Roussier, Louis, Léopold
Biographie
Né le 7 août 1812 à Paris. Il servit huit ans comme volontaire dans la Légion étrangère au Portugal. Imprimeur en taille douce en 1836, imprimeur en musique en 1848. Il déposa ainsi, dans l’affaire Meunier : « Je travaillais avec Meunier dans les ateliers du sieur Marguerie, à l’époque des événements de 1830. Le 27 juillet de cette année, il m’a accompagné dans la rue lorsque j’y descendis. Une charge exécutée par des gendarmes contre le peuple ayant eu lieu, Meunier, comme beaucoup d’autres prit des pierres et leur en jeta ; je le perdis dans la foule et je ne sais ce qu’il est devenu jusqu’au moment où je l’ai retrouvé chez le sieur Marguerie quelques jours après. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques. Il reçut un secours de cinq francs le 10 mars 1848. Il adressa en effet, le 23 mars 1848, une demande pour obtenir un emploi soit de concierge soit de garçon de bureau dans une administration et qui le mette « à même de soutenir sa famille ». Sa demande était accompagnée de plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, certifie, principal locataire d’une maison sise rue de la Tonnellerie n° 51, que le nommé Roussier a fait partie du poste provisoire établi rue Saint-Honoré n° 55, sous les ordres des gardes nationaux du quartier. » Signé, le 3 mars 1848 : Ferront illisible. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, certifie que le nommé Roussier était au feu du Palais-Royal avec moi dans la compagnie des voltigeurs du 4e bataillon IIIe légion. » Signé : Dufayet, marchand de vin, demeurant 59, rue de la Tonnellerie. La troisième apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que le nommé Roussier, Louis, Léopold était au feu de la place du Palais-Royal, le 24 février 1848. » Signé : Périssain, demeurant 52, rue du Musée (le numéro n’est pas sûr). Le certificat suivant était dans son dossier : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Louis, Léopold Roussier, imprimeur en taille douce, demeurant rue de la Tonnellerie n° 51, (ancien) IIIe arrondissement, père de famille de deux enfants dont le plus âgé a à peine cinq années, sa femme affligée à la vue d’une amaurose et cataracte et sa belle-mère entièrement à sa charge, ayant participé à la Révolution de Février, ayant fait, le premier, les barricades de la rue de la Tonnellerie et ensuite s’étant transporté au Palais-Royal, a aidé de toute sa force à la prise du poste du château d’eau et depuis ce temps a fait le service de sûreté avec la garde nationale de la IVe légion, 3e bataillon, 1re compagnie sous les ordres du capitaine Darras. Ledit Roussier se recommande au gouvernement provisoire pour lui faire obtenir une place qui le mette à même d’élever sa famille. » Signé : Painblant, demeurant 30, rue de la Tonnellerie qui ajoutait qu’il demeurait en face de chez lui depuis huit ans et qu’il le connaissait comme un « honnête homme » ; Ory, ex-détenu politique, demeurant 39, rue de la Tonnellerie ; femme Perissaint, demeurant hôtel de Bordeaux, 52, rue du Musée (le numéro n’est pas sûr) ; Darras, capitaine de la 1re compagnie du 3e bataillon de la IVe légion. Il fut recommandé par la Commission pour une place de garçon de bureau dans une administration nationale. Il était marié, père de deux enfants et avait sa vieille mère à charge en 1848. Il demeurait 25, rue des Vinaigriers en 1837 ; 51, rue de la Tonnellerie en 1840-1848. Archives nationales CC/704 D 4 p. 39 ; Archives nationales CC/711 antécédents Meunier D 4 p. 570 ; la Gazette des tribunaux, 22 mai 1837 ; Archives de la préfecture de police AA 412.