Santenoise, Laurent
Biographie
Né le 9 mars 1803 à Chaté (Vosges). Ouvrier maçon ou journalier. Honnête ouvrier selon lui, père de famille, n’ayant travaillé que cinq mois depuis la révolution de juillet, il sollicita, en août 1831, la médaille de Juillet « à laquelle il a droit et que par une grande erreur il en fut privé ». Il joignait à sa demande un certificat, absent du dossier. Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. Il était inscrit sur le livre des indigents du (ancien) XIIe arrondissement depuis le 26 décembre 1828. Il fut condamné à trois ans d’emprisonnement, le 29 novembre 1832 par la cour d’assises de Paris, comme coupable d’avoir recelé une giberne, une buffleterie et de la poudre trouvées le 7 juin 1832 dans un caveau dépendant de son domicile. Ces objets provenaient du désarmement du poste des Deux-Moulins et du pillage de la poudrière des Deux-Moulins, qui eurent lieu le 5 juin vers 18 heures. Une dizaine des jurés de la cour d’assises sollicitèrent son recours en grâce « la modicité de l’objet recelé, sa non-participation aux attentats des 5 et 6 juin, ses antécédents irréprochables, enfin la pénurie à laquelle cette condamnation va réduire sa femme et son enfant dont il est le seul soutien, sont les titres qui appuient ce recours en grâce », expliquaient-ils. Pour appuyer le recours en grâce, le directeur de la prison de Sainte-Pélagie lui délivra un certificat qui attestait que depuis son incarcération Santenoise « a constamment tenu une bonne conduite, qu’il s’est fait remarquer par sa docilité et la douceur de son caractère ». Le directeur précisait dans un autre certificat qu’il avait employé Santenoise « plusieurs fois à des travaux de maçonnerie, qu’il a faits avec soin et pour lesquels il a reçu un salaire, qu’il s’est empressé de partager avec sa femme » et ajoutait qu’il était déjà atteint d’un commencement de cécité. Sa peine fut réduite à deux années de détention, à compter de la date de la condamnation. Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 19, rue d’Arras en 1831-1832 ; 11, rue de Versailles en 1848. Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales BB/22/51-66 ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions.