Saint-André, Félicité mademoiselle
Biographie
Née vers 1801 à Reims. Rentière. Elle ne fit aucune demande devant la Commission des récompenses nationales. Le 12 décembre 1831, Elle adressa la lettre suivante à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet : « Messieurs, le 29 juillet je me suis rendue à la Bourse dans l’espoir d’être utile aux malheureux blessés. Lorsque je suis arrivée, il n’y avait encore pour les soigner qu’une petite dame qui était habillée en homme (voir Gaudin, Césarine, Joséphine, femme Ouvrard, connue sous le nom de Victor) et un chirurgien qui était en uniforme. Il y avait longtemps que j’y étais lorsqu’il y a eu un coup de feu de tiré par mégarde et la balle est venue tomber près du chirurgien, je crois même qu’il en a été blessé au pied. Ensuite il est venu plusieurs dames qui ont contribué comme moi à panser les blessés. Je suis restée jusqu’à 10 heures et demie du roi et même j’aurais resté la nuit si la dame qui était en homme n’était pas venue vous dire que nous pouvions nous retirer. Cependant je suis allée le lendemain matin, où j’ai fait tout de qui dépendait de moi pour soulager les malheureux blessés, qu’on a transportés en haut dans une grande salle et dans les corridors. J’ai été même leur acheter ce que je présumais qu’il leur était utile. J’y ai même été le samedi et j’y ai resté jusqu’au soir ; mais il y avait des dames qui avaient pris le commandement et j’ai vu que je n’étais plus utile. J’ai l’honneur de faire observer à messieurs les membres que mon intention n’était pas d’en retirer une récompense mais c’est à la sollicitation de plusieurs des personnes qui m’ont vue que j’ai l’honneur de vous remettre cette note, afin de participer aux récompenses qui seront accordées aux personnes qui se sont distinguées. » On trouve dans son dossier cette lettre à en-tête du tribunal de commerce : « Ayant resté à la Bourse pendant les journées de juillet et m’étant réuni dès le 27 avec MM. Monin, frères (voir Monin, Hippolyte, César et Monin, Pierre, Antoine), rue de Grenelle-Saint-Honoré, pour nous opposer aux ordonnances, je dois déclarer que j’ai été surpris en lisant la liste des personnes à qui on a accordé la médaille, de ne pas voir figurer sur cette liste le nom de Mlle Saint-André, rentière, demeurant rue Saint-Denis n° 376. Cette demoiselle, que j’ai vue depuis le jeudi jusqu’au samedi soir, à la Bourse porter des soins aux blessés et même jusqu’à leur donner de l’argent. Je suis étonné qu’elle n’a rien obtenu. A la vérité, je crois qu’elle n’a rien réclamé. C’est pourquoi je vous prie de la faire demander et de l’interroger, afin que vous puissiez juger si elle mérite la récompense nationale accordée à tous ceux qui se sont distinguées dans nos mémorables journées de Juillet. » Signé, le 21 août 1831 : Dupart (voir Dupart, Paul, Amable), demeurant 9, rue Neuve-Saint-Sauveur. Elle demeurait 376, rue Saint-Denis en 1831. Archives de la préfecture de police AA 413.