Saint-Léger, Henry

Biographie


Employé. La chronique de l’époque retraçait ainsi sa participation aux combats : « Dans la journée du 29 juillet, les sieurs Caillon, cocher de cabriolet, rue des Maures, n° 28, Henri Saint-Léger, employé, rue du Jour, n° 3, avec six autres braves, ont pris de vive force, près la place du Palais-Royal et sous le feu de la mousqueterie des Suisses et de la garde royale, une pièce de canon de huit (garde royale). Cette action courageuse a coûté la vie à trente-cinq des nôtres. » Une notice, vérifiée et approuvée par les délégués de la Commission des récompenses nationales, retraça le déroulement des faits auxquels il avait participé avec Benoît Majan et Connaissant en prenant une pièce de canon dans la rue Saint-Honoré. Elle est ainsi rédigée sous le titre d’Affaire du Palais-Royal dans la journée du jeudi 29 juillet et prise de la pièce d’artillerie de la rue Saint-Honoré : « Un bataillon de la garde occupait la place du Carrousel, ayant en avant de son front une pièce de huit pointée sur la rue de Richelieu ; une autre de même calibre, placée rue Saint-Honoré entre les rues du Rempart, Saint-Nicaise, de Rohan et de Richelieu, balayait à mitraille la place du Palais-Royal, protégée par un fort détachement de Suisses et par de nombreux tirailleurs disséminés dans les maisons adjacentes.

»A trois heures un quart, le feu s’ouvrit ; le peuple attaquait sur trois points : la place du Palais-Royal, la rue de Richelieu et celle Saint-Honoré sur les derrières de la pièce engagée ; d’une manière indécise d’abord, le combat s’anima par les pertes qu’éprouvèrent les deux parties, et, à dix heures, le feu devint si vif qu’il fit taire celui de la garde placée au Carrousel, qui, peu d’instant après, opéra avec sa pièce un mouvement de retraite sur les Tuileries. Les efforts du peuple se réunirent alors contre la pièce de la rue Saint-Honoré, dont les décharges multipliées causaient des pertes énormes aux assaillants ! Vainement quelques braves tentèrent de l’aborder ! Accueillis par une grêle de balles et de mitraille, ils succombèrent !

»Il était une heure et demie ; le moment approchait où l’horrible combat que se livraient les enfants d’une même patrie devait cesser ! un seul artilleur (les autres étaient hors de combat) la servait encore à l’aide de trois Suisses qui s’étaient détachés du peloton chargé d’en couvrir les approches. Elle tonna une dernière fois ! et une quinzaine d’hommes tombèrent mortellement frappés !

»Ce fut à cet instant que le sieur Benoit, arrivé depuis peu au combat, se précipita dessus armé d’un sabre seulement, l’entourant de son bras gauche tandis que le droit agitait son arme A moi mes amis ! cria-t-il. Il avait à peine prononcé ces mots que les sieurs : Connaissant, ancien officier, arrivé presque au même instant que le sieur Benoit [Majan] sur la pièce ; sans distinction de rang, Deschamps, Billiet, ex-artilleur, Tremblez, Lussan Pelletier, artiste, Henry Saint-Léger, employé, l’entourèrent, aux acclamations de la foule des combattants ; détachant de suite la prolonge, le sieur Billiet lui fit prendre, avec le secours de ses compagnons, la direction du quartier général de la Bourse.

»Les vainqueurs et leur prise eurent encore à essuyer, en entrant dans la rue de Richelieu, le feu des tirailleurs de la garde, embusqués dans les deux maisons qui forment les angles de la rue de Rohan, et celui des Suisses retranchés dans le Théâtre-Français.

»Tirez ! leur cria une voix, il en restera toujours assez pour la conduire !

»La troupe remonta la rue de Richelieu, traversa l’arcade Colbert, une partie de la rue Vivienne avec la pièce, qui fut remise entre les mains de monsieur Novince, commandant du poste de la Bourse.

»Les sept individus ci-dessus nommés ont fait la campagne de Rambouillet. » Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « Certificat couvert de plus de vingt signatures, la plupart décorés de Juillet, qui déclarent avoir vu que M. Saint-Léger était à la halle lorsque le 15e léger a tiré sur le peuple, que le 29 juillet après avoir fait le coup de feu toute la matinée à la barrière des Sergents, de là il s’est transporté sur la place du Palais-Royal et pendant le plus fort de l’action, voyant que les troupes faisaient éprouver des pertes considérables aux citoyens et les mettaient en déroute, il mit un foulard rouge sur le canon de son fusil pour les rallier et de là se rendirent dans la cour du Palais-Royal, où il eut le bonheur de sauver un citoyen qui, par erreur, allait être tué. Il était du nombre de ceux qui ont pris la pièce d’artillerie rue Saint-Honoré au coin de la rue Saint-Nicaise. Tous ces faits sont également attestés par MM. Burat et Erhard, délégués du (ancien) Ier arrondissement, qui déclarent avoir fait porter le sieur Saint-Léger sur un premier travail qui a été remis à M. Plougoulm, chargé de l’historique des journées de Juillet et que c’est sans doute par erreur qu’on l’a oublié sur les listes de la Commission. » Une apostille de la Commission des récompenses nationales, en marge de la lettre de la Commission des réclamations, faisait l’observation suivante : « Aucune trace. » Il demeurait 3, rue du Jour en 1830. Le National, 2 août 1830 ; Le Constitutionnel, 2 août 1830 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 276, 299 ; Les Journées immortelles. Récit historique de ce qui s’est passé depuis le 26 juillet 1830 jusqu’à l’avènement de Philippe Ier, Paris, Vuel, s.d. p. 16. Archives de Paris VD6 92 ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations. C’est étonnant qu’il n’apparaisse nulle part… tous les autres sont décorés de la croix… Attendre de voir s’il y a quelque chose à la préfecture de police dans la série AA pour reporter les noms cités.

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