Rousseau, Victor
Biographie
Né le 12 avril 1809 à Paris. Réformé du service militaire, il ne mesurait que 1,1 mètre (si on parle d’un nain quelque part dans la narration des combats). en voitures. Il sortit de chez lui, armé, le 28 juillet au matin. Il fut atteint d’un coup de feu à la tête, le 29 entre 10 heures et 11 heures, rue Saint-Honoré au coin de la rue Traversière-Saint-Honoré, au côté de Leclaire, alors qu’ils se battaient tous deux contre un peloton de la garde royale ; il mourut dix minutes plus tard. Le dossier fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Le certificat suivant constatait les circonstances de son décès : « Nous certifions que le nommé Victor Rousseau, serrurier en voitures, âgé de vingt et un ans, demeurant chez ses père et mère, rue Rochechouart n° 35, est tombé à nos côtés, atteint d’un coup de feu, au coin de la rue Traversière-Saint-Honoré, dans la journée du 29 juillet. » Signé, le 19 août 1830 : Leclaire, Jean, Adrien, « blessé à la même affaire », demeurant 35, rue Rochechouart ; Matthiot, Jean-Marie, « blessé à la même affaire », demeurant 3 bis, rue de La Tour-d’Auvergne. Le 19 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement , comparurent : Leclaire, Jean, Adrien, serrurier, demeurant 35, rue Rochechouart ; Payard, Pierre, Antoine (voir ce nom), serrurier, demeurant 14, rue Rochechouart ; Godde, Antonin, Joseph, architecte, demeurant 15, rue Cadet. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Rousseau, Victor et savoir « qu’il a été atteint d’une balle à la tête le jeudi 29 juillet 1830, entre 10 et 11 heures du matin, rue Saint-Honoré au coin de celle Traversière, dans les combats qui ont eu lieu à cette mémorable époque et qu’il en est décédé le même jour, dix minutes après avoir reçu le coup ». Il laissait des parents, les époux Rousseau, Nicolas, Antoine, né le 18 janvier 1771 à Germainville (Eure-et-Loir) (lui-même fils de Rousseau, Paul et de Percheron, Marie, Jeanne, son épouse), ouvrier charron, et Mercier, Marie-Louise, née le 3 mars 1776 à Paris, inscrit sur le livre des pauvres du (ancien) IIe arrondissement. Ils furent pensionnés et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il demeurait chez son père 35, rue Rochechouart ; ses parents, à la même adresse en 1831. Le nom de Rousseau (V. Rousseau) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 14 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 95 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.