Savalette, Isidore, Paulin
Biographie
Né le 3 septembre 1797 à Paris. Courtier de commerce. Le 23 janvier 1831, chef d’escadron aux Lanciers d’Orléans, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Permettez-moi de vous présenter ma réclamation pour la décoration spéciale votée par les Chambres pour les combattants de Juillet. Mes titres ont été envoyés par moi au (ancien) IIe arrondissement, qui, à ce qu’il me paraît, n’en a pas tenu compte. Je pense qu’il est de notoriété publique que, pendant les deux dernières journées, nul ne s’est plus exposé que moi et que peu ont fait un sacrifice plus complet de leur vie, que votre indigne et dévoué chef d’escadron. Je suis entré, par exemple, au Palais-Royal et pendant le feu, en escaladant les trois grilles de la rue du Lycée et ce à la vue de tout un quartier. Deux balles ont percé mon pantalon entre les deux cuisses, sans il est vrai me laisser d’autres traces qu’une éraflure légère. Ce détail ne serait qu’une puérilité si je n’avais à vous expliquer que perché sur ma grille je courais un danger réel et très grand. La première narration que j’ai faite de mes chétifs exploits vous est adressée, mon cher monsieur, certain que je sais que vous trouverez ma réclamation fondée. Je vous remercie à l’avance de votre coopération à me faire rendre justice. Cette décoration devant être à l’avenir un signe de ralliement pour les vrais amis de la patrie et de la liberté, j’y tiens plus qu’au grand cordon de la Légion d’honneur. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il signa, comme chef d’escadron de la garde nationale à cheval, le 17 septembre 1830 , le certificat suivant en faveur de Salel, Hippolyte : « Je certifie avoir M. Salel sur tous les points les plus dangereux pendant les journées des 28 et 29. Il est à désirer qu’un aussi brave citoyen ne reste pas sans récompense. » Il demeurait 21, rue des Bons-Enfants en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives de Paris VK3 52 in dossier Salel, Hippolyte ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement. Il y a in Archives nationales F/1dIV/S/4 Récompenses honorifiques un Savalette, lieutenant-colonel de la garde nationale à cheval de Paris, promu chevalier de la Légion d’honneur en 1830, nommé officier le 12 août 1853 et sur lequel un rapport de l’administration, en date du 10 août 1853, avait pourtant donné les renseignements suivants : « Le baron de Savalete (sic) est l’ancien entrepreneur de l’enlèvement des boues de Paris. Son nom a figuré dans plusieurs affaires peu honorables, notamment dans la loterie des lingots d’or. Ami de M. Montalivet, il passait sous la monarchie déchue pour dévoué au parti orléaniste. Après 1848, il devint un chaud républicain. Les anciens officiers de la garde nationale ont conservé le souvenir de l’opposition qu’il fit à l’élection de M. Trélat comme colonel de la légion, grade auquel il aspirait. Aujourd’hui le voilà napoléoniste et il se ralliera ainsi à tout gouvernement, quel qu’il soit. Il jouit dans la garde nationale à cheval d’une très médiocre considération, où, pour se mettre en évidence, il a cherché à semer le désordre. On ne craint pas dans ce corps de dire à haute voix qu’il est regrettable de voir le commandement de ce corps confié à un homme pour lequel on éprouve si peu de sympathie et qui ne doit sa position qu’à des cabales et à des intrigues. » On trouve sur son dossier la mention suivante : « Disparaît en 1862. » Il demeurait 18, rue Taitbout en 1855.