Saint-Pichonnier
Biographie
« Vendredi 30 juillet, à huit heures et demie du soir, M. Suris se rendait à Saint-Germain accompagné de M. Saint-Pichonnier, employé à l’administration des postes. Ils étaient l’un et l’autre armés de pistolets à deux coups et portaient à leur boutonnière le ruban tricolore. Sur les explications qu’ils fournissent aux sentinelles qui gardaient la barrière de l’Etoile, on les laisse passer. Après sept minutes de marche, un officier de la garde fond sur eux et les somme de se rendre. Sur la réponse négative qu’il reçut, il tire son pistolet et atteint M. Suris à la poitrine. Son compagnon a été assez heureux pour venger sa mort sur son assassin auquel il a enlevé la vie. M. Suris a été transporté à son domicile à Paris. Sa blessure était mortelle, et pour abréger ses souffrances, il sollicitait la mort de la main qui l’avait vengé. Profitant du repos que la fatigue forçait son ami à prendre, il saisit l’arme que celui-ci avait déposée sur la commode et la dirige vers l’œil gauche qu’il se fait sauter. Il a encore vécu dans cet état pendant quatre heures. » Le Courrier français, 3 août 1830 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 114 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 66.