet au soir place de la Bourse et qu’au lieu de nous repousser par la force ainsi qu’ils en avaient reçu l’ordre, il fraternisa avec nous et nous encouragea même à soutenir notre cause. Que le 28 il coopéra à armer plus de deux cents citoyens avec les armes qui étaient à la caserne de la Nouvelle-France, que cette conduite lui valut de la part de son colonel les arrêts et qu’enfin le 29 il parvint à s’échapper en bourgeois et vint se mettre dans nos rangs pour combattre contre la garde, qui occupait les boulevards de la Madeleine ; de là il nous accompagna à la place Vendôme, où notre arrivée engagea le 5e et le 58e à nous suivre, ce qui décida la chance d’un succès favorable à la cause de la liberté. Nous attestons en outre que pendant le temps que ledit sieur Santelli était avec nous il a fait preuve d’intelligence et de courage et en lui délivrant le présent certificat pour qu’il lui soit utile à l’occasion nous rendons en même temps hommage à la vérité. »

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