Roze, Jean-Baptiste

Biographie


Il adressa la lettre suivante au roi, afin d’être indemniser de la perte qu’il avait faite, dans les journées de Juillet, d’une voiture et des blessures qu’avaient reçues ses deux chevaux : « […] Le mercredi 28 juillet dernier, en entrant dans Paris avec sa charrette attelée de deux chevaux, pour rendre quatre pièces de vin, il se trouva, sur les 2 heures, de passer sur la place de l’Hôtel-de-Ville, ne pouvant passer autre part, pour retourner à Bercy par la rue Saint-Antoine qui n’était pas encore barricadée entièrement. Mais des marchands établis à Paris et que le suppliant connaissait et voulant aussi rendre service à la chose publique, firent dételer ses deux chevaux de la voiture et s’en servirent pour porter des ordres. Le suppliant ne les refusa pas mais l’un de ses deux chevaux a reçu une balle à la cuisse, qui l’a traversé de part en part. Ces deux chevaux, qui continuellement portaient des ordres à l’Ecole polytechnique et revenaient à l’Hôtel de ville, l’un, au troisième voyage, a été percé d’une balle et s’est foulé les jambes en franchissant les barricades ainsi que l’autre cheval qui a été abîmé de la même manière. La voiture, dite haquet, a servi de barricade dans la rue du Mouton, des biscayens ont cassé les jantes et les harnais inutilisés à ne pouvoir servir. Sire, le suppliant n’a pour fortune que sa voiture et ses deux chevaux, qui depuis le 28 juillet sont dans un état tellement déplorable que les maréchaux experts doutent si peu de leur guérison qu’ils renoncent à leur traitement. Ces deux chevaux ne peuvent se tenir debout. Depuis un mois il ne fait rien et il doit ajouter qu’il n’a aucun moyen de remplacer ces deux chevaux, qui lui ont coûté, il y a quatre mois environ, douze cents francs les deux. Les avaries des harnais, totalement perdus et les réparations à faire à son haquet sont de trois cents francs. Ne pouvant faire face à la perte qu’il a essuyée le 28 juillet, Votre Majesté daignera-t-elle venir au secours d’un honnête père de famille, dont trois en bas âge et son fils aîné qui pendant les trois jours mémorables de Juillet n’a pas quitté les armes pour l’affranchissement des libertés publiques. Cet honnête père de famille, en soumettant toutes les pièces justificatives des faits qu’il avance, ose espérer que Votre Majesté voudra bien subvenir en ordonnant le remboursement des pertes qu’il a faites et celui des frais qu’il fait tous les jours par l’inaction de ses chevaux. » Sa lettre était ainsi apostillée, le 21 août 1830 : « Nous, soussignés, négociants et commissionnaires en vins à Bercy, certifions la véracité des faits établis ci-dessus et reconnaissons pour bons citoyens et honnêtes gens mais pauvres les pétitionnaires (quid du nom de l’autre ?, N.D.A.). » Signé : Tessier d’Alliton, propriétaire ; Larochette, propriétaire ; …ortier Desvignes, propriétaire et négociant en vins ; d’autres signatures illisibles. L’adjoint délégué au maire de Bercy le recommandait comme « ruiné et plongé dans la plus affreuse misère » de par les blessures de ses chevaux. Un autre certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, Louis, Auguste Dabigeon (illisible), maréchal expert, demeurant à Alfort près Charenton, certifie avoir été demandé par le sieur Roze, voiturier à Bercy, y demeurant rue de Bercy, n° 54, le 1er août 1830, à l’effet de donner mes soins à deux chevaux, requis les 28 et 29 juillet pour le service national des journées mémorables, dont l’un d’eux a reçu une balle dans la cuisse, qui l’a traversée de part en part. A la suite de cette blessure, que je considère comme cause efficiente, il est survenu un engorgement charbonneux qui mit l’animal hors de tout service et l’autre est dans un état de marasme tel qu’il ne peut rendre aucun service, suites évidentes de la grande fatigue et des chutes éprouvées par lui en franchissant les barricades faites dans les jours des 28 et 29 juillet 1830 et que, considérant l’état des animaux le sieur Roze ne peut exercer son service ordinaire de voiturier. » Signé, le 20 août 1830 : Dabigeon illisible maréchal-ferrant. Roze demeurait 54, rue de Bercy, commune de Bercy, en 1830. Archives de Paris VK3 51.

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