Sassot, Charles, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1805. Marchand épicier, 3, rue des Poulies. Le 29 juillet, à la prise du Louvre, il releva un vieillard, tombé blessé de trois balles tirées par les Suisses depuis la colonnade du Louvre ; il le transporta à l’hôpital de la Charité avec le concierge de la maison : « Notre traversée de la rue des Poulies au faubourg Saint-Germain ne s’est faite que sous le feu de nos ennemis, quoique, cependant, nous n’avons rien reçu. De retour à la maison, ma seule occupation a été de tirer sur les Suisses qui étaient en embuscade derrière les colonnes ainsi que former des barricades [le reste est illisible…]. » Il comparut, le 13 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester connaître parfaitement Coquet, Pierre, François, Félix et « savoir qu’il a combattu pendant les 27, 28 et 29 juillet et que le 29 juillet il a été blessé à l’épaule droite par une balle, en combattant place du Palais-Royal ». Il signa un certificat en faveur de Boisard comme un des « témoins oculaires [de] la conduite courageuse de ce brave citoyen […] qui s’est courageusement battu les 28 et 29 juillet, notamment à la barricade de la rue des Poulies » et qui s’étonnaient qu’il n’eût pas été appelé à la Commission de leur arrondissement, quoiqu’une note en sa faveur y eût été déposée et réclamèrent pour lui la décoration de Juillet. Il signa le certificat en faveur d’Henry, Joseph, Adolphe et ainsi rédigé : « Les soussignés […] certifient et attestent que le sieur Henry, Joseph, Adolphe […] s’est trouvé à la prise du Louvre et à la barricade de la rue des Poulies, où il a combattu les armes à la main et qu’ensuite il s’est transporté place du Palais-Royal où il a également combattu avec un courage digne d’éloges. » Il signa le certificat suivant en faveur de Kibourg, Jean-Jacques, Paul : « Nous, soussignés, certifions que monsieur Paul Kibourg, mercier, demeurant rue des Poulies, n° 2, s’est particulièrement distingué dans les journées des 28 et 29 juillet. C’est lui, le premier, qui a travaillé aux barricades de la rue des Poulies et Jean-Tison, sous le feu meurtrier des Suisses, brisait et portait des pavés dans tous les étages, donnait des secours aux blessés, est allé à la Banque, où il a essuyé plusieurs décharges et ensuite est allé à Rambouillet. » Il signa le certificat suivant en faveur de Martial, Célestin Hanssen : « Nous, soussignés, attestons que le nommé Martial, Célestin Hanssen, âgé de dix-neuf ans, demeurant chez son père, ébéniste, rue Bailleul, n° 11, a assisté à tous les combats qui ont eu lieu dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830. Le mardi 27, ce jeune homme sortit à 8 heures du soir, aida à casser les réverbères dans les rues Saint-Honoré, des Poulies et de l’Arbre-Sec, ensuite, aidé de quelques jeunes gens, il ferma le passage à la gendarmerie à cheval, en plaçant des cordes de la rue Saint-Honoré à la fontaine de la rue de l’Arbre-Sec. Le mercredi 28, il sortit à 9 heures du matin de la rue Bailleul, se joignit à douze gardes nationaux, dont quatre en bourgeois mais armés, les huit autres habillés, se rendit à la mairie du (ancien) IVe arrondissement, mais, passant rue du Roule, il fallut se faire passage à travers un détachement du 15e d’infanterie légère. Après avoir stationné quelque temps à la mairie, il se réunit à la légion improvisée et vint passer quelque temps sur la place du Louvre, et continua sur la place des Victoires, où l’on nous fit mettre sur trois rangs en présence de la ligne, qui, effrayée de notre imposante attitude, continua sa route sans oser nous attaquer. Notre légion fut ensuite conduite sur la place de la Bourse et on nous lut un ordre et ensuite nous nous mîmes en route parcourant les rues Montmartre, celle Montorgueil, aux acclamations de Vive la garde nationale ! Nous arrivâmes rue des Prouvaires, où nous reçûmes une décharge du 15e d’infanterie légère. Ce jeune homme, placé en tête, riposta à cette décharge qui frappa son voisin à la cuisse et ensuite se rendit à la halle à la viande, où pendant quatre heures il résista par un feu nourri aux tirailleurs de la ligne et de la garde, qui s’avançaient à chaque instant. Le 29 au matin, il travailla dès les 5 heures à la barricade de la rue des Poulies, sous le feu continuel des Suisses. Deux fois, la barricade fut reprise et trois camarades de ce jeune homme furent blessés grièvement. Il se plaça ensuite sous les [illisible] du Louvre, affrontant tous les dangers, tira sur les Suisses et se jeta ensuite sur le Louvre aussitôt que l’issue pour y entrer fut pratiquée. Du Louvre, il se rendit sur la place du Palais-Royal et se battit au coin de la rue Richelieu et pénétra dans la maison d’où l’on jeta les gardes royaux par les fenêtres. Le 29, il fit partie du poste établi hôtel d’Aligre, passa la nuit à faire de fréquentes patrouilles et, les jours suivants, il montra beaucoup de zèle et de dévouement. » Il signa le certificat délivré en faveur de Rabiat, Constant, Léonard, pour attester la participation de ce dernier aux combats. Il signa le certificat suivant en faveur de Durand-Brager, Vital, Denis : « Nous, soussignés, certifions avoir vu dans la matinée du 28 juillet dernier M. Durand, Vital, Denis, connu plus particulièrement sous le nom de Durand-Brager, négociant, capitaine de la 3e compagnie du 4e bataillon de la IVe légion, demeurant rue Bailleul, n° 11, lequel, accompagné de quatre citoyens habillés comme lui en garde national et armés, se porter du côté de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, d’où nous les avons vus revenir accompagnés de plus de deux cents citoyens et s’établir sur la place du Louvre, d’où ils ont été chassés par les feux des Suisses ; que le soir dudit jour, il a contribué aux barricades du quartier du Louvre et réunis à d’autres citoyens qui faisaient des patrouilles pour maintenir l’ordre et relever les barricades, dans la crainte d’une nouvelle attaque. Il est aussi à notre connaissance qu’il a fourni un grand nombre de pierres à fusil et qu’il a été fait dans sa maison des cartouches, les 28 et 29, qui ont été distribuées aux combattants établis aux barricades de la rue des Poulies et de la rue Saint-Germain-l’Auxerrois. » Il signa le certificat suivant en faveur de Forel, François : « Nous, soussignés, certifions avoir vu dans la matinée du 28 juillet dernier, le sieur Forel, François, ébéniste, ancien militaire, père d’une nombreuse famille et sergent dans la compagnie de grenadiers du 2e bataillon de la IVe légion, demeurant rue Bailleul, n° 11 ; lequel, accompagné de quatre autres citoyens, habillés comme lui en gardes nationaux et armés, se porter du côté de la mairie du (ancien) IVe, d’où nous les avons vus revenir accompagnés de plus de deux cents citoyens et s’établir sur l’esplanade du Louvre, d’où ils ont été chassés par les feux des Suisses ; et le 29 contribuer à la confection des barricades du quartier Saint-Honoré et faire des patrouilles pour maintenir l’ordre ; qu’il est à leur connaissance qu’il a fabriqué et fait fabriquer les 28 et 29 des cartouches qui ont été distribuées aux combattants établis à Saint-Germain-l’Auxerrois et rue des Poulies. » Il signa le certificat suivant en faveur de Cubeau, Antoine : « Nous, soussignés, attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Antoine Cubeau, ex-sergent-major au 59e de ligne, a montré, dans les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, un héroïsme digne des plus grands éloges. Nous avons vu ce brave, à la tête d’une poignée d’hommes, commander le feu à la porte Saint-Denis, sur les boulevards, dans les rues Saint-Honoré, du Coq et des Poulies, au Louvre et aux Tuileries ; partout, il semblait se multiplier, en dirigeant ses compagnons d’armes, qui le nommaient leur capitaine et lui obéïssaient comme les soldats à leur chef. C’est lui qui, accompagné d’un tambour, a proclamé sur les boulevards, dans les rue et faubourg Saint-Honoré, la nomination de l’état-major de la garde nationale. Après la victoire, nous nous sommes tous étonnés de revoir sans blessure un si courageux défenseur de la liberté et c’est pour rendre hommage à la vérité que nous nous faisons un plaisir d’attester une si noble conduite, qui mérite la sollicitude du gouvernement. » Il apostilla, le 7 octobre 1831, la lettre envoyée par Rambal, François, Amic, Elie à la Commission des Réclamants, afin de faire valoir ses droits à une récompense honorifique. Il comparut, le 12 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, pour attester avoir connu Estivin, François, Marie et savoir « que le 29 juillet dernier à 6 heures du matin le sieur Estivin, en combattant pour la liberté a été atteint au même instant de trois balles, dont une lui a traversé le côté droit et les deux autres le bras droit et la main gauche, qu’il est tombé immédiatement et transporté à l’hospice de la Charité, où il est décédé le même jour à 7 heures du soir ». En 1830, il était sergent au 4e bataillon de la IVe légion de la garde nationale. Archives de Paris VD6 277 in dossier Durand-Brager, Vital, Denis, idem in dossier Forel, François ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Henry, Joseph, Adolphe, idem in dossier Hanssen, Martial, Célestin, idem in dossier Kibourg, Jean-Jacques, Paul, idem in dossier Rabiat, Constant, Léonard ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 et in dossier Boisard ; Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Coquet, Pierre, François, Félix (sous le nom de Sassot, Charles, Jean-Baptiste) ; Archives nationales F/1dIII/54 in dossier Estivin, François, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Cubeau, Antoine ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Rambal, François, Amic, Elie.