Rousselot ou Roussellot, Claude
Biographie
Né le 17 septembre 1774 à Dampierre-sur-Salon (Haute-Saône), fils de Rousselot, François (sic dans l’acte de naissance), tissier, et de Boichu, Henriette, son épouse. Ancien militaire, totalisant vingt-quatre années de service et quarante et une campagnes, chevalier de la Légion d’honneur (son nom n’est pas dans la base leonore de la Légion d’honneur), il était tisserand en 1830. Il fut tué le 29 juillet devant le 7, rue de Valois. Il fut enterré au Louvre. Le Constitutionnel du 10 août 1830 donne l’avis de recherche suivant : « Rousselot, tisserand en toile, domicilié à Paris, rue de Charonne, n° 129, âgé de cinquante-six ans, taille d’un mètre soixante-douze centimètres, cheveux blancs, front moyen, sourcils châtains, yeux gris bleu, nez long, bouche grande, barbe grise, menton rond, visage ovale, teint ordinaire, a disparu le 29 juillet dernier ; il a deux marques distinctives, l’une au bras gauche, et l’autre une cicatrice au col ; plus une loupe sur la poitrine, une blessure sur la main droite, d’un coup de sabre, vêtu d’une redingote bleue, collet de velours, un pantalon gris d’été, un gilet de laine avec des petites fleurs, une clef dans sa poche, avec un petit nécessaire vert, une montre en argent et sa clé de forme ronde. Les personnes qui pourraient en donner des nouvelles sont priées de les adresser le plus tôt possible à sa femme, à la demeure ci-dessus indiquée. » On trouve dans Tombeaux du Louvre. Histoire véritable de Médor ou le chien fidèle, contenant des détails circonstanciés sur les événements arrivés à son maître, mort à la prise du Louvre, le texte de l’inscription qui fut déposée sur sa tombe : « Ici repose Claude Rousselot, âgé de 56 ans, chevalier de la Légion d’honneur, après 24 ans de service, victime de la révolution des 27, 28 et 29 juillet. » Le dossier fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 5 août 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Collet, Etienne, marchand épicier, demeurant 79, rue de Charonne ; Fontaine, Alexandre, Joachim, marchand boulanger, demeurant 119, rue de Charonne ; Lallemand, Jean-Baptiste (voir ce nom), tisserand, demeurant 94, rue de Charonne. Ils attestèrent savoir que Rousselot, Claude avait « été tué le 29 juillet, rue de Valois près le Palais-Royal ». Il laissait une veuve, Noviot, Anne, née le 7 juillet 1779 à Senancourt ou Suaucourt (Haute-Saône), fille de Noviot, Nicolas, garde de M. Treitondan, et de Mairet, Anne, Louise, son épouse, « malheureuse » selon une note de la mairie, qui avait à sa charge une nièce de son mari, qui reçut un secours de cent soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de trente francs le 28 août 1830, un secours de quarante francs le 17 septembre 1830, un secours de trente francs le 27 septembre 1830, un secours de quarante francs le 9 octobre 1830, un secours de cinquante-cinq francs le 15 octobre 1830, un secours de cent francs le 3 novembre 1830, un secours de cinquante francs le 5 janvier 1831, un secours de cinquante francs le 4 février 1831, un secours de cinquante francs le 4 mars 1831, un secours de cinquante francs le 2 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Noviot, Anne s’était mariée le 6 mai 1806 à la mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris avec Liberge. Le 24 juillet 1840, son neveu, Rousselot, Claude, qui demeurait alors 11 bis, rue d’Anjou-Saint-Honoré, « voulant rendre un dernier devoir à son oncle », adressait une lettre au préfet de police pour qu’il lui fît remettre trois places, pour lui et sa famille, afin d’être admis, à l’occasion de la cérémonie funèbre des victimes des journées de Juillet, à l’église dans laquelle devait être célébré le service à la mémoire des combattants tués et dans l’enceinte réservée autour de la colonne de Juillet. Le nom de Rousselot (C. Rousselot) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon (Rousselot, Claude). Rousselot demeurait 129, rue de Charonne ; sa veuve, à la même adresse en 1831. Le Constitutionnel, 10 août 1830 ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104 ; Tombeaux du Louvre. Histoire véritable de Médor ou le chien fidèle, contenant des détails circonstanciés sur les événements arrivés à son maître, mort à la prise du Louvre, Imprimerie Le Normant fils, rue de Seine, Paris, 1830, p. 12 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 106 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées, idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de veuves) ; Archives de Paris VK3 57 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Noviot ; Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Rousselot, Claude) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.