Rousset de Pomaret, Félix, Gabriel
Biographie
Né le 17 juin 1809 à Paris. Elève de l’Ecole polytechnique. Selon le rapport que fit Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, il était du nombre de ceux dont Lannoy disait qu’ils « ont combattu en uniforme dans les journées de Juillet et me paraissent avoir mérité la décoration spéciale ». Le 26 février 1831, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « J’ai appris par quelques élèves de l’Ecole, chargés de prendre des renseignements sur la conduite de plusieurs de leurs camarades pendant les journées de Juillet, que la Commission des récompenses nationales se proposait d’accorder la décoration à tous les élèves qui s’étaient battus en uniforme, la médaille à ceux qui s’étaient battus en bourgeois. Seul de ma division, j’ai fait partie de ces derniers ; je n’ai donc à attendre que la médaille ; les circonstances particulières dans lesquelles je me suis trouvé m’enhardissent à vous écrire pour réclamer la première faveur. Mon intention, en sortant de chez moi le jeudi matin avec MM. Schwül (lire Schwilgué, Sébastien) et Joly (élèves de l’Ecole polytechnique) (voir ce nom), était de trouver quelques élèves pour prendre une détermination. Nous nous étions mis tous trois en bourgeois pour pouvoir circuler plus facilement et parvenir du Palais-Royal à l’Ecole. Arrivé là, j’appris qu’il n’y avait plus de temps à perdre, qu’on était réunis à l’Odéon. Je m’y rendis et malgré mon désir et les avis qu’on me donnait, je ne pus revêtir mon uniforme qui était rue Sainte-Anne. Je me procurai un fusil et je marchai sur la caserne de Babylone. On m’objecte que les uniformes étaient plus en danger que les habits bourgeois, c’est vrai mais je ferais remarquer que je n’ai presque pas quitté Lebœuf (voir Leboeuf, Edmond) et d’autres élèves et qu’ainsi j’étais exposé autant qu’eux ; deuxièmement que les uniformes avaient plus d’influence, c’est vrai mais je me suis fait connaître à beaucoup de monde, si bien que Guillemaut (élève) (voir sans doute Guillemant, Charles, Alexandre ?), s’étant éloigné un moment de son peloton, tous ceux qui en faisaient partie me prièrent de le remplacer, quoiqu’il en eût indiqué un autre ; et pendant toute l’attaque, je ne cessai de parler dans le sens de Lebœuf et de quelques autres pour forcer les portes de la caserne au lieu de rester sur place, exposé au feu sans pouvoir beaucoup agir. A peine rentré chez moi, je repris mon uniforme, que je n’ai plus quitté jusqu’après la course de Rambouillet et pendant toute ce temps je n’ai cessé d’être employé. Veuillez, si vous croyez pouvoir faire droit à ma demande m’adresser un mot à l’Ecole polytechnique et m’indiquer les renseignements que je dois vous faire parvenir. Je suis, etc. » Lunel, Joseph, Joachim, dans le récit qu’il fit de sa propre participation aux combats de Juillet, affirma s’être trouvé sous ses ordres pendant l’expédition de Rambouillet et être parti avec lui et Chedeville (voir Chedeville, Jean-François), le 4 pour Ville-d’Avray. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 26 mars 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, sorti le matin de l’Ecole polytechnique, avec la convention faite de se réunir le 3 août pour soutenir la Chambre. Le 29, sortit de chez lui en bourgeois et trop éloigné de chez lui pour aller reprendre son uniforme, il fut se battre à Babylone avec un fusil qu’un homme du peuple lui a procuré ; il faisait partie d’un peloton conduit par un autre élève, Guillemot. De retour chez lui, se mit en uniforme et fit des patrouilles, sous le commandement de M. Bacheville (voir Bacheville, Barthélemy). De poste à l’Hôtel de ville. A Rambouillet, commandant deux cents hommes d’après les ordres du colonel Zimmer. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 27 mars 1831, à six voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (par erreur sous le nom de Rousset Poumaret, Félix, Gabriel sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celle de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Capitaine d’état-major dans le génie, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur le 22 avril 1847 ; chef de bataillon dans le génie, il fut fait officier de la Légion d’honneur, le 29 septembre 1862. Il mourut le 14 février 1889. Il demeurait à l’Ecole polytechnique en 1831 ; 33, petit cours à Nîmes en 1872. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD3 8, révolution de 1830, lettres de polytechniciens, rapports divers, etc. (sous le seul nom de Pomaret) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Rousset Pomaret) ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique, aussi une liste d’Elèves présents à l’Ecole et dont les titres ont été examinés, aussi le rapport de Lannoy (sous le nom de Pomaret, Gabriel, Félix, Rousset) et aussi deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 27 mars 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 26 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lunel, Joseph, Joachim (sous le seul nom de Pomaret) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement. ; Archives nationales LH/2406/59.