Santelli, Romulus
Biographie
Sous-lieutenant au 5e léger en juillet 1830, il passa du côté des insurgés. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. C. Gros, née Chauvelin, demeurant 55, rue Sainte-Anne, déposa en son nom la lettre suivante, alors qu’il était sous-lieutenant au 9e léger : « […] Santelli, Romulus, à cette époque sous-officier au 5e de ligne (bien que dans les Cent-Jours il eût été nommé lieutenant sur le champ de bataille à l’âge de dix-sept ans), dont la conduite intrépide autant que généreuse empêcha que le sang français ne fût versé par des Français. Cette conduite lui valut la disgrâce de son colonel, qui lui ordonna de gardes les arrêts, levés le lendemain par un ordre du général Gerard. M. Santelli, dont le patriotisme n’était pas équivoque, fut nommé sous-lieutenant. Il croyait pouvoir aspirer à la décoration de Juillet ; sa demande et toutes les pièces à l’appui furent déposées à la Commission, rue du Mont-Blanc. Il n’obtint rien et son dossier est perdu. Fort de sa conscience, il veut savoir pourquoi on lui a refusé cette récompense méritée lorsqu’on l’a prodiguée à tant d’individus qui n’ont d’autre courage que celui d’oser la porter. Cet officier, actuellement au 9e léger, réclame de nouveau la décoration de Juillet, acquise au risque de sa tête car si la victoire fût restée à Charles X il est certain qu’il eût été fusillé. Il est vrai qu’on lui laisse la vie, peut-être a-t-on pensé le récompenser par cette faveur. A la première pétition était jointe une recommandation du général Lafayette. C’est je crois ce qui lui a porté malheur. Si je n’ai pas assez mesuré mes expressions, je prie la Commission de me le pardonner. Peu habituée au métier de solliciteuse, j’ai écrit ce que je pense ; que chacun ose en faire autant. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que M. Santelli, Romulus, ancien officier, se trouvait faire partie d’un détachement du 5e régiment de ligne qui se présenta le 27 juillet au soir place de la Bourse et qu’au lieu de nous repousser par la force ainsi qu’ils en avaient reçu l’ordre, il fraternisa avec nous et nous encouragea même à soutenir notre cause. Que le 28 il coopéra à armer plus de deux cents citoyens avec les armes qui étaient à la caserne de la Nouvelle-France, que cette conduite lui valut de la part de son colonel les arrêts et qu’enfin le 29 il parvint à s’échapper en bourgeois et vint se mettre dans nos rangs pour combattre contre la garde, qui occupait les boulevards de la Madeleine ; de là il nous accompagna à la place Vendôme, où notre arrivée engagea le 5e et le 58e à nous suivre, ce qui décida la chance d’un succès favorable à la cause de la liberté. Nous attestons en outre que pendant le temps que ledit sieur Santelli était avec nous il a fait preuve d’intelligence et de courage et en lui délivrant le présent certificat pour qu’il lui soit utile à l’occasion nous rendons en même temps hommage à la vérité. » Signé, le 20 novembre 1830 : Villedieu, 1er lieutenant de la 3e compagnie du 3e bataillon de la IIIe légion, demeurant 11, rue des Filles-Saint-Thomas, qui ajoutait attester « avoir vu M. Santelli arriver à la tête de ce détachement sur la place de la Bourse le 27 juillet à 10 heures du soir » ; Charlot, capitaine ; Breton, capitaine en second des chasseurs de la IIIe légion ; Rousseau, J., J. (voir Rousseau, Jean, Joseph ?). Il avait participé à la campagne de Morée, où il était parvenu au grade de commandant des Evelpides, qui lui votèrent une médaille d’or à son départ. Il demeurait 55, rue Sainte-Anne, chez Mme Gros, en 1831. Archives de la préfecture de police AA 413 (aussi sous le nom de Santelly, Romulus).