Ruin, Alphonse, Adrien, Pierre

Biographie


Né le 5 août 1813 à Fyé (Sarthe), fils de Ruin et de Rossignol, Victoire, Philippe. Arrivé au 14e chasseurs comme élève trompette le 17 avril 1831, enrôlé volontaire le 20 août 1831, chasseur de 1re classe le 5 novembre 1831, brigadier le 27 août 1833, cassé et remis chasseur le 28 janvier 1834, passé au 1er régiment des chasseurs d’Afrique le 24 août 1834, brigadier le 26 décembre 1834, cassé et remis chasseur le 28 janvier 1836, cavalier le 1re classe le 25 juillet 1836, brigadier le 19 décembre 1837, ayant reçu son congé définitif à Alger le 13 août 1838. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet la lettre suivante à cette dernière Commission, lettre intitulée Exposé de la conduite du citoyen Alphonse Ruin pendant les révolution de juillet 1830 et février 1848 : « Je dois vous informer qu’enfant de la révolution de Juillet j’ai fait mes première armes à seize ans et demi sur les barricades. Atteint d’une balle à la naissance de la cuisse droite, le 29 juillet aux Tuileries, j’ai eu l’insigne honneur de sceller de mon sang le triomphe de la liberté. Quoique bien jeune encore, je m’étais battu pour la république et c’est avec un vif chagrin que je vis remplacer une royauté indigne par une autre royauté, qui devait bientôt surpasser la première en infamies. Le combat affermit une jeune tête et donne parfois à l’enfant la maturité de jugement de l’homme fait ; je prédis dès lors que la révolution était à refaire. Outré de l’insatiable ambition de ces hommes qui surgissent toujours sur les pas des vainqueurs pour confisquer à leur profit les fruits de la victoire, honteux de leurs turpitudes, je refusais obstinément toutes les offres qui me furent faites spontanément par le comité des récompense nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Je ne voulais pas du reste m’engager dans la cohorte des courtisans orléanistes. Soldat de la liberté, je ne pouvais mas renier mon drapeau pour soutenir les efforts d’un despotisme naissant. Ivre d’amour pour mon pays et blessé au cœur de tout ce qui se passait autour de moi, je m’engageai dans l’armée d’Afrique. Là du moins, pensais-je, loin des corruptions du pouvoir, j’aurais droit, comme tous, à la palme qu’on décerne au courage et au devoir accompli. Je me préparais une nouvelle déception. Pendant huit ans, je me battis en brave, j’ai l’orgueil de le dire, et après tout les bulletins en font foi ; mais soit que je n’eusse pas fait assez soit que l’indépendance de mon caractère ou la franchise de mes discours eût fait une arme contre moi de quelques discussions un peu révolutionnaires, je restais sous-officier. Trois fois mes généraux demandèrent la croix pour moi, trois fois leur demande expresse demeura sans réponse et lorsqu’enfin sonnait l’heure de la justice, un infâme tour d’escamotage faisait briller sur la poitrine d’un lâche l’étoile des braves qui m’était destinée. Les archives de la Légion d'honneur sont là pour justifier ce fait. Jamais depuis je n’ai pu obtenir justice. Après huit années de guerre, je rentrais dans mes foyers comme j’en étais sorti mais plus fort que jamais et plus inébranlable dans ma conviction républicaine. Je comptais et supportais les actes de Louis-Philippe et de Guizot et je voyais avec joie au frémissement que causait dans le peuple chaque nouvelle tyrannie que le jour de la délivrance était proche. Février eut enfin ses trois jours et les 22, 23 et 24 février montrèrent pour la troisième fois au monde comment la France sait reconquérir ses droits. Le premier sur la brèche, on me trouva guerroyant avec l’ennemi d’une république naissante. Le 24 février ! Sublime journée ! aurore de la liberté nouvelle et cette fois impérissable ! Ce fut un beau jour pour moi et le souvenir en restera toujours dans mon cœur. Car ce grand peuple, qui s’élevait si terrible et si puissant sembla lire sur mon front le patriotisme ardent qui m’animait. Simple soldat de la révolution, combattant de la barricade, je me vis tout-à-coup, par un élan spontané, proclamer chef d’une troupe de plus de deux mille hommes ; plein de reconnaissance pour cet honneur inespéré, je cherchais dans mon cœur quelques paroles de remerciement. Je n’en pus trouver d’autres que la promesse de mener ces braves à la victoire ou de mourir à leur tête. Quelques heures après nous étions aux Tuileries, nous arrachions de sur sa base de marbre un trône souillé par tous les forfaits, par toutes les corruptions et nous le portions à la colonnade de la liberté, où il était offert en holocauste aux mânes des héros de la rue, soldats sublimes des trois révolutions. Cependant le peuple était solennel et grave ; et lorsque les flammes, en s’élevant, semblèrent couronner la patriotique colonne d’une céleste auréole, je montais sur le soubassement et provoquais parmi les quatre-vingt mille âmes amoncelées à l’instant le serment de maintenir à tout jamais la république. Après ces paroles accueillies avec enthousiasme, des cris mille fois répétés A l’Hôtel de ville ! partirent de la foule. Je rassemblais mon détachement et je partis. Descendant la rue Saint-Antoine, ces braves combattants n’avaient pris aucune nourriture depuis le commencement du combat. Je crus de mon devoir de mettre les boulangers et les marchands de vin à contribution et j’ordonnais de donner un pain pour six hommes et un quart de vin pour chacun. Cet ordre, je peux le dire de toute la franchise de l’âme, fut très scrupuleusement observé pour chacun des combattants. Après ce, j’entrais triomphalement à l’Hôtel de ville, que je ne quittais plus que le 1er mars [rue de la Paix, vers 16 h 30, N.D.A.], jour où je me suis cassé la jambe en cinq endroits dans l’exercice de mes fonctions de délégué du gouvernement provisoire. » Un enquêteur du comité d’enquête près la Commission des récompenses nationales devait rapporter ainsi, en date du 15 avril 1849, l’activité de Ruin pendant la Révolution : « […] Il résulte que de 1838 à 1848 Ruin a toujours été à Paris, où il aurait mené une vie ordinaire, c’est-à-dire que rien de fâcheux n’est révélé sur son compte. Il habite depuis deux ans rue Notre-Dame-de-Lorette n° 41. Le concierge de la maison et les voisins ne le connaissent que sous de bons rapports, si ce n’est cette circonstance qu’il est en arrière de six termes de loyer. On attribue cette circonstance à la Révolution de Février ou pour mieux dire à la blessure que Ruin a reçue, blessure qui l’a retenu six mois au lit et a absorbé toutes ses ressources. Relativement à sa vie politique, je dois ajouter que le concierge et les mêmes voisins, connaissant également Ruin comme s’occupant avant Février de politique et quoiqu’à cette époque ils ne partageassent pas ses opinions ils le connaissaient comme professant des idées de républicanisme. J’arrive à la question la plus importante de ce rapport, je veux parler de la part qu’a prise Ruin à la révolution de Février. Son rôle commença à cet égard le 23 février ; il a passé une grande partie de la journée à se promener dans les rues de Paris. Le soir, il a assisté au massacre du ministère des Affaires étrangères. Il était un de ceux qui ont transporté les cadavres des victimes dans des tombereaux. Après cette terrible scène passée, il a fait tout ce qui était en sa puissance de faire, pour exciter les citoyens présents à la révolte et à la vengeance. Il est rentré chez lui dans le milieu de la nuit, en prenant rendez-vous avec plusieurs citoyens pour le matin ; avant de se séparer, il engagea ceux qui pouvaient avoir des armes à s’en munir. Ces renseignement m’ont été donnés par plusieurs habitants du quartier de Ruin, dont deux faisaient partie des citoyens dont je viens de parler. Le 24, à 7 heures du matin, Ruin se trouva au rendez-vous ci-dessus énoncé. Là, il trouva une partie des citoyens de la veille qui immédiatement l’ont nommé leur chef. Ruin, après avoir organisé sa petite troupe, en prit le commandement et se rendit à la prison de Clichy, dont le poste rendit les armes aux cris de Vive la Reforme ! Les armes des soldats dont je viens de parler ont été distribuées par Ruin aux hommes de son peloton qui n’étaient pas armés. Après cette première victoire, Ruin fit mettre en liberté les prisonniers de la prison de Clichy dont plusieurs se mirent dans les rangs de ceux qui étaient venus à leur délivrance. Ce sont des employés de la prison pour dette et des voisins de ladite prison qui m’ont raconté ces faits. La petite troupe, qui grossissait de moment en moment, se dirigea, toujours sous la conduite de Ruin, aux Batignolles, dans le but de se procurer des armes car beaucoup de nouveaux venus n’en avaient pas. Ruin se rendit directement à la mairie, somma le maire [Balagny, ancien notaire, N.D.A.] de lui délivrer des armes et de lui donner une compagnie de la garde nationale de la localité ; à quoi ce dernier obtempéra ; c’est le maire lui-même qui m’a donné ces renseignements. Les armes que Ruin s’était fait délivrer aux Batignolles ne suffisaient pas pour armer tous les hommes de la troupe. A ce moment, on annonça qu’au chemin de fer de Rouen, il y avait des caisses renferment des fusils de munition. Ruin se dirigea immédiatement sur ce point. Les renseignements étaient inexacts. On ne trouva pas de fusil mais des haches pour le service du chemin de fer. Ruin les fit prendre pas ses hommes ; ce sont deux employés de ce chemin de fer qui m’ont donné ces détails. De là, Ruin, toujours suivi de sa troupe, se rendit à Clichy-la-Garenne, encore pour avoir des armes. Il trouva dans le maire (à qui j’ai eu l’honneur de parler) un bon patriote qui de suite lui fit donner une partie des armes de la garde nationale ; les gendarmes furent aussi désarmés. Ruin s’équipa avec les dépouilles de l’un d’eux (le gendarme Rivaud). C’est du maire de Clichy et de plusieurs gendarmes de la localité que je tiens ces renseignements. Ruin, dont tous les hommes étaient armés, revint à Paris. Il se rendit directement place du Palais-National [comprendre place du Palais-Royal, N.D.A.] mais il était trop tard, le peuple était victorieux. Là, je perds Ruin et ne le retrouve que le soir à l’Hôtel de Ville. Dès le lendemain 25, le colonel Rey l’attacha au service de l’Hôtel de Ville. Deux jours après, le 27, il le chargea d’une mission assez délicate : c’était de faire rendre le fort de Vincennes ou pour mieux dire de faire adhérer le commandant du fort au gouvernement de la République. Il y a au dossier un certificat du colonel Rey qui constate que Ruin était dévoué à la République ; ces derniers renseignements m’ont été donnés par des citoyens qui étaient en ce moment à l’Hôtel de Ville. Le comité connaît dans quelle circonstance Ruin a été blessé, le 1er mars 1848. Le colonel Rey l’avait chargé d’une mission : il s’agissait de porter une dépêche au ministre des Affaires étrangères. Dans le trajet, le cheval de Ruin s’abattit et ce dernier, renversé, eut la jambe fracturée en cinq endroits. Je conclus que Ruin a pris une part assez active à la Révolution de Février et que le comité doit l’admettre comme blessé de Février. » Ce rapport était suivi de la liste des personnes auprès desquelles on pouvait prendre des renseignements sur les services politiques qu’avait rendus Ruin, à savoir : Agathon, demeurant 10, rue de Greffulh ; Viard ; Legallois ; Stéphanopoli, 38, rue des Saints-Pères en face la succursale de l’Ecole de médecine ; Pascal, Jean, demeurant 30, rue d’Aboukir ; Geibel, Anthony (voir Geibel, Antoine, Benoit), demeurant 13, rue Godot-de-Moroy. Le Courrier français du 22 juin 1848, dans son feuilleton sur les Trois Journées de Février, faisait ainsi allusion à Ruin, quant à sa participation à la destruction du trône de Louis-Philippe sur la place de la Bastille, et, de nouveau, à la prise du fort de Vincennes : « […] Lorsque les flammes, en s’élevant, semblèrent couronner la patriotique colonne d’une céleste auréole, le citoyen Ruin, le libérateur des prisonniers de Clichy, montait sur le soubassement et provoquait parmi les quatre-vingt mille âmes amoncelées à l’entour le serment de maintenir à tout jamais la République. […] Lorsque le jour reparut, la ville était encore inquiète, agitée, avide d’émotions nouvelles, et pour dernière campagne, le peuple alla prendre le château de Vincennes. On croyait à une bataille, et ce fut une fête, terminée sans pillage et sans violence. Flocon conduisait l’expédition, Ruin et Tamisier commandaient sous ses ordres, et tous trois ramenèrent leurs soldats victorieux et purs à la place de la Bastille. » Alité à cause de sa blessure, Ruin commença alors des démarches afin d’obtenir la direction des Gobelins, mais elle venait d’être pourvue. Deux jours après cette réponse, il sollicitait la direction du Timbre auprès de Lamartine, place qui disait-il, lui avait été promis par les membres du gouvernement provisoire et par la commission du pouvoir exécutif. Le 24 avril 1848 il adressait, sans effet, une lettre au gouvernement provisoire ; une autre le 12 mai 1848. Le 25 juin, nouvelle demande, dans laquelle il précisait que Duclère eût dû signer sa nomination mais que les événements sanglants de la révolte de juin avaient repoussé la signature. En juillet 1848, après cinq mois pendant lesquels il était resté alité, sans aide ni secours de la part du gouvernement, il renouvelait sa demande. Le colonel Rey appuya ses demandes. Ruin rappela que Lamartine, qui l’avait vu de grand matin sur la place de l’Hôtel de ville, était venu à lui, lui avait serré la main et l’avait pressée, en lui disant que « les immenses services » qu’il avait rendus à la république « n’étaient pas de ceux qu’on oubliait », qu’il n’avait qu’à demander et que son choix quel qu’il soit lui serait accordé avec empressement, ce à quoi il avait répondu qu’avant de penser aux emplois il fallait penser à consolider la nouvelle république. Le colonel de la IIe légion (le nom est illisible Blapal) de la garde nationale, qui l’avait déjà connu en Afrique et avait demandé la croix de la Légion d’honneur pour ses honorables faits de guerre, le recommanda auprès de la Commission des récompenses nationales pour lui faire obtenir cette direction du Timbre. Le 15 juillet 1848, il réclamait auprès de Cavaignac la réalisation des promesses qui lui avaient été faites, rappelant : « […] Les 23 et 24 février, ayant levé de mon propre chef un corps de plus de deux mille volontaires, que j’ai armés en désarmant différents postes et sommé les gardes nationales des Batignolles et de Clichy de marcher avec moi au nom de la république, […] commandant ce détachement qui a pris les Tuileries, fait arracher le trône de sur sa base et l’ai fait réduire en cendres à la place de la Bastille en proclamant la république devant plus de quatre-vingt mille âmes […] cette même république que j’ai proclamée le même jour au soir, m’étant rendu maître de l’Hôtel de ville. […] Le 25 février au matin, […] investi de tous les pouvoirs discrétionnaires les plus étendus […] ai maintenu l’ordre le plus parfait sur la place de l’Hôtel-de-Ville encombrée par les hommes armés de la révolution […] toutes les nuits monté à cheval parcourant Paris en tous sens pour m’assurer de sa tranquillité, de son ordre et de l’exactitude du service des postes de la garde nationale et de ceux gardés par les hommes du peuple […] le 27 dans la nuit me suis rendu à Vincennes pour opérer l’introduction de la garde nationale dans le fort et lui en faire faire le service, ce qui avait été obstinément refusé jusqu’à ce moment par le général commandant le fort, ai fait former différents poste pour mettre Vincennes à l’abri des menaces de douze à quinze mille insurgés qui voulaient incendier les meules de fourrage et faire sauter le fort dans la nuit même du 27 au 28 février […] le 1er mars me suis cassé la jambe en cinq endroits dans l’exercice de mes fonctions, ce qui m’a retenu au lit jusqu’à ce jour, sans l’aide du gouvernement de la république […]. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé, à en-tête du bureau du colonel gouverneur de l’Hôtel de ville : « Je, soussigné, certifie qu’il est à ma connaissance que le citoyen Ruin, Pierre, Alphonse, s’est rendu à l’Hôtel de ville le 24 février dernier au soir, avec un détachement d’environ deux mille hommes et qu’il y est resté sous mes ordres jusqu’au 1er mars, jour où il s’est fracturé la jambe droite en plusieurs endroits en remplissant ses fonctions ; que chaque jour le citoyen Ruin maintenait la tranquillité sur la place de l’Hôtel de ville et dans les rues adjacentes. Chaque nuit, il montait à cheval et visitait en qualité de commandant faisant la ronde de tous les postes principaux de Paris, s’assurant que le mot d’ordre était bien donné et que les consignes s’exécutaient. Que diverses missions importantes lui ont été confiées et notamment celle de traiter avec le général commandant le fort de Vincennes, afin de lui faire ouvrir les portes pour recevoir la garde nationale pour faire le service de nuit. Qu’en plus je n’ai eu qu’à me louer des services du citoyen Ruin. » Signé, le 25 mars 1848 : Rey, colonel. Le deuxième certificat, aussi à en-tête du bureau du colonel gouverneur de l’Hôtel de ville : « Je, soussigné, certifie que j’ai chargé le citoyen Ruin, Pierre, Alphonse de diverses missions importantes pour le gouvernement provisoire, dont il s’est acquitté avec le plus grand zèle et le plus grand dévouement. Il est à ma connaissance que le 1er mars dernier à 4 heures du soir le citoyen Ruin, en s’acquittant d’une de ces missions, a eu la jambe cassée en plusieurs endroits à la suite d’une chute de cheval. » Signé, le 1er juin 1848 : Beaumont, commandant en second de l’Hôtel de ville. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, élèves à l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort, attachés au poste des ordonnances de l’Hôtel de ville pendant les événements de février, certifions que le citoyen Pierre, Alphonse Ruin, délégué du gouvernement provisoire, a fait jour et nuit un service pénible et actif jusqu’au moment où il a eu le malheur d’être grièvement blessé d’une chute de cheval. Quelques-uns d’entre nous certifient l’avoir accompagné dans ses rondes-majors. Nous dirons en outre que dans les rapports que nous avons eus ensemble, il nous a paru très dévoué aux intérêts de la république. » Signé, le 6 juin 1848 : Crouzon ; Henriet, E. ; Poncet, F. ; Blo..., Thomas. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné, maire de la commune de Clichy-la-Garenne, certifie que le 24 février 1848 sur les 10 heures du matin, le citoyen Pierre, Alphonse Ruin, propriétaire, demeurant rue Notre-Dame-de-Lorette n° 37, s’est rendu de Paris dans ma commune à la tête d’environ deux ou trois cents hommes armés de piques et diverses armes et qu’il m’a requis de lui en livrer pour compléter l’armement de ces hommes. Je certifie en outre que le citoyen Ruin s’est rendu à la gendarmerie de ma commune et qu’il s’est armé, sur l’invitation que j’ai faite à la brigade de gendarmerie composée de cinq hommes de livrer ses armes, du sabre d’un simple gendarme qui est encore en sa possession, ainsi qu’il me l’a déclaré par sa lettre du 29 courant, ayant pour objet la demande du présent. » Signé, le 31 mai 1848 : illisible, maire de Clichy. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, officiers, sous-officiers et gardes nationaux de la commune des Batignolles, certifions que le citoyen Pierre, Alphonse Ruin s’est rendu, le 24 février 1848, dans la matinée aux Batignolles pour demander des hommes et des armes pour armer les hommes qui l’accompagnaient. Nous venons également certifier un oubli que l’ex-maire, Balagny, a fait dans le certificat qu’il a délivré au citoyen Ruin c’est-à-dire que ce dernier avait demandé non seulement des armes qui lui ont été remises y compris celles de la gendarmerie ; mais encore qu’une compagnie de la garde nationale répondant à l’appel du citoyen Ruin était prête à marcher et l’a suivi à Clichy-la-Garenne. » Signé, le 1er juin 1848 (pour les noms lisibles) : Galbert ou Jalbert ; Sanfourche ; Beck, Hippolyte ; Duché, P., J. ; Gervais, E., demeurant 10, rue Moncey ; Lhomme, H. ; Dubez, Frédéric ; Dubos. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, ancien maire de Batignolles-Monceau, certifie que M. Pierre, Alphonse Ruin, propriétaire, demeurant à Paris, rue Notre-Dame-de-Lorette n° 37, s’est présenté à la mairie de notre commune le 24 février 1848 pour demander des armes afin de les remettre aux deux ou trois cents hommes armés qui le suivaient et que sur la déclaration qui lui fut faite qu’il n’existait aucune arme à l’hôtel de la mairie il s’est ensuite dirigé sur la commune de Clichy-la-Garenne. » Signé, le 29 mai 1848 : Lasagne illisible. Le septième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien aide-major au corps de sapeurs-pompiers d Paris, 15, rue du Vieux-Colombier, certifie que le citoyen Pierre, Alphonse Ruin a été atteint le 1er mars dernier dans l’exercice de ses foncions comme commissaire du gouvernement provisoire et à la suite d’une violente chute de cheval, de fracture comminutive des deux os de la jambe droite avec déchirure des muscles et issue du tibia à travers les téguments ; que depuis cette époque jusqu’à ce jour j’ai donné mes soins audit citoyen conjointement avec M. le docteur Auberge et que dans cet espace de temps il est survenu des complications fâcheuses, la gangrène et d’autres accidents qui ont mis plusieurs fois en danger la vie du malade. Je certifie en outre que le citoyen Ruin, quoique dans un état plus satisfaisant aujourd’hui a toujours sa jambe très malade et qu’on ne peut encore assurer la conservation de ce membre. » Signé, le 28 mai 1848 : Rossignol, médecin. Le huitième certificat, ainsi rédigé : « Le capitaine d’état-major soussigné, employé à l’état-major de la place de Paris, détaché au 1er régiment de chasseurs à cheval d’Afrique pendant les années 1836, 1837, 1838, 1839 et 1840, certifie que le nommé Ruin, Alphonse, ex-brigadier au régiment de chasseurs ci-dessus dénommé, a constamment tenu au régiment pendant la durée de son service, une conduite irréprochable ; que plusieurs de ses frères d’armes ont souvent dû la conservation de leurs jours à son intrépidité et à son brillant courage devant l’ennemi ; que le 12 septembre 1836, il tua deux Arabes de sa main dans une charge qu’il fit si à propos avec quelques cavaliers et qu’il conduisit si vigoureusement qu’il empêcha l’escadron auquel il appartenait d’être coupé par l’ennemi. » Signé : Desaint, J., capitaine d’état-major. Le neuvième certificat (la copie d’un certificat déposé à la Chancellerie de la Légion d’honneur), ainsi rédigé : « Je, soussigné, ex-capitaine commandant le 1er escadron du 1er régiment de chasseurs d’Afrique, certifie que le brigadier Ruin a servi constamment sous mes ordres de la manière la plus remarquable ; son courage et son intrépidité devant l’ennemi me l’ont fait toujours remarquer et lorsqu’une mission difficile se présentait c’était lui que je désignais pour la remplir. Tous mes rapports sur ce brigadier furent avantageux ; plusieurs fois il fut mis à l’ordre du jour et de l’armée et sur ma demande le colonel Choennbourg lui promit la croix. Je certifie en outre que le 12 septembre 1836 devant Blida, faisant les fonctions de chef d’escadron, je vis le brigadier Ruin se distinguer d’une manière particulière ; sans l’intrépidité de ce brigadier, une partie des tirailleurs aurait été coupée et prise par l’ennemi ; et le 1er escadron commandé par intérim par M. le capitaine de Drez se fût trouvé compromis sans l’avertissement qui lui donna Ruin. Il s’est conduit d’une manière héroïque dans la charge que fit l’escadron. Je verrai avec le plus grand plaisir la réclamation de M. Ruin couronnée de succès. A mon avis, personne n’est plus digne que lui de voir briller le signe de l’honneur sur sa poitrine et je serai heureux si la justice que je lui rends aujourd’hui peut y contribuer. » Signé, le 25 août 1839 : Plocq. Suivait la signature de Faron, ex-capitaine en second dudit escadron. Ruin fut classé dans la 2e catégorie des blessés. Ruin fut recommandé par la Commission pour un emploi à l’administration du Timbre. En 1849, n’ayant toujours rien obtenu, il réclamait la somme de douze mille francs pour remboursement des frais occasionnés pendant huit mois pour soigner sa blessure. On trouve aussi dans son dossier le reçu suivant : « Reçu de M. Alphonse Ruin un sabre et son ceinturon, qui lui avaient été remis par moi en février dernier. » Signé, le 8 août 1848 : Rivaud, gendarme à Clichy. Ruin était célibataire en 1848. Il demeurait 15, rue Neuve-des-Petits-Champs en 1844 ; 37, rue Notre-Dame-de-Lorette en 1848 ; 41, rue Notre-Dame-de-Lorette en 1849. Archives nationales F/1dIII/96 ; Archives de la préfecture de police AA 412. Il y a dans Internet un Ruin, Jean-Baptiste, Alphonse, opposant au coup d’Etat de Bonaparte et directeur de théâtre..., demeurant 11, rue Beautreillis en 1851, célibataire, ça pourrait être lui....

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