Roussel dit Dufruit, Valentin, Philippe

Biographie


Né le 25 décembre 1800 à Paris. Tailleur. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa, en effet, le 9 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : « Pour me conformer à l’arrêté du gouvernement provisoire, je viens vous exposer les faits auxquels j’ai participé dans les journées des 22, 23 et 24 février dernier, qui nous ont affranchi des despotes qui prétendaient nous ôter nos libertés et dont le courage des citoyens a prouvé à l’Europe entière qu’il n’y avait aucun sacrifice que le Français ne fût près à faire pour conquérir sa liberté si violemment menacée le 22 févier par un déploiement de force militaire à l’effet de nous opprimer, question qui a donné la preuve de l’élan des citoyens. Chacun s’est rendu à son poste et moi, Roussel Dufruit, lieutenant de la 3e compagnie de chasseurs du 1er bataillon de la Ve légion, je me suis rendu à la mairie du (ancien) Ve arrondissement à l’effet de recevoir les ordres et prendre les mesures nécessaires au maintien de l’ordre et à la sûreté publique que réclamaient les circonstances. Le lendemain, mercredi 23 dudit, je fus commandé de service pour garder la mairie, où je restais jusqu’au jeudi matin. Vers les 8 heures, nous fûmes au moment d’être débordés par les masses, qui voulaient envahir la mairie. Je parvins après des peines infinies, en présence du maire, du colonel, du chef de légion et de son état-major, qui tous penchaient à ce qu’on résistât pour empêcher d’entrer (sic) ; mais dans le but d’éviter une collision sanglante et inutile, n’étant pas en nombre suffisant pour espérer de conserver par la résistance les archives, je pris le parti de fraterniser avec les citoyens et je parvins à rétablir l’accord fraternel entre les masses et les gardes nationaux et, par ce moyen, conserver le bon ordre autant que possible, ce qui pourra être reconnu exact au besoin. Ce jour-là à 11 heures, mon service terminé et le poste relevé, je partis immédiatement avec une colonne de citoyens qui s’étaient joints à mes gardes nationaux de la Ve légion et nous partîmes en masse au Palais-Royal à l’emplacement du café de la Régence, où a eu lieu l’engagement avec les troupes. A cet instant, j’aperçus le maire de notre arrondissement dans la foule des combattants ; je parvins à le dégager et à le conduire près du Théâtre-Français où se trouvaient plusieurs officiers de la garde nationale. Etant tranquille sur ce point, je retournais auprès de la colonne qui m’accompagnait. Je continuais à soutenir le feu jusqu’à la fin de l’engagement et de la reddition du poste du château d’eau. Les circonstances m’appelant d’un autre côté, je me rendis de nouveaux aux Tuileries avec le capitaine Hebert et notre bataillon, où nous sommes parvenus à conquérir le château et chasser l’ex-roi. Les troupes s'étant réunies, j’emmenais, assisté de citoyens, environ quarante, et soldats de la ligne jusque sur la place de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, à l’effet de les sauver et leur faire donner des vivres, desquelles ils avaient grand besoin. Ensuite nous nous sommes rendus à la mairie du (ancien) Ve pour prendre de nouveaux ordres et rester à la disposition de la légion. D’après ces détails ci-dessus, je ferais remarquer qu’à l'époque de 1830, j’ai, à la connaissance d’une partie des citoyens de mon quartier, mis autant de zèle pour le bien général qu’en février 1848, qu’à cette époque je ne jugeais devoir faire aucune demande mais en témoignage de reconnaissance lors de la formation de la garde nationale mes camarades me donnèrent le grade de sous-officier dans la compagnie dans laquelle je suis présentement ; par la suite lors des élections de 1834 je fus nommé officier où depuis cette époque jusqu’à ce jour j’en rempli les fonctions, ainsi qu’il pourra au besoin être certifié par les brevets qui m’ont été donnés. J’ose espérer que la Commission, après avoir fait faire l’enquête sur les faits que je déclare ci-dessus, se croira suffisamment éclairée sur ce qui me concerne, et sera à même d’apprécier le mode de témoignage de satisfaction qu’elle jugera, dans sa sagesse, devoir m‘accorder. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, officiers, sous-officiers et gardes nationaux du 1er bataillon de la Ve légion de Paris, certifions que le citoyen Valentin, Philippe Roussel, dit Dufruit, demeurant à Paris, rue de la Fidélité n° 16, autrefois lieutenant en premier de la 3e compagnie et maintenant capitaine en premier de la 1er compagnie de notre bataillon, s’est toujours conduit et montré dignement en tête de sa compagnie dans toutes les prises d’armes qui ont eu lieu. Il est à notre connaissance, et plusieurs d’entre nous en ont été témoins, qu’en juillet 1830 il fut l’un des combattants qui entrèrent des premiers au Louvre. En février dernier, il combattait avec sa compagnie à la prise du château d’eau, place du Palais-Royal et retirait du danger notre estimable maire, le citoyen Vie. La présente déclaration et attestation est délivrée par nous au capitaine Dufruit en témoignage de la haute estime que méritent son caractère honorable, son zèle et pour le service et son dévouement à la chose publique comme ses bons rapports avec tous ses camarades. » Signé, le 25 août 1848 (pour les signatures lisibles) : Luchaire, Amédée, officier de cavalerie en retraite, 1re compagnie, 1er bataillon, demeurant 15, rue de la Fidélité ; Vincent, L. sergent ; Viller, sous-lieutenant ; Fontaine, demeurant 100, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Laveissière, fourrier à la 1re compagnie ; Andrieu, Auguste (voir Andrieux, Auguste, Alcibiade), lieutenant, décoré de Juillet et chevalier de la Légion d’honneur, qui attestait en outre « qu’en juillet 1830 le citoyen Dufruit est entré un des premiers au Louvre, le fusil à la main, que le 24 février 1848 il commandait la compagnie en qualité de lieutenant au moment où j’ai eu la main droite fracturée par une balle au château d’eau place du Palais-Royal » ; Bilhaut, sergent de l’ancienne compagnie depuis 1831, actuellement sergent de la 8e compagnie, 1er bataillon, Ve légion ; Hieronima..., sous-lieutenant, qui ajoutait avoir « vu dans les journées de Février le capitaine Dufruit déployer un courage héroïque et rare, digne d’un brave citoyen » ; illisible, lieutenant au 4e bataillon ; Quivogne, demeurant 9, rue de la Fidélité ; Boulemer ou Bouleiner, demeurant 17, rue de la Fidélité ; Boudillet, demeurant 20, rue de la Fidélité. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il était marié en 1848. Il demeurait 16, rue de la Fidélité en 1848. Archives de la préfecture de police AA 412.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.