Sallon, François, Maurice

Biographie


Sergent à la 1re compagnie des sapeurs-pompiers, ayant vingt-sept années de service en 1830. Il sollicita la décoration « accordée aux personnes qui se sont distinguées » dans les journées de Juillet. Il était, expliquait-il, de service, le 27 juillet au Théâtre des nouveautés, quand le poste de gendarmerie de la place de la Bourse fut incendié par les manifestants. Il quitta son poste et, avec Ficher, se précipita, malgré les coups et même les coups de feu qu’ils reçurent, pour éteindre l’incendie. Il joignit à sa demande un certificat délivré par Armand, régisseur du Théâtre des nouveautés et ainsi rédigé : « Je certifie que M. Sallon, sergent de sapeur-pompier de service au Théâtre des nouveautés le 27 juillet, s’est le premier présenté au feu du corps de garde de la place de la Bourse et que c’est peut-être à son zèle et à son sang-froid qu’on a dû la conservation des bâtiments voisins et de la pompe amenée pour porter secours. » Il s’était aussi, le 29 juillet à 20 heures, présenté à la mairie du (ancien) XIe arrondissement pour offrir ses services et avait organisé, la nuit, des patrouilles de vingt à trente hommes. Il ajoutait enfin à sa demande : « Je vous annonce que le 3 août j’étais de service à la Chambre des députés, c’est moi et monsieur Lafolie, grenadier de la Xe légion qui ont arrêté le nommé Leguay à l’entrée de la Chambre des députés, porteur d’un pistolet, qui suivait Sa Majesté de quelque pas, qui, de suite, a été conduit à la préfecture. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il signa, le 8 septembre 1831 et comme sergent de sapeurs-pompiers, le certificat suivant en faveur de Huppe, Denis, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, propriétaires, patentés et habitants de la place Saint-Sulpice et autres lieux du quartier du Luxembourg, certifions et attestons à tous ceux qu’il appartiendra que le sieur Huppe, Denis, peintre en bâtiments, demeurant à Paris, place Saint-Sulpice n° 6, que nous certifions bien et personnellement connaître pour un bon et honnête citoyen, de bonne vie et de bonnes mœurs, époux et père d’une famille nombreuse, a coopéré de tous ses efforts aux succès des trois mémorables et glorieuses journées de juillet 1830, en ne cessant de combattre en faveur des libertés publiques ; notamment rue Saint-Honoré, où il eut un homme tué près de lui et, revêtu de son uniforme (mais cette dernière précision est peut-être rayée dans le manuscrit), il ne quitta pas les attroupements. Le 28, étant l’un des chefs de la masse armée, il s’est emparé du poste des gendarmes près Saint-Sulpice et, après sa reddition, il en est resté chef suprême et l’a garanti de l’incendie. Sorti de ce lieu, à la tête d’un peloton, avoir pourvu à sa sûreté et conservation, il est allé combattre au pont des Arts et faire construire des barricades par le dépavage de plusieurs rues. Le 29, c’est lui qui, à 3 heures du matin, fit sonner le tocsin à Saint-Sulpice et montra partie du manuscrit brûlée sonner. A 5 heures du même jour, habillé en garde national, il s’est placé chef de poste à la caserne des sapeurs-pompiers, rue du Vieux-Colombier n° 15, et réunit vingt-cinq hommes de ses camarades et avec eux maintint sa tranquillité et conserva la caserne et la libre circulation des rues adjacentes. Il y resta pendant trois jours, après lesquels il remit ce poste entre les mains de la garde nationale, et c’est M. le capitaine Ledoux, du corps des sapeurs-pompiers, qui lui abandonna la caserne, où il était resté jusqu’alors, afin que ledit sieur Huppe empêchât l’enlèvement des pompes qui étaient dans la cour et prêtes à servir au besoin. Ce brave citoyen, époux et père d’une nombreuse famille, âgé de quarante ans, ancien chasseur à cheval de la garde impériale et grenadier du 1er bataillon de la XIe légion de la garde nationale, n’a pas craint d’abandonner sa famille pour la cause nationale et n’a demandé ni gratification pécuniaire ni autre récompense, qu’il a si bien méritées. Nous, soussignés, jaloux de rendre hommage à la vérité partie du manuscrit brûlée sieur Huppe un témoignage de notre estime particulière lui avons délivré le présent pour lui valoir et servir au besoin. » Il demeurait 15, rue du Vieux-Colombier en 1830. Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Huppe, Denis.

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