Sance, Antoine
Biographie
Né vers 1790 à Roule (Sardaigne). Sergent au 50e de ligne, ses camarades témoignèrent ainsi des circonstances dramatiques de son décès : « Ils se trouvaient de garde dans la journée du 28 juillet dernier au poste du pont de l’Hôtel-Dieu à Paris, sous les ordres du sieur Antoine Sance, sergent de grenadiers audit régiment et que ce sous-officier a été tué en leur présence d’un coup de feu. Ils attestent que ce chef de poste avait déclaré qu’il ne ferait usage de ses armes que pour protéger les habitants de Paris et que, pour ne laisser aucun doute sur ses bonnes dispositions, il avait ordonné aux hommes de son poste de rester dans la plus parfaite tranquillité et de ne sortir aucune arme du corps de garde. Cette conduite lui valut les éloges de la plupart des habitants de la rue du Marché-Palud, mais elle lui attira des reproches d’un agent de police, qui lui dit qu’au lieu de se comporter comme un lâche comme il venait de le faire il aurait dû imiter l’exemple des gendarmes qui, dans d’autres quartiers, n’avaient pas hésité de faire feu sur le peuple. De tels propos excitèrent l’indignation de tous les hommes de garde. Cet agent de police se retira, en faisant des menaces. Quelque temps après, il passa devant le poste un nombreux rassemblement. La plupart des hommes qui le composaient étaient armés ; ils connaissaient la conduite du sergent ; en passant devant lui, ils lui firent des félicitations. Plusieurs lui prirent les mains pour lui témoigner leur satisfaction. Un de ces hommes saisit le moment où il passait devant Sance pour le tirer à bout portant. On voulut arrêter ce misérable. Il réussit à se cacher dans la foule ; on a reconnu en lui l’agent de police dont il est parlé plus haut. […] Les faits ont été certifiés par les habitants de la rue du Marché-Palud. » Sance fut transporté à l’Hôtel-Dieu, où il mourut (à moins que ce fût son corps sans vie qui y fut transporté). Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Le 16 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Thobert, Jean, Antoine, sergent au 50e de ligne en garnison à Cherbourg ; Costel, Paul, Nicolas, grenadier au 50e de ligne en garnison à Cherbourg ; Kraffe, Thibaut, grenadier au 50e de ligne en garnison à Cherbourg. Ils déclarèrent « qu’ils se trouvaient de garde dans la journée du 27 juillet dernier au poste du pont de l’Hôtel-Dieu à Paris, sous les ordres du sieur Antoine Sance, sergent de grenadiers audit régiment et que ce sous-officier a été tué en leur présence d’un coup de feu. Ils attestent que ce chef de poste avait déclaré qu’il ne ferait usage de ses armes que pour protéger les habitants de Paris et que, pour ne laisser aucun doute sur ses bonnes dispositions, il avait ordonné aux hommes de son poste de rester dans la plus parfaite tranquillité et de ne sortir aucune arme du corps de garde. Cette conduite lui valut les éloges de la plupart des habitants de la rue du Marché-Palud, mais elle lui attira des reproches d’un agent de police, qui lui dit qu’au lieu de se comporter comme un lâche comme il venait de le faire il aurait dû imiter l’exemple des gendarmes qui, dans d’autres quartiers, n’avaient pas hésité de faire feu sur le peuple. De tels propos excitèrent l’indignation de tous les hommes de garde. Cet agent de police se retira, en faisant des menaces. Quelque temps après, il passa devant le poste un nombreux rassemblement. La plupart des hommes qui le composaient étaient armés ; ils connaissaient la conduite du sergent ; en passant devant lui, ils lui firent des félicitations. Plusieurs lui prirent les mains pour lui témoigner leur satisfaction. Un de ces hommes saisit le moment où il passait devant Sance pour le tirer à bout portant. On voulut arrêter ce misérable. Il réussit à se cacher dans la foule ; on a reconnu en lui l’agent de police dont il est parlé plus haut. M. Salse, adjoint de trésorerie, chargé par le colonel de prendre des renseignements sur les circonstances de la mort de Sance, déclare que les faits ci-dessus lui ont été certifiés par les habitants de la rue du Marché-Palud. » Le certificat suivant établissait les circonstances de sa mort : « Nous, soussignés, habitants de la rue du Marché-Palud, certifions que les hommes du 50e régiment de ligne qui étaient de garde dans la journée du 28 juillet 1830 au poste du pont de l’Hôtel-Dieu avaient rendu les armes depuis plus de trois heures lorsque le sergent de grenadiers Sance, Antoine, qui commandait ce poste avec le sergent Thobert fut tué d’un coup de fusil par un homme qui faisait partie d’un rassemblement qui passait dans notre quartier vers les 3 heures de relevée. Le sergent Sance fut transporté de suite à l’Hôtel-Dieu. Nous ajoutons que les hommes de ce poste n’avaient point chargé les armes et qu’ils n’ont jamais montré de dispositions hostiles envers les habitants. » Signé, le 5 août 1830 (pour les noms lisibles) : Perruchon ; Vergès ; Lorrain fils ; Benoit ; Fouquet ; Nicou ; Lacombe ; Marie. Il laissait une veuve, Giroud, Marie, Anne, (bien sous le nom de Giroud, Marie, dans son acte de baptême, fille de Giroud, Balthazard, peintre en faïence, et de Ferrat, Marie ; mais par erreur Giroux, Marie, Anne in Archives nationales F/1dIII/36) sans état, née le 22 avril 1787 à Moûtiers (Alpes-Maritimes), qu’il avait épousée le 19 mars 1823 à Villars-Saint-Pancrace ; sur l’acte de mariage, Sance, Antoine est indiqué comme le fils de feu Sance, Sébastien et de feue Guise, Roze, et comme étant sous-officier en retraite, résidant à Briançon ; Giroud, Marianne (sic) est indiquée comme fille de feu Giroud, Balthazard, peintre en mignature, et de feue Ferrat, Marie, et comme veuve en premières noces de Arnaud, Antoine. Le 20 mars 1831, le conseil d’administration du 50e de ligne, alors en garnison à Cherbourg, indiquait la veuve Sance comme étant encore dans le régiment (dans quelles conditions ?). Elle fut pensionnée (sous quel nom dans les journaux ?) de cinq cents francs. Elle reçut de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 64 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (on trouve en face de son nom l’annotation suivante : « La veuve Sance n’a pu justifier de son mariage ») ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (douze veuves) ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, veuves.