Sancy, Charles, Prosper
Biographie
Né le 8 mars 1808 à Mâcon (Saône-et-Loire), fils de Sancy, François, percepteur des impôts directs, et de Berthelot, Antoinette, son épouse. Employé chez Bouvaist et Nicolle, comme commis de nouveautés. Il rejoignit les combattants dès le 27 juillet. Le 29, son employeur trouva son corps parmi ceux des six morts qui étaient allongés sur le boulevard du Château-d’Eau près du corps de garde ; il avait été tué d’un coup de feu. Il le fit déposer à l’église Sainte-Elisabeth. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le 10 septembre 1830, le certificat suivant expliquait les circonstances de sa disparition : « Philippe, Maxime Bouvaist-Nicolle a l’honneur de vous exposer que M. Charles Sancy aîné, employé formier, demeurant dans notre maison rue du Temple n° 63, est sorti de la maison le 27 juillet pour se ranger au nombre des braves qui ont défendu Paris. Le 28, n’étant pas rentré, nous conçûmes des craintes pour son existence. Le 29, après beaucoup de recherches, nous l’avons trouvé au nombre des morts sur le boulevard du Château-d’Eau près le corps de garde. Nos premiers soins ont été de le faire déposer dans l’église Sainte-Elisabeth, après avoir fait constater sa mort et sa blessure par quatre témoins. » Le 25 août 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Bouvaist, fondeur en cuivre, demeurant 15, rue Aumaire ; Brachet, marchand de vin, demeurant rue du Temple ; Nicolle, négociant, demeurant 63, rue du Temple. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Sancy, Charles, Prosper et savoir qu’il « a été tué le 28 juillet 1830 boulevard du Chateau-d’Eau, en combattant pour la cause de la liberté ». Sancy laissait une mère, Berthelot, Antoinette, veuve Sancy, née le 14 avril 1783 (bien le 14 avril 1783 dans son acte de baptême, fille de Berthelot, Jean, tissier, et de Charvet, Françoise, son épouse) à Mâcon (Saône-et-Loire). Le 23 août 1830, le conseil municipal de la ville de Juliénas (Rhône) délivra un certificat pour attester que la veuve Sancy, après la mort de son mari, avait « été réduite à un très faible revenu pour subsister elle et ses trois enfants ; que les sacrifices qu’elle a faits pour l’éducation du sieur Sancy, Charles, Prosper n’ont pu qu’augmenter beaucoup l’état de gêne dans lequel elle se trouvait. Privée de ce fils, qui a été tué à Paris pendant les derniers événements, madame Sancy a perdu les ressources que le travail assidu et la bonté de ce digne jeune homme lui procuraient ». Le 10 mars 1831, le maire de Juliénas délivrait un certificat pour attester que la veuve Sancy « n’ayant pour subsister qu’un très petit vigneronnage seul venant du propre de son mari et qui est grevé d’une somme de trois mille francs d’hypothèque ; que son mari ex-percepteur, est mort subitement sans avoir fait des dispositions testamentaires, cette petite propriété en vigne ne rendant presque rien, appartient à ses enfants, nous déclarons que madame veuve Sancy a fait une grande perte de son fils aîné, mort dans les glorieuses journées de Juillet, seule ressource qui restait à la veuve pour adoucir le sort d’un autre fils encore jeune et sans instruction faute de ressources » ; le maire ajoutait encore : « Madame Sancy n’a jamais eu aucune propriété ni mobilière ni immobilière de ses père et mère ; elle n’a absolument rien reçu d’eux ; madame veuve Sancy a une demoiselle, qui a été obligée de se faire hospitalière à défaut de ressources. » La mère présenta un certificat médical, en date du 12 mars 1831, qui attestait qu’elle souffrait « depuis quatre ans d’une névralgie fémoro-poplitée. Cette affection, dont les paroxismes se développent sous l’influence d’un exercice forcé ou des variations atmosphériques, est palliée dans son intensité par les moyens appropriés mais laissent cette veuve dans un état de malaise habituel ». Elle reçut un secours de deux cents francs, le 22 novembre 1830, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sur l’acquit de M. Bouvaist, est-il indiqué en face de son nom). Elle fut pensionnée de deux cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 8 décembre 1813 à Baudemont (Saône-et-Loire) ; sur l’acte de mariage, Sancy, François est indiqué comme né le 31 janvier 1778 à illisible (Saône-et-Loire), fils de feu Sancy, Charles, médecin, et de Soldat, Anne, comme étant percepteur et comme demeurant à Baudemont ; Berthelot, Antoinette est indiquée comme née le 15 avril 1784 (sic), fille de Berthelot, Jean-Baptiste (sic), marchant toilier, et de Charvet, Françoise. Le mariage légalisa la filiation de Marie, Caroline, déclaré comme née de père inconnu et de Berthelot, Antoinette le 8 fructidor an XIII, et de Charles, Prosper, déclaré comme né de père inconnu et de Berthelot, Antoinette le 8 mars 1808. Il demeurait chez son employeur, 63, rue du Temple ; sa mère, sans doute à Romanèche-Thorins (Saône) en 1831 mais à Juliénas (Rhône) in Archives nationales F/1dIII/35 B, in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives nationales F/1dIII/75. Le nom de Sancy (C.-P. Sancy) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 101 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 11 ; Archives de Paris AP VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, Relevé nominatif des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 par suite de coups de feu, idem Répertoire alphabétique des personnes décédées pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessous de soixante ans, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (29 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Rigoigne, Nicolas, Eugène (un dos de couverture) ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.