Samain, François, Joseph
Biographie
Né vers 1800 à Hertain (Belgique). Tailleur d’habit. Sa participation aux événements est ainsi rapportée dans le rapport présenté par la mairie du (ancien) IVe arrondissement : « M. Samain a déclaré être sorti le 27 juillet à 10 heures du matin, s’être rendu au Palais-Royal, s’être défendu à coups de pierre contre la gendarmerie et la Garde royale, avoir blessé plusieurs gendarmes au nombre desquels se trouvaient deux officiers ; avoir essuyé les premiers coups de feu et avoir eu son chapeau percé d’une balle ; enfin, rentré chez lui à 2 heures du matin après avoir aidé à briser les réverbères et à leur enlever les insignes royaux ; de plus, le 28, il était sorti de chez lui vers 7 heures du matin, qu’il avait été à la place des Victoires et de là à la place de Grève, à la place Maubert et à l’archevêché, qu’il y était rentré et avait pris part aux événements qui s’y sont passés. De l’archevêché, aurait été au Louvre et aurait pris part, comme tirailleur, à l’attaque et à la prise de ce palais, que du Louvre enfin il serait revenu au Palais-Royal et qu’il s’y serait battu pendant trois heures et demie. » Il ne fut pas blessé et eut simplement son chapeau, traversé par une balle. Les observations suivantes sont annotées à son dossier : « M. Samain devait produire une attestation qu’il annonçait pouvoir faire signer par un grand nombre de témoins, mais il ne l’a pas produite. L’on pense que la commission devra la demander. Tous ces faits ci-contre ne reposant que sur la déclaration de M. Samain. » Il produisit effectivement, le 16 décembre 1830, l’attestation suivante : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Samain […] a combattu dans les rangs du peuple les 27, 28 et 29 juillet 1830 ; que le 27 il combattait à la place du Palais-Royal contre la gendarmerie et la garde royale, lorsque d’un coup de pierre, il renversa de son cheval un capitaine de gendarmerie, au coin de la rue du Chantre. Etant à la tête d’un groupe, il commença par faire abattre les écussons à fleur de lys, rue Saint-Honoré, malgré les menaces d’un officier de la ligne. Le 28, il se montra aux environs de la place ; à 1 heure, il était rue du Roule, aidant à faire des barricades ; à 2 heures il se joignit à des citoyens qui se portèrent place des Victoires, qui prirent possession du poste des Messageries royales rue Montmartre. Le 29, il assista à la prise de l’Archevêché, ensuite à la prise du Louvre et combattit sur la place du Palais-Royal. Ledit Samain fut mis en faction dans les appartements du duc d’Orléans, maintenant roi, et fut, sur le soir, chargé d’accompagner jusqu’à la morgue une charrette y transportant vingt-quatre citoyens morts pour la liberté. Il revint au poste du Louvre, où il resta de service jusqu’au vendredi. » Signé : Watté, demeurant 8, rue de Valois ; Marsay, Pierre (voir ce nom), demeurant 197, rue Saint-Honoré ; Rouget (illisible), demeurant 211, rue Saint-Honoré ; Messier (illisible, sans doute Mesnier comme plus loin... mais l’adresse ne correspond pas), demeurant 211, rue Saint-Honoré. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa, le 19 juillet 1831, la lettre suivante à cette dernière Commission : « Ma conduite en juillet 1830 m’avait donné l’espérance que je serais admis à participer aux récompenses nationales et en temps opportun. J’avais eu soin de faire parvenir à la Commission le certificat qui attestait mes actions. Malheureusement ce titre s’est égaré et je n’ai été compris sur aucun travail. Je viens donc, messieurs, réclamer contre cette erreur dont je suis victime et, afin de vous donner les moyens de la réparer, je prends la liberté de vous remettre ci-inclus la copie légalisée du certificat dont l’original s’est perdu dans les bureaux. J’ose croire que votre justice éclairée me rendra la justice qui m’est due et que la récompense que j’ambitionne me sera enfin accordée. Dans cet espoir, j’ai l’honneur, etc. » Il joignait le certificat à sa demande : « Nous, soussignés, déclarons que le récit suivant est conforme à la vérité, ayant été témoins du courage et patriotisme déployés par François Samain, tailleur, demeurant rue Saint-Honoré n° 199, pendant les trois journées mémorables. Le 27 juillet, François Samain se trouvait à la tête d’un groupe assez nombreux qui s’était formé dans le jardin du Palais-Royal et qui fut refoulé par la gendarmerie et la garde royale sous la galerie d’Orléans, d’où l’on fut bientôt obligé de gagner la rue Saint-Honoré. Vers midi, la troupe stationna sur la place du Palais et les premières pierres qui furent lancées contre la troupe l’ont été par lui. La troupe riposta par une fusillade, le peuple par des pierres et cette lutte inégale dura toute la journée. Un capitaine de gendarmerie qui refoulait le peuple à coups de sabre fut renversé de son cheval par un éclat de pavé que lui lança sur la tête François Samain au coin de la rue du Chatre. A minuit le rassemblement des citoyens n’était pas dissipé, Samain à la tête d’un groupe commença à faire arracher les enseignes royales qui se trouvaient dans la rue Saint-Honoré, depuis le Palais-royal jusqu’à l’oratoire et cela au milieu des injonctions et des menaces d’un officier de la ligne. Le 28 dès 5 heures du matin, François Samain s’exposa aux premiers coups de fusil tirés par la garde royale sur le peuple. Il resta dans les environs de la place jusqu’à midi. A 1 heure. Il était rue du Roule, aidant à dépaver et barricader la rue. A 2 heures, il rejoignit un corps de volontaires qui passait rue du Coq-Saint-Honoré pour se rendre place des Victoires et qui vint prendre possession du poste des Messageries royales, rue Montmartre. Le 29, il assista à la prise de l’Archevêché, vint ensuite au Louvre, où il combattit avec les braves qui parvinrent à s’en emparer. De retour à la place du Palais-Royal, qui n’avait cessé d’être occupée par les troupes, nous l’avons vu réunir ses efforts à ceux des autres combattants et parvenir, après une demi-heure, à s’en rendre maître. Il fut placé comme factionnaire dans les appartements du duc d’Orléans maintenant Philippe Ier, où il veilla à ce qu’aucun dégât ne fût commis. Il fut ensuite chargé sur les 4 heures d’accompagner la charrette fatale qui transportait vingt-quatre de nos patriotes à la morgue. Il revint au poste du Louvre, commandé par un élève de l’Ecole polytechnique, où il resta jusqu’au vendredi à 5 heures du matin. Nous croyons que la conduite de François Samain mérite l’attention bienveillante du gouvernement. Si l’on accorde une distinction honorifique aux défenseurs de la patrie, nous nous réunissons pour la réclamer en sa faveur auprès de la Commission des récompenses nationales. » Signé : Meyer illisible, négociant ; Pinet (voir Pinet, Charles, Philippe), « combattant des trois journées », demeurant 38, rue d’Argenteuil ; Klekner, demeurant 219, rue Saint-Honoré ; Meyer, demeurant 199, rue Saint-Honoré ; Piot, portière, demeurant 199, rue Saint-Honoré, qui certifiait que « M. Samain s’est distingué dans les trois journées » ; Mesnier, demeurant 6, rue Guénégaud ; Rouget, demeurant rue Saint-Honoré ; Richarme, demeurant 199, rue Saint-Honoré ; Watté, demeurant 8, rue de Valois ; Marsay (voir Marsay, Pierre), demeurant 197, rue Saint-Honoré ; Tauchard, L., ou Touchard, L., demeurant 22, rue Notre-Dame-des-Victoires ; Laforge, demeurant 16, rue Tiquetonne ; illisible, demeurant 16, rue de Bucy ; Wall, demeurant 191, rue Saint-Honoré. Samain demeurait 199, rue Saint-Honoré en 1830-1831 ; 29, rue Traversière-Saint-Honoré en 1831. En 1830, il était célibataire. Archives de Paris VD6 281 n° 1 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, Rapport sur les faits et actions honorables et les accidents éprouvés, et sur les autres renseignements recueillis et relatifs aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 dans les rues […] faisant partie du (ancien) IVe arrondissement municipal de la Ville de Paris ; Archives de la préfecture de police AA 413.