Salamite, François

Biographie


Né le 30 juin 1807 à Menton (Alpes-Maritimes). Peintre en décors ou ouvrier doreur, gagnant quatre fois par jour. Il combattit constamment les 27, 28 et 29 juillet ; le 28, il était dans la rue du Rempart-Saint-Honoré et participa à la prise d’un canon ; le 29, alors qu’il participait à la prise du Louvre et des Tuileries, il fut blessé d’un coup de sabre à la main droite par un lancier de la garde, tua le lancier qui l’avait frappé ainsi qu’un gendarme à cheval, recevant dans le combat plusieurs coups de crosse dans le dos (mais par erreur d’un coup de feu in Archives nationales F/1dIII/37). Il participa ensuite à l’expédition de Rambouillet et planta, avec un élève de l’Ecole polytechnique, un drapeau tricolore sur l’hôtel de ville de Versailles. Il resta un mois sans pouvoir travailler et fit, le 10 septembre 1830, une demande de secours. Sa demande était apostillée par Gibert-Arnaud, Jean, Joseph (voir ce nom). Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, ancien officier de santé aux armées, certifie avoir pansé durant un mois la blessure du sieur François Salamite, âgé de vingt-trois ans, peintre en décors ; blessure reçue le 29 juillet dernier et provenant d’un coup de sabre sur le dos de la main droite, ayant fait incision et pénétré jusqu’au périoste du deuxième et troisième os du métacarpe. Il a résulté de cela une plaie, qui s’est réduite par une solution de continuité du tissu cellulaire, et l’usage d’un liniment résolutif a rétabli et rétablit peu à peu l’articulation des doigts, et a aussi dissipé la contusion que ledit Salamite a reçue sur l’omoplate droite. Il a résulté de cela un empêchement au travail de l’état du sieur Salamite. » Signé le 15 septembre 1830 : Gibert-Arnaud, Jean, Joseph (voir ce nom), ancien officier de santé et homme de lettres, demeurant 5, rue Froidmanteau. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, citoyens, habitants de Paris, attestons qu’il est à notre parfaite connaissance que le sieur Salamite, François, peintre en décors, s’est bien montré les 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il a combattu dans les rangs du peuple, a même été blessé et a tué un lancier et un gendarme ; qu’il a fait la campagne de Rambouillet et que son dévouement national lui donne des droits à l’indemnité et aux récompenses. » Signé, le 15 septembre 1830 : Prault, Louis, François (voir ce nom), ex-commandant en sous-ordre du poste du pavillon Marsan aux Tuileries du 29 au 5 août, demeurant 3, rue Fromentau ; Montreuil, élève en médecine, demeurant 71, rue Saint-Jacques ; Faure, employé, demeurant 12, rue des Anglais ; Legay, ex-officier, demeurant 41, place Saint-Germain-l’Auxerrois ; de Laval, bijoutier-horloger, demeurant 16, rue de la Bibliothèque ; Delaval, Louis, Antoine (voir ce nom), horloger-bijoutier, demeurant 16, rue de la Bibliothèque ; Bellamy, fabricant de perles, demeurant 17, rue Grenetat ; Boisset, cuisinier, demeurant 11, rue Ventadour ; Dupagnier (c’est pas plutôt Dupaquier, Pierre ?), commandant par ordre du général Lafayette une division de citoyens, demeurant 56, rue Mazarine ; Billard, inspecteur de plan, demeurant rue de l’Université ; Audouy Perrot, autographe, demeurant 7, rue du Croissant ; Lebague, employé, demeurant 12, rue du Vieux-Colombier ; Barthe, Joseph, marchand tailleur, demeurant 9, rue Croix-des-Petits-Champs. Le troisième ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de Paris, déclarons et attestons en faveur de la vérité que le sieur Salamite, François, âgé de vingt-trois ans, rue d’Orléans-Saint-Honoré, n° 7, peintre en décors, est de bonnes vie et mœurs, qu’il s’est constamment battu les 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rangs des citoyens de Paris, contre les ennemis du peuple, que le 28 il était dans la rue Rempart-Saint-Honoré, quand on a pris la pièce de canon, que le 29 il était à la prise du Louvre et des Tuileries, qu’il a montré le plus grand courage ; qu’il a été blessé le 29 d’un coup de sabre sur la main droite et qu’il a tué le lancier qui l’a frappé ainsi qu’un gendarme à cheval. Ledit Salamite a reçu de plus un coup de crosse de fusil dans le dos. Il s’est fait panser à ses frais et n’a pu travailler de son état jusqu’à ce jour et même qu’il est sans ouvrage après avoir vendu ses effets et emprunter pour vivre. Estimons qu’il mérite toucher l’indemnité que la Commission des récompenses nationales lui accorde sur le vu des pièces qui lui ont été adressées, pièces régulières et méritoires. » Signé, le 13 septembre 1830 : Gibert-Arnaud, Jean, Joseph (voir ce nom), ancien officier de santé, demeurant 5, rue Froidmanteau : Legay, ex-officier, demeurant 41, place Saint-Germain-l’Auxerrois ; Prault, Louis, François (voir ce nom), ex-lieutenant demeurant 3, rue Fromentau ; d’Esquilles, commissaire, demeurant 14, place de la Comédie à Montmartre. Il reçut, après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux (c’est confirmé Sceaux, la correspondance est envoyée à la sous-préfecture de Sceaux). Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux (sous le nom de Salamitte, François). Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 23 juillet 1831, la conclusion suivante : « Après avoir pris connaissance premièrement du certificat délivré par M. Gibert-Arnaud, ancien officier de santé, demeurant à Paris, rue Froidmanteau n° 5 ; deuxièmement du certificat délivré par les docteurs Blond, Bassignot et Millet, demeurant tous à Beaucaire, les soussignés certifient que le susnommé a été atteint dans les journées de Juillet d’une blessure par arme blanche (coup de sabre) sur la face dorsale de la main du côté droit, du premier os du métacarpe vers les troisièmes : blessure guérie, mais avec quelques difficultés et quelques douleurs dans les mouvements du membre. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans (confirmé in Archives de Paris VK3 52). Il reçut (sous le nom de Salamitte, François), à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut remise le 8 juillet 1831. Il donna procuration à Renet, député de la Seine et maire de Bercy, pour toucher les sommes qui lui revenaient de la Commission des récompenses nationales ; celui-ci les renvoya, en disant qu’ils n’étaient pas en règle. Le maire de Beaucaire intercéda en sa faveur auprès du préfet du Gard, pour tenter d’accélérer les démarches. Puis, il donna procuration à Mme Cabanis, demeurant à Bercy, pour toucher les fonds qui lui revenaient de la Commission de la souscription nationale. Il signa (il semble signer Salamis), le 21 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Othon, Marc, François, Isidore, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, citoyens habitants de Paris, attestons qu’il est à notre connaissance que M. Othon, Marc, François, Isidore, âgé de quarante-quatre ans, ancien militaire, membre de la Légion d’honneur, demeurant rue du Faubourg-Montmartre n° 30, est de bonnes vie et mœurs ; qu’il a combattu dans les rangs du peuple les 28, 29 juillet 1830 pour la cause de la liberté et de la patrie ; qu’il était à l’attaque et à la prise des Tuileries et qu’ensuite au Palais-Royal il a fait rendre les armes à une trentaine de soldats suisses et royaux, qu’il a empêchés d’être massacrés, en les faisant réfugier dans une maison de la rue Montpensier. Ledit Othon a montré beaucoup de bravoure et de modération et sa conduite ainsi que son dévouement national lui donnent des droits aux récompenses patriotiques et à l’estime de ses concitoyens. » Il signa, le 3 juillet 1832, à l’occasion de l’anniversaire des trois jours de Juillet, la pétition présentée au roi par Gibert-Arnaud, qui renouvelait, au nom d’un comité consultatif, sa demande, signée par plus de quarante décorés (auquel Gibert-Arnaud se flattait de pouvoir y ajouter six cent neuf autres noms), qu’on permît à chaque décoré de la médaille de Juillet de remplacer cette dernière par la croix du même ordre. Il demeurait 7, rue d’Orléans en 1830 mais 2, place du Muséum en septembre 1830 dans la lettre qu’il signe in Archives de Paris VK3 52 ; à Bercy chez Mme Cabanis en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ; à Beaucaire (Gard) et à Toulouse (Haute-Garonne) en 1831 ; 12, place de la Poissonnerie à Arles en 1832. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe de l’arrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 92 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VK3 37, dossier Médailles ; Archives de Paris VK3 52 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous le nom de Salamite, François) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux et lettres de Gibert-Arnaud ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Othon, Marc, François, Isidore.

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