Saint-Sauveur, Alphonse
Biographie
Employé à l’administration des tabacs. Le 30 novembre 1831, il adressa la lettre suivante au préfet du Nord, afin d’obtenir la Croix de Juillet : « Croyant avoir quelques droits aux récompenses nationales, j’ai l’honneur de vous remettre ci-contre copie du certificat qui m’a été délivré par M. le sous-préfet de l’arrondissement de Dunkerque, et à l’appui duquel j’ajoute ma conduite du 30 juillet 1830 qui fut de proposer à plusieurs personnes dont l’opinion m’était connue de marcher sur Paris pour secourir ceux qui défendaient nos droits ; et sans la prière de M. Morel (frère de l’honorable député) qui me fit mander, nous partions le soir même ; mais à ses justes observations je consentis à ne partir que le 31 juillet au soir, jour où nous apprîmes en partie les résultats glorieux de notre révolution. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné, sous-préfet du premier arrondissement du département du Nord, certifie que M. Alphonse Saint-Sauveur, employé à l’administration des tabacs, qui a habité Dunkerque pendant quinze mois, a laissé dans cette ville les souvenirs les plus honorables sous le rapport de sa moralité et de sa bonne conduite et qu’il s’est fait remarquer, à l’époque des événements de Juillet, par sa vive désapprobation des ordonnances illégales et son ardente sympathie pour le choix de notre roi-citoyen. Pour quoi je lui délivre le présent, pour lui servir au besoin. » Signé, le 25 janvier 1831 : Gaspard, sous-préfet. Le 12 décembre 1831, la Commission nommée par le préfet du Nord, à l’effet de distribuer des récompenses honorifiques pour des faits passés pendant la révolution de Juillet dans la commune de Lille prit, à l’unanimité, la résolution suivante : « Considérant qu’une résistance généreuse a été organisée par un très grand nombre de citoyens, qu’il ne s’y est pas passé de faits tels qu’il y ait eu un danger immédiat de la vie pour aucun d’eux ni assez saillant pour justifier une exception, la Commission déclare qu’il serait impossible d’accorder des récompenses nationales à quelque citoyen, sans blesser les autre, qui ont aussi des droits à la bienveillance du gouvernement. » Ayant examiné particulièrement les droits de Saint-Sauveur à une récompense honorifique, elle ne jugea pas ses droits suffisants. Il demeurait 72, rue de Gand à Lille en 1831. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Nord.