Saillenfest, Casimir

Biographie


Né le 25 novembre 1795 à Caen (Calvados). Négociant. Le Courrier français, en date du 9 août 1830, faisait ainsi mention de sa participation aux combats de Juillet : « Dès que l’opposition aux ordonnances Polignac se manifesta, MM. Monin aîné et H. Monin, originaires du Calvados, habitant l’hôtel des Fermes, organisèrent la résistance la plus opiniâtre au centre même des corps armés qu’il fallait combattre. Ces deux citoyens, auxquels se réunirent plusieurs voisins et leurs compatriotes Hulot, Casimir Saillenfest, Crespin, Pommery, Macey, Godefroy, etc., s’établirent militairement dans le vaste hôtel des Fermes ; ils élevèrent des barricades, dépavèrent la rue, en même temps qu’ils faisaient imprimer, répandre et afficher la proclamation suivante : “Français, tous moyens de défense sont légitimes. Dépaver les rues, jeter des pavés çà et là à un pied environ de distance, afin de ralentir la marche de la cavalerie et de l’infanterie, monter au premier, deuxième et tous étages supérieurs autant de pavés que possible (au moins vingt à trente pavés par croisée) attendre tranquillement que des bataillons soient engagés au milieu des rues avant de faire aucune décharge. Que tous les Français laissent leurs portes, couloirs et allées ouverts pour le refuge de nos tirailleurs, et pour leur porter aide ; que les habitants soient de sang-froid et sans crainte. La troupe n’osera jamais y pénétrer, trop assurée d’y trouver la mort. Il serait bien qu’il restât un individu à chaque porte, pour protéger l’entrée et la sortie de nos tirailleurs. Français, notre salut est entre nos mains ; voudrions-nous l’abandonner ? Qui de nous ne préfère la mort à l’esclavage ?” Depuis le moment de leur réunion, aucun des hommes réunis dans l’hôtel des Fermes n’a quitté les armes qu’aux portes de Rambouillet après l’abdication ; la plupart étaient aux affaires du 28 et tous se sont trouvés à la prise du Louvre, d’où ils se sont portés immédiatement, partie sur le Palais-Royal, et partie sur les Tuileries et le Carrousel. Vers deux heures après-midi, le mercredi 28 juillet, MM. Monin aîné et Jardin, propriétaire de l’hôtel, se portèrent au milieu du 53e régiment de ligne. Ils y haranguèrent quelques officiers et s’efforcèrent de les rattacher à la cause nationale. Ce fut encore M. Monin aîné qui, le 28 juillet, fit escalader en dehors les terrasses de l’église Saint-Eustache, et y organisa une défense telle qu’aucun corps armé ne pouvait s’engager dans les rues Montmartre et Traînée sans y trouver la mort. Nous apprenons que la compagnie de garde nationale composée des citoyens du quartier, a pris le nom de compagnie de l’Hôtel-des-Fermes. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 41, rue de l’Echiquier en 1831. Le Courrier français, 9 août 1830 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement. Il y a dans Archives de Paris VD6 277 in dossier Dupart, Paul, Amable, un Saillenfest, garde national au 1er bataillon (le reste manque…), qui signe le certficat suivant en faveur de Dupart, Paul, Amable : « Nous, soussignés, attestons que le sieur Paul Dupart, demeurant Hôtel des fermes et employé au trinunal de commerce, s’est réuni avec nous dès le 27 juillet dernier à l’Hôtel des fermes pour nous opposer à l’exécution des ordonnances ; qu’il ne nous a quittés le 28 que quelques instants pour aller au tribunal de commerce où son service l’appelait et définitivement le 29 à 7 heures du matin, qu’il est allé se réunir au poste de la Bourse. »

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