Ruffin, Claire, veuve Lamortière

Biographie


Née vers 1778 à Châtellerault. Elle fut pressée contre le mur, le 27 juillet par le cheval d’un lancier, et renversée. Sans moyen d’existence, elle sollicita un secours, sans doute infructueusement. Elle déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir une pension. Elle était porteuse de deux certificats médicaux. Le premier certificat médical, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, certifie que madame veuve Lamortière, âgée de cinquante-sept ans, se trouvant, le 27 juillet 1830 à 7 heures et demie, dans la rue Saint-Honoré, près l’église Saint-Roch, eut la poitrine et la région épigastrique fortement pressées contre le mur, par le cheval d’un lancier qui chargeait en ce moment et j’atteste en outre que depuis cette époque je donne mes soins à cette dame, à laquelle il reste une douleur vive à la région épigastrique, avec douleurs dans les digestions, et un flux de sang presque continuel par l’anus, ce qui contribue beaucoup à l’affaiblissement de sa vue et la met hors d’état pour longtemps de reprendre ses occupations. » Signé, le 1er septembre 1830 : le nom est illisible. Le 30 septembre 1831, le même médecin ajoutait la précision suivante : « Ce jour d’hui, madame Lamortière est encore dans un état valétudinaire tel qu’il lui est impossible de se livrer à aucun travail, ce qui la met dans la position la plus pénible. » Le deuxième certificat médical était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir donné mes soins à madame veuve Lamortière, qui a été fortement pressée contre un mur par le cheval d’un lancier qui chargeait dans la rue Saint-Honoré près de l’église Saint-Roch le 27 juillet 1830 à 7 heures et demie du soir ; qu’il est résulté de cet accident de violentes douleurs dans le dos et à la région épigastrique ; de plus, une altération profonde dans les voies digestives qui sont devenues le siège d’une inflammation et d’une perte de sang considérable par l’anus à la suite de laquelle cette dame éprouve une grande faiblesse. » Signé, le 14 septembre 1830 : Marchand, médecin. Le 29 septembre 1831, le même médecin ajoutait l’observation suivante : « Depuis cette époque, madame Lamortière, dont la santé s’est toujours altérée davantage, n’a pu continuer son état, qui seul pouvait la faire vivre. Elle est maintenant dans l’état le plus pénible, luttant tous les jours contre les premiers besoins de la vie. » Elle était indiquée sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Elle avait perdu deux enfants à l’armée. Elle demeurait 17, rue Neuve-Saint-Roch en 1831. Archives nationales F/1dIII/74 ; Archives de la préfecture de police AA 396.

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