Royer, Gervais, Louis

Biographie


Né vers 1790 à Versailles (Yvelines). Ancien hussard au 1er régiment, devenu maître cordonnier. Il s’illustra à Neuilly. On trouve dans le supplément du numéro 48 du Courrier des électeurs, le récit de la conduite qu’il tint pendant les combats : « La commune de Neuilly s’est empressée d’elle-même, et sans ordres, de couper la retraite aux troupes qui sortaient de Paris. Des voitures, des arbres, des pavés ont bientôt élevé une barricade insurmontable ; les braves habitants ont résisté aux diverses sommations qui leur ont été faites ; la fureur désespérée des troupes royales, la présence de toute l’artillerie à cheval de la garde n’ont pu les ébranler un moment. Ils étaient décidés à périr au poste qu’ils s’étaient donné. Cette contenance a obligé l’ennemi de se retirer près le bois de Boulogne et il n’a plus rien tenté contre le pont de Neuilly. Dans le moment de la plus grande exaltation et du danger le plus imminent, on s’empara de deux gardes royaux blessés ; quelques homme furieux des meurtres qui venaient d’être commis, allaient s’en venger en les immolant : “Que faites-vous, leur crie M. Royer, ex-hussard, et aujourd’hui modeste propriétaire à Neuilly, rue de Seine n° 21 ; tout blessé n’est-il pas sacré ? Ne souillons pas notre victoire ; je prends ces hommes sous ma protection et s’ils périssent on me tuera avant eux !” Ces mots calment tout ; M. Royer emmène les deux gardes royaux chez lui, et malgré son humble fortune, il continue, encore maintenant, à leur prodiguer les sons les plus généreux. » Royer ne réussit pas à faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un petit emploi. Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, secrétaire de la mairie de Neuilly (Seine), certifie que le 29 juillet dernier, au moment où la garde royale sortait de Paris et effectuait sa retraite sur Neuilly et y envoyait des boulets, avoir été informé par la supérieure des sœurs de charité que des militaires blessés qui réclamaient des secours étaient sur la grand-route, exposés à la juste vengeance des habitants, ce qui ne lui permettait pas de panser leurs blessures. M’étant aussitôt rendu sur la grand-route, j’appris que malgré l’exaspération des habitants, le sieur Royer, cordonnier, ancien militaire, avait bien voulu les recevoir chez lui, où en ma présence il fut prodigué des secours aux blessés. J’atteste de plus qu’à mon arrivée chez le sieur Royer, sa cour était pleine d’hommes qui tous, au moins grande partie, manifestait leur mécontentement contre le sieur Royer de cet acte d’humanité et que plusieurs individus voulant tuer les blessés dont il s’agit ne furent empêchés avant mon arrivée par le sieur Royer et ensuite par moi, qui parvint à faire évacuer la cour et à faire transporter lesdits blessés à l’auberge ainsi qu’à sauver la vie d’un militaire sans armes, qui accompagnait les blessés. » Signé, le 9 février 1831 : Braisier, sous-lieutenant de grenadiers de la garde nationale de Neuilly. Suivaient deux apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « J’approuve ce qui est avancé. » Sœur Mélanie, fille de la charité. La seconde apostille, ainsi rédigée : « J’atteste la vérité des faits avancés par M. Braisier et en outre atteste que le sieur Royer, qui est resté détenteur des effets de ces militaires, les leur a rendus en ma présence. » Signé : Lagasquie ou Lagasgnie. Le deuxième certificat, un certificat de bonne conduite à en-tête de la 1re compagnie de chasseurs de la garde nationale de Neuilly et ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine commandant la susdite compagnie, chevalier de la Légion d’honneur, certifie que le nommé Royer, Louis, Gervais, chasseur de ma compagnie, a toujours rempli ses devoirs avec exactitude, honneur et probité, que sa conduite de garde national est exemplaire, ce qui lui a valu l’estime de ses chefs et l’amitié de ses frères d’armes. » Signé, le 22 avril 1831 : Lemarchand, capitaine commandant la compagnie. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, maire de la commune de Neuilly, certifions sur l’attestation des sieurs Michel, Jean, Thomas, marchand de vin, demeurant à Neuilly, rue de Villiers n° 4, et Jean, Gabriel Hersent, marchand charcutier, demeurant à Neuilly, rue de l’Ancien-Pont n° 1, que le nommé Gervais, Louis Royer, maître cordonnier et ex-hussard au 1er régiment, demeure à Neuilly où il est domicilié depuis le 4 juillet 1814, rue de Seine n° 21, et qu’aucune plainte ne nous a été faite contre lui. » Signé, le 22 avril 1831 : Thomas, demeurant 4, rue de Villiers ; Hersent, demeurant 1, rue de l’Ancien-Pont ; Raimbaud, maire. Il comparut, le 16 mars 1831, devant le juge de paix du canton de Neuilly, pour attester avoir parfaitement connu Conseran, Louis, Victor (voir ce nom) et savoir « que ledit Conseran a été tué à cops de baïonnette dans la maison du sieur Lespanier, vannier, demeurant aux Ternes vieille route n° 27, le 29 juillet dernier par des soldats de l’ex-garde royale ». Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme jouissant d’une fortune médiocre. Il demeurait 19, rue de Seine ou 21, rue de Seine à Neuilly en 1831 (bien 21, rue de Seine à Neuilly lors de sa comparution devant le juge de paix du canton de Neuilly). Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Conseran, Louis, Victor ; Archives de la préfecture de police AA 412.

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