Rubel, Jeannette, Christine, femme Haeberlet
Biographie
Née vers 1772. Ancienne cantinière et blanchisseuse des armées de l’Empire, blessée à la bataille de Wagram. Son premier mari, gendarme, était mort sous les drapeaux dans l’île de Cazaud (?) et elle avait épousé en secondes noces Haeberlet, Jean, Georges. Elle fut blessée à la jambe gauche par une balle le 27 juillet à 18 heures en passant rue de la Bibliothèque. Le 4 septembre 1830, elle sollicita un secours, joignant à sa demande les signatures de témoins. Le préfet lui fit remettre dix francs, ce dont elle se plaignit au roi. Il semblerait que les pièces de son dossier se fussent égarées, puisqu’elle ne fut l’objet d’aucune mesure de secours, d’indemnisation ou de pension. En 1834, souffrant de la perte presque totale de la vue, dans l’impossibilité de travailler, elle sollicita un secours. La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « A été réellement atteinte à la jambe gauche par une balle dans les journées de juillet 1830, au moment où elle passait dans la rue Saint-Honoré. Sa blessure, quoique grave, ne l’a point rendue infirme. […] Ses moyens d’existence ne consistent que dans le produit du travail de son mari, qui est garçon boulanger ; ils sont dans une position très malheureuse et jouissent d’une bonne réputation. » Le préfet de la Seine précisait : « […] A suivi l’armée française en qualité de vivandière, lors des guerres de l’Empire, et a été décorée en récompense de ses services, mais elle ne jouit d’aucune pension. Dans les journées de Juillet, cette femme porta les premiers secours aux blessés et fut elle-même blessée en leur donnant des soins. La dame Haeberlet a un fils actuellement sous les drapeaux et qui obtiendra bientôt son congé. Il paraît qu’elle n’a pas encore pu payer son dernier terme. On la croit digne de la bienveillance du gouvernement. » Elle reçut, cette année-là, un secours de soixante-quinze francs. En 1835, sa situation ayant encore empiré, son mari ne pouvant plus travailler et devant deux termes de son loyer, elle renouvela sa demande de secours. Le préfet de police confirma la situation malheureuse de la pétitionnaire : « Cette pétitionnaire se trouve […] dans la plus grande misère par suite d’une maladie qui empêche son mari de travailler et elle a de plus à sa charge son fils, militaire, congédié récemment qui n’a point d’état et qui attend le succès dune demande qu’il a formée pour obtenir un emploi. Cette famille jouit d’une bonne réputation. » Elle reçut, cette année-là, un secours de soixante-quinze francs. Elle demeurait 6, rue du Renard, Saint-Merri en 1834-1835. Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Haeberlet femme née George) ; Archives nationales F/1dIII/58 ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Pichon ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Yves ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1155. Voir sans doute Haeberlé dame ?
Rubin.
Il reçut un total de cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il demeurait 113, rue de Sèvres en 1830. Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement.