Rouvière, Jean-François
Biographie
Propriétaire et grenadier de la garde nationale. Il fit partie des treize habitants de la ville de Mende (Lozère), qui sollicitèrent la décoration de Juillet, en raison de la participation qu’ils avaient prise aux événements de Juillet dans cette ville. Ils adressèrent la lettre suivante au président du Conseil : « Depuis longtemps les bons Français attendaient le règne des lois, lorsque l’héroïque et pure révolution de Juillet éclata ; elle retentit dans la Lozère et, dès le 2 août, les citoyens soussignés, habitants de la ville de Mende, n’écoutant d’autre inspiration que celle de leur dévouement et de leur patriotisme, arborèrent le drapeau tricolore à l’hôtel de la préfecture, proclamèrent le nouvel ordre de choses, et depuis ce jour, le gouvernement du roi parjure a disparu. Ils ne peuvent citer à Votre Excellence des traits de courage et d’héroïsme comme les enfants de Paris, mais leur participation au grand œuvre de notre régénération politique est vierge de tout excès, cependant ils étaient en armes et s’ils avaient éprouvé de la résistance ils auraient à leur exemple scellé de leur sang la cause sacrée de la liberté. Une milice citoyenne fut improvisée comme par enchantement, sa devise fut celle de toute la France, Liberté, ordre public, et la Lozère peut dire avec orgueil qu’elle l’a gardée jusqu’à ce jour et la gardera à l’avenir. L’intention du roi des Français étant que les citoyens dévoués, courageux et fidèles des départements participent aux récompenses nationales, les soussignés utilisent le délai que le gouvernement leur a donné jusqu’au 10 décembre pour faire connaître leurs droits et s’adressent à vous, monsieur le ministre, avec la plus grande confiance, afin que vous déposiez auprès du trône populaire l’hommage de leur respect et de leur fidélité et que vous obteniez en leur nom la décoration de Juillet. C’est dans ces sentiments qu’ils ont l’honneur d’être, etc. » Le 24 décembre 1831, le préfet de la Lozère rapporta au ministre de l’Intérieur la suite qu’il avait donnée à leur demande : « Conformément à la lettre que vous m’aviez fait l’honneur de m’écrire, sous la date du 15 de ce mois, j’ai formé dans le sein du conseil municipal de la ville de Mende une Commission qui a examiné la pétition de treize citoyens de cette ville, que vous m’aviez envoyée et dont l’objet est d’obtenir la décoration de Juillet. La Commission a déclaré à l’unanimité qu’il n’y avait pas lieu d’accueillir cette demande. J’ai l’honneur de vous adresser sa délibération. Elle me paraît fondée sur la vérité et sur la juste appréciation des conditions nécessaires pour obtenir la décoration qui fait l’objet de la demande. Il ne m’a pas été adressé d’autres réclamations. » La délibération du conseil était ainsi rédigée : « Département de la Lozère. Avis de la commission municipale de Mende sur la pétition de treize citoyens de cette ville, tendant à obtenir la décoration de Juillet. Aujourd’hui 20 décembre 1831, sur la convocation de M. le préfet du département, se sont réunis à l’hôtel de la préfecture MM. Aulanier, président du tribunal civil, membre de la commission municipale provisoire ; Barbot banquier ; Borrelli, commandant de la garde nationale ; Florens, préfet intérimaire du 3 au 28 août 1830 ; Jaffard, avoué et Lacoste, juge d’instruction au tribunal civil ; tous membres du Conseil municipal de la ville de Mende ; lesquels sous la présidence de M. le préfet, se sont formés en commission pour donner leur avis sur la demande de la décoration de juillet faite par 13 citoyens de la ville de Mende ; conformément aux instructions données à M. le préfet par M. le Président du Conseil, ministre de l’Intérieur, dans sa lettre du 15 de ce mois, pourtant renvoi de la pétition qui lui a été adressée sous la date du 3 du même mois. La Commission a d’abord pris connaissance tant de la pétition et de la lettre de M. le ministre ci-dessus mentionné que des lois des 30 août et 13 décembre 1830. Elle a ensuite examiné les faits énoncés par les pétitionnaires et sur lesquels ils fondent leurs demandes et les conditions exigées par les lois susmentionnées pour donner lieu à leur application. Elle pense que les faits énoncés par les pétitionnaires sont vrais mais qu’ils sont communs à plusieurs autres citoyens, qui pourraient faire la même réclamation ; que d’ailleurs ces faits sont liés au mouvement général qui a eu lieu à Mende les 2 et 3 août 1830, surtout dans la garde nationale de cette ville ; lequel mouvement n’a rencontré aucune résistance et a eu son plein et entier effet dans le calme le plus parfait. En conséquence la Commission déclare à l’unanimité que les lois des 30 août et 13 décembre 1830 ne peuvent trouver leur application quant aux titres présentés par les réclamants. » Archives nationales F/1dIII/80, Lozère.