Sarrut, Germain
Biographie
Ancien directeur du collège de Pontlevoy (Loir-et-Cher). Président de la Commission départementale de l’Ariège après la révolution de Juillet. Le 11 mai 1831, il adressa à la commission départementale chargée de décerner les récompenses de Juillet une lettre dans laquelle il récapitulait ses droits, ainsi que ceux de ses amis qui l’avaient aidé « à faire opérer le mouvement dans le département de l’Ariège, alors que les événements de Paris n’étaient pas encore à notre connaissance ». Sous le commandement du général Laffitte, il fut un des administrateurs du département, le préfet n’ayant été nommé qu’en septembre. « Nous avons eu à lutter contre les carlistes, à maintenir ceux qu’une opinion trop exaltée eût entraîné trop loin et enfin à arrêter les dévastations [de la guerre] des demoiselles. Nous devons croire que nos efforts furent appréciés puisque nos concitoyens offrirent une épée d’honneur au général Laffitte et me nommèrent président de la députation départementale. » Il signalait à l’attention de la Commission, comme l’ayant secondé : Cambon, François, sous-préfet à Saint-Girons en 1830 ; Boudousquié, ingénieur des mines ; Ruffié père, négociant à Foix ; Darnaud (voir Darnaud, Jean, Antoine, fils aîné), juge de paix à Lavelanet. Par délibération du 4 décembre 1831, la Commission estima qu’il n’avait pas de droits suffisants pour obtenir une récompense nationale. La délibération du conseil municipal, en date du 4 décembre 1831, était ainsi rédigée : « Est d’avis que ces événements se sont passés à Foix et dans le département de l’Ariège avec la plus grande tranquillité, qu’à cette époque l’ordre public n’a été troublé nulle part, qu’on doit principalement l’attribuer au bon esprit qui anime les Ariégeois et à leur bonne disposition à recevoir le nouvel ordre de choses. Que cependant les bons patriotes s’empressèrent, immédiatement après avoir appris, le 4 août, que le drapeau tricolore était arboré à Toulouse de prendre les mesures convenables pour maintenir la paix publique. On doit signaler le général Laffitte qui, quoique très malade, se rendit aux vœux des habitants de Foix pour venir prendre le commandement du département. Sa présence, sa popularité, l’estime dont il jouit, le souvenir de ses services passés ne contribuèrent pas peu à maintenir l’ordre. Plusieurs jours auparavant, il avait déjà prévu les événements de juillet et, quoique retiré à la campagne, il prenait de concert avec ses amis de la ville de Foix des mesures propres à faire réussir les prévisions, sans effusion de sang. La vie du général n’a peut-être pas été en danger, cependant on doit à la vérité de dire qu’il était le point de mire de tous les ennemis du nouvel ordre de choses ; que dans cette circonstance il a fait une entière abnégation de lui-même et que, comme en 1815, il n’a consulté que son patriotisme et l’amour de son pays pour se rendre au milieu des habitants de Foix. Le général Lafitte a été surtout secondé par M. Darnaud fils aîné ancien officier de dragon et actuellement juge de paix à Lavelanet. M. Darnaud se rendit de suite auprès du général, à la campagne, pour l’instruire des événements : il organisa de suite une garde civique, dont il fut nommé le chef par ses concitoyens. Tous ses moments étaient consacrés au maintien de l’ordre et ses soins ont été couronnés d’un plein succès ; on le voyait sans cesse au milieu des groupes qui pouvaient se former, calmant les esprits pour les empêcher de se porter à aucun excès. Bien que ces faits ne soient pas suffisants pour faire accorder à M. Darnaud la décoration spéciale, le conseil municipal pense que l’on devrait saisir cette occasion pour accorder à ce brave la décoration de la Légion d’honneur, en récompense de ses services militaires. Quant aux demandes faites par MM. Sarrut et Tayac, le conseil municipal pense, pour apprécier leur mérite qu’il suffit de rappeler les faits tels qu’ils se sont passés. A la nouvelle des événements MM. Sarrut et Tayac furent du nombre des personnes qui vinrent à Foix pour apprendre les nouvelles : ils offrirent l’un et l’autre leurs services aux général. M.Tayac fut chargé de porter dans quelques communes la proclamation que M. le général Lafitte avait faite ; M. Sarrut fut employé comme membre d’une commission administrative du département. Il importe de rappeler comment cette commission fut formée. M. de Mortarieu, alors préfet de l’Ariège, fut invité par le général Laffitte à adhérer au nouvel ordre de choses ; sur son refus, il quitta le département et, avant son départ, il nomma une commission qu’il chargea de l’administration et, pour lui donner le caractère de légalité dont elle pouvait avoir besoin pour ses actes, on en nomma président M. Azam-Coustaud, doyen des conseillers de préfecture. Cette commission délégua ensuite les pouvoirs militaires au général Laffitte et administra le département pendant cinq semaines : ses principaux actes furent les mutations de quelques maires et l’opposition de M. Sarrut au changement de plusieurs d’entre eux occasionna du tumulte dans quelques communes. Le conseil n’a aucun renseignement sur la demande du sieur Lafont, Espy, Joffrès, Cassagne, Lafont, Anglade, Malpel, Fouvive, Tartie, Dupeyrou, Rousse, Laguerre, Delrieu-Genès, Mercadier, Carbon. » Il demeurait 7, rue de l’Oseille à Paris en 1831. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Ariège.