Rousselle, Nicolas, Louis
Biographie
Né le 20 octobre 1794 à Paris. Marbrier. Il est inscrit deux fois sur les listes de la mairie comme ayant reçu un secours de quarante francs de la part du Constitutionnel (il est où sur les listes ? la mairie donne les prénoms de Pierre, Charles, 13, rue de la Paix, blessé à la cuisse). Le 5 octobre 1830, il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Le sieur Roussel (mais il signe bien Rousselle), marbrier, cour du Retiro, rue du Faubourg-Saint-Honoré, n° 30, ayant été informé qu’on donnait une indemnité aux ouvriers qui se sont distingués dans la révolution et croyant y avoir des droits, a l’honneur d’exposer qu’il a pris une part active à la guerre contre la tyrannie et qu’il a été sous les armes pendant la grande semaine. Le 28, il était à l’affaire de la porte Saint-Martin. Le 29, il a arrêté un aide de camp sur le boulevard de la Madeleine, lorsqu’il fuyait. Le cheval fougueux s’étant élancé, l’exposant a été renversé et a failli être tué. Il est allé à Saint-Cloud avec le sieur Carpentier (voir Carpentier, Frédéric), sellier, habitant comme lui la cour du Retiro. C’est M. Gabillot, adjoint à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, qui leur a donné des cartouches. Ils ont tiré sur l’ennemi et ont gardé la tête du pont de Sèvres. Lui et le sieur Carpentier et quelques autres arrêtaient les ennemis et si l’aide de camp du général Gerard n’eût pas compromis leur élan en leur disant de ne pas attaquer, Saint-Cloud eût été pris plus tôt. Et il est allé aussi à Rambouillet. L’exposant n’a reçu aucune indemnité, cependant il n’a pu se livrer à son travail lorsqu’il était sous les armes et qu’il exposait sa vie, il a usé ses habits, ses chaussures. Il est père de famille, ses enfants sont en bas âge. Enfin, les sacrifices qu’il a faits pour la patrie l’ont réduit, lui et ses enfants, à un état de dénuement complet. S’il n’a point réclamé plus tôt, c’est qu’il croyait se suffire par son travail et réparer ses pertes. » Sa conduite était attestée, à la fin de sa lettre, par : Martin, régisseur de l’hôtel du Retiro ; Carpentier (voir Carpentier, Frédéric) ; Jacotot ; Bordeaux ; Dumouchet ; Béraud (voir ce nom), grenadier instructeur à la 1re compagnie du 1er bataillon de la Ire légion de la garde nationale, ancien officier et homme de lettres, demeurant 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré, qui ajoutait : « Je déclare l’avoir vu à la porte Saint-Martin, lorsque nous prîmes la caserne de la gendarmerie, sous les ordres du brave lieutenant-général Delacroix (à retrouver… c’est qui ?), qui nous avait fait jurer de vaincre ou mourir. Il était aussi à la porte Saint-Denis, exécutant les feux de section contre le 3e de la garde, sous les mêmes ordres et notre colonne contribua à la retraite et à la défaite complète des ennemis de la liberté. » Il signa, le 10 novembre 1830, le certificat suivant en faveur de Carpentier, Frédéric : « Je, soussigné, atteste que le sieur Carpentier a été à Saint-Cloud et à Rambouillet, que je l’ai vu tirer sur les lanciers qui tiraient à leur tour sur nous de la chaussée du parc de Saint-Cloud. M. Gabillot, adjoint au maire du (ancien) Ier arrondissement nous avait donné des cartouches. Je déclare aussi avoir vu le quartier de bœuf qu’il a distribué dans notre cour et qu’il avait pris à la garde. » Il reçut quarante francs de secours en janvier 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Rousselle, Nicolas, Louis sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 21 juin 1831, et son brevet le 20 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, Martin, régisseur de l’hôtel du Retiro, qu’il habitait, demandait au maire de remettre à Rousselle (sic) les soixante francs qui lui revenait afin qu’il les lui donne comme acompte sur les loyers qu’il devait. Il reçut une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1834, « […] ayant, jusqu’à ce jour, fait son service dans la garde nationale Ire légion 4e bataillon, père de quatre enfants, son épouse enceinte, devant cinq termes à son propriétaire et forcé de déménager, n’ayant aucune ressources », il sollicita des secours. La police donna malheureusement sur son compte les renseignements suivants, qui lui firent refuser tout secours : « […] Il manque quelquefois d’ouvrage et sa position paraît fort gênée. On fait l’éloge de sa conduite privée : il passe pour laborieux et économe, mais il n’en est pas de même de sa conduite politique : il professe des principes opposés au gouvernement actuel et fréquente des individus connus comme républicains. » Le préfet de la Seine ajoutait, quant à lui : « Paraît peu digne de la bienveillance du gouvernement. Il a été arrêté plusieurs fois dans les émeutes, où ses discours et ses actions ne pouvaient qu’augmenter le désordre. Remis en liberté, il n’est devenu ni plus sage ni plus circonspect. Toutefois je dois dire que sa famille est très malheureuse. » Son dossier est marqué Ne rien donner et Classé. Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de veuve d’un décoré de la Croix de Juillet, somme qu’elle ne semble pas avoir touché, étant « partie on ne sait où » selon les termes de l’administration. Il demeurait cour des Coches ou cour du Retard 30, rue Saint-Honoré en 1831-1834 ; sa veuve, 17, rue du Faubourg-Montmartre en 1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 67 (sous le seul nom de Roussel) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Rousselle, Nicolas, Louis) ; Archives de Paris VD6 91 (il signe Rousselle), idem liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 (sous le nom de Rousselle, Nicolas, Louis), idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 7, liste des secours aux combattants ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des combattants de Juillet qui ont reçu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement sur les fonds de la souscription nationale, le paiement des 120 francs accordés par ladite souscription (sous le seul nom de Roussel) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 26, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de la 1re classe dont les bulletins individuels ont été remis le 25 novembre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment (il signe bien deux fois Rousselle, en face de son nom Rousselle, Nicolas, Louis) ; Archives de Paris VK3 28 (ancien) Ier arrondissement Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe ; Archives de Paris VK3 42 in dossier Carpentier, Frédéric ; Archives de Paris VK3 51 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (bien sous le nom de Rouselle, Nicolas, Louis), idem état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement (bien sous le nom de Rouselle, Nicolas, Louis) ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe (sous le seul nom de Roussel) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47 (sous le nom de veuve de Rouselle, Nicolas, Louis), idem rapport du 18 juin 1850 et suivants, minutes 120-126.