Saché, François, Charles
Biographie
Né le 1er juin 1800 à Montereau (Yonne). Marchand de vins. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 18 juillet 1831, il fut compris dans la liste des quarante-huit décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, désignés par le sort pour représenter le (ancien) VIIIe arrondissement aux cérémonies du premier anniversaire de la révolution. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. On trouve dans le Bulletin de Paris du 23 mai 1831, établi par la préfecture de police, le fait divers le concernant : « La nuit dernière, à 11 heures du soir, le sieur Saché, marchand de vin, rentrant chez lui, rue de la Roquette, n° 78, a été attaqué et volé, non loin de son domicile, par huit individus qui lui ont demandé la bourse ou la vie. Jusqu’à présent, ces malfaiteurs sont inconnus. J’ai produit des recherches actives afin qu’ils soient découverts et livrés entre les mains de la justice. » En 1848, il était fumiste, adjudant sous-officier au 1er bataillon de la VIIIe légion et participa à la Révolution de Février. Il déposa, le 25 mars 1848, un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était porteur de trois certificats. Le premier certificat, une lettre ainsi rédigée : « Je me fais un véritable plaisir de répondre à la demande que vous m’avez faite. Il est trop juste que les citoyens qui se sont aussi bien conduits que vous aient en main la preuve émanant de celui qui les a dirigés. Je n’ai pas oublié que le 24 février lorsque j’étais comme chef de bataillon à la tête d’une colonne de gardes nationaux que nous avions armés aux Minimes, vous étiez à mes côtés. M’étant dirigé vers la place de la Bastille, où je pensais rencontrer la troupe de ligne, nous trouvâmes la place évacuée, quelques instants avant la fusillade avait eu lieu. Des morts étaient sur les marches de la colonne. Sur votre demande et croyant les troupes très proches je vous envoyais en parlementaire mais vous trouvâtes la place libre, la troupe était partie en entendant nos tambours. Les services que vous m’avez rendus dans cette journée me sont très précieux et je suis heureux de pouvoir ici vous en remercier tout à mon aise car ils sont ceux d’un bon et brave patriote. » Signé : Bourdon, colonel de la VIIIe légion. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « La conduite de l’adjudant Saché pendant les événements de Février est digne d’une mention honorable. C’est lui qui a pris l’initiative pour former le premier poste rue de la Roquette n° 88. Ce citoyen a montré un zèle et une activité extraordinaires pour transmettre les ordres, procurer des armes et des munitions à ceux qui en manquaient. C’est dans une de ces courses qu’il a failli être tué par le feu de la troupe sur la place de la Bastille. Les fils de l’adjudant Saché méritent aussi des éloges. N’ayant point de fusil, ils ont été en chercher aux casernes. Durant cinq jours le père et les trois fils ont veillé au bien public. Le citoyen Saché est décoré de Juillet, né dans le quartier (sic), il y est connu, estimé justement et généralement. C’est avec plaisir que je donne ces éloges à un digne citoyen. Je serais heureux d’apprendre qu’ils lui auront été utiles auprès des autorités. » Signé : Gautier, A., capitaine de la 3e compagnie du 3e bataillon de la VIIIe légion ; Banoux illisible, directeur du dépôt des condamnés, « qui connaît le sieur Saché pour un homme honorable et le recommande à la justice éclairée de l’autorité supérieure » ; Esbacher et Zinck, demeurant 26, rue de la Roquette ; Drouard, demeurant 76, rue de la Roquette ; Dessouche, chevalier de la Légion d’honneur, lieutenant à la 3e compagnie du 3e bataillon de la VIIIe légion ; Malbert, demeurant 90, rue de la Roquette ; Delacombe, demeurant 88, rue de la Roquette ; Labbé aîné, demeurant 61, rue de la Roquette ; Beral, demeurant 44, rue de la Roquette ; Courtois, demeurant 109, rue de la Roquette ; Debille, propriétaire, demeurant 88, rue de la Roquette ; Large, propriétaire, demeurant 47, rue Basfroi ; Bayvit illisible, demeurant 72, rue de la Roquette ; Tremblay, propriétaire, demeurant 69, rue de la Roquette ; ...aquignon, propriétaire, demeurant 61, rue de la Roquette ; Bullourde, demeurant 70, rue de la Roquette ; Blanchard, demeurant 87, rue de la Roquette ; Millot, propriétaire, demeurant 87, rue de la Roquette. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, officiers de la garde nationale de Paris VIIIe légion, certifions que le citoyen Saché, adjudant sous-officier du 1er bataillon, décoré de Juillet, s’est joint à nous, le 24 février, pour servir d’escorte à conduire les élèves de l’Ecole polytechnique du boulevard Beaumarchais à la place ci-devant Royale et de là à l’Hôtel de ville pour la formation du gouvernement provisoire et qu’il y est resté aussi longtemps qu’il a cru sa présence nécessaire pour porter des ordres au besoin. » Signé, le 20 mars 1848 : Villain, capitaine à la 3e compagnie du 4e bataillon de la VIIIe légion ; Philippe, sous-lieutenant des voltigeurs du 1er bataillon de la VIIIe légion. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il reçut un secours de soixante francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet ; sa veuve, un secours de cinquante francs en 1850 et en 1851. Il était marié et père de quatre enfants en 1848. Il demeurait 78, rue de la Roquette en 1831 ; 81, rue de la Roquette en 1848 ; sa veuve, 9 bis, rue Popincourt en 1849-1851. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Le Moniteur universel, 20 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/7/12329, préfecture de police, Bulletin de Paris du 23 mai 1831 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138 ; Archives de la préfecture de police AA 413, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199.