Rumigny comte de

Biographie


Général. La chronique de l’époque relatait ainsi sur sa participation aux combats : « S’empare d’une pièce de canon au pont de Sèvres. » Aide de camp de Louis-Philippe, il adressa la lettre suivante, pour solliciter la décoration de Juillet : « Monsieur le commandant. Voici les faits qui peuvent motiver la demande qui a été faite par moi de la décoration spéciale accordée pour les journées de Juillet. Le 30, j’arrivais de Nantes à Versailles ; je fus gardé par le général Bordesoulle qui avait défendu de laisser rien pénétrer dans Paris. Le 31 au matin, j’arrivais à Sèvres, accompagné de MM. Belay, député des Côtes-du-Nord et de M. Joubert, négociant, nouveau maire d’Angers. Certain que l’esprit de la garde royale était tel que tous les soldats d’infanterie et d’artillerie ne désiraient que de voir cesser l’effusion du sang, je proposai au capitaine qui commandait l’arrière-garde de passer le pont et d’aller prier les Parisiens patriotes de les laisser opérer leur retraite sans la troubler ; dès que l’ordre de marche eût été donné je partis à travers le pont et j’obtins en ma qualité de vieux soldat l’obéissance des paysans armés, qui me dirent être habitants du Point-du-Jour. Je passais le pont à leurs têtes et nous avions parcouru la moitié du trajet qui sépare le pont de la manufacture de porcelaine lorsque une charge de lanciers de la garde vint effrayer mes compagnons, dont la plus grande partie se réfugia dans les maisons ou derrière les barrières qui sont devant la grille du parc. Un jeune élève de l’école de droit (je crois) reçut près de moi un coup de lance, j’eus la poitrine effleurée par un pareil coup, que je fus assez heureux pour éviter en le parant. Alors je me mis en tête de quelques hommes qui s’étaient ralliés à la barricade du pont et nous repoussâmes les lanciers et les troupes qui étaient dans le parc et dans Sèvres. Ce fut dans le haut du village de Sèvres qu’une pièce de canon se rendit à nous, non pas comme le dit le Journal du commerce, le 3 août, parce que je la pris mais bien parce que le maréchal des logis que j’appelais vint nous rejoindre avec sa pièce. Je n’ai fait dans tout cela que ce que mes devoirs de bon Français me dictaient. Je crois que personne que mes compagnons de voyage ne me connaissaient par mon nom mais j’ai vu quelques habitants de Sèvres qui m’ont témoigné de la reconnaissance depuis que le journal leur a révélé ma position. Dans le Journal du commerce du 3 août vous trouverez un détail beaucoup plus long de tout ce qui s’est passé. J’ignore par qui il a été fait mais je pense que c’est M. Joubert, maire d’Angers, témoin oculaire, qui a bien voulu consigner ces faits dans le journal. Vous voyez, monsieur le commandant, si vous pensez que j’ai mérité ce que quelques amis ont voulu obtenir pour moi et croyez à la considération de votre serviteur. J’ajouterai que je quittais Sèvres et mes compagnons d’armes dès que la garde fut en pleine retraite sur Versailles. » Les faits ne s’étant pas passés à Paris, Grau de Saint-Vincent, commissaire de la Commission des récompenses nationales, adressa le dossier à la Commission des récompenses nationales constituée pour le département de Seine-et-Oise. Il se trouve dans son dossier une note confidentielle de Imbert, commissaire de la Commission des récompenses nationales, ainsi rédigée : « Je vous ai remis les pièces de M. le général de Rumigny mais ne l’admettez pas avant d’avoir fait une enquête, car je crains une forte opposition dans la Commission pour cette admission. On conteste tous les faits qu’il énonce. » Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la demande de Croix de Juillet qu’il avait présentée : « Les faits allégués par M. de Rumigny ne sont appuyés d’aucune pièce. La Commission estime qu’il n’y a lieu de donner suite à sa demande. » Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 276 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 113 ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.

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