Savart
Biographie
Ancien sous-officier de la ligne. Il déposa, le 14 septembre 1831, un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il fit parvenir la lettre suivante à la Commission : « Ancien sous-officier de la ligne et prisonnier dans la mémorable et trop fatale campagne de Russie, j’ai retrouvé au milieu de mes concitoyens le même dévouement, la même abnégation dont en toutes circonstances on m’a vu au péril de ma vie faire preuve sur nos champs de bataille. Les immortelles journées de Juillet m’ont trouvé partout où se rencontrait le danger. Quelques connaissances militaires, beaucoup de patriotisme m’ont mis à même de servir la sublime impulsion et sur ce rapport j’ai le bonheur d’avoir acquis l’estime de mes concitoyens. Toutefois, messieurs, mes moyens me mettent à même de renoncer à toute réclamation pécuniaire. Je n’ai sous ce rapport fait aucune demande mais il est une récompense que j’envie et à laquelle je ne crains pas de dire que j’ai des droits réels, c’est celle des braves, c’est celle de Juillet, que je verrais avec orgueil briller sur la poitrine. Je joins ici les précieuses attestations prouvant la conduite que je m’honore d’avoir tenue dans nos grands jours. Puissent-elles, messieurs, être prises en considération par vous. J’ose l’espérer, etc. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de Paris et combattants de Juillet, appréciant autant que nous le devons la conduite courageuse et patriotique que le sieur Savard (sic), ancien sous-officier de la ligne, a tenue dans les trois immortelles journées, attestons et certifions sur l’honneur qu’il est à notre connaissance pleine et entière que les détails ci-après concernant ledit sieur sont conformes à la plus exacte vérité. Premièrement le 27 le sieur Savard (sic) se trouvant à son grand regret sans armes, s’occupa tout le jour de la confection des barricades. Deuxièmement, le 28 ledit sieur s’étant procuré des armes se trouva aux affaires du quai de la Cité, en regard du pont d’Arcole ; longtemps il y dirigea le feu de ses compagnons, soutint celui de l’ennemi avec le plus grand courage et déploya au milieu des blessés et des morts le sang-froid d’un vieux soldat et de dévouement d’un zélé défenseur de nos droits. Troisièmement le 29 constamment placé dans les environs du Palais-Royal, le sieur Savard (sic) commanda successivement plusieurs masses dont il guida les mouvements et sut autant par son habileté que sa bravoure employer utilement chacune d’elles à débusquer l’ennemi. En un mot nous attestons que par l’ensemble des services importants que rendit dans les trois jours M. Savard (sic) et dont les détails seraient trop longs ici, il doit être regardé par tous les amis de notre indépendance comme comptant au premier rang des hommes dont les connaissances et l’intrépidité ont fait triompher la cause de la liberté. C’est pour quoi, remplis de la plus haute estime pour chacune des actions dont s’honore M. Savard (sic) et rendant à sa belle conduite toute la justice qu’elle mérite nous nous sommes fait un consciencieux devoir de lui délivrer la présente attestation pour lui servir et valoir ce que de droit. » Signé le 6 septembre 1831 : Bacq, demeurant dans le quartier Saint-Eustache ; Cagé, demeurant dans le quartier Saint-Eustache. Il signa, le 6 septembre 1831, le certificat suivant en faveur d’Amagat, Guillaume : « Nous, soussignés, décorés de Juillet et combattants des trois jours, attestons et certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Amaga (sic), marchand de bois, s’est conduit avec le plus grand zèle et le plus grand courage aux affaires du faubourg Saint-Antoine et de la porte Saint-Martin, du Louvre et du Palais-Royal, que non seulement il a combattu vaillamment dans ces divers endroits mais que dans plusieurs autres il a soldé de ses deniers des hommes hors d’état de combattre et dont les efforts hâtèrent la confection des barricades. En foi de quoi, remplis d’estime pour la conduite du sieur Amaga (sic), nous nous sommes fait un devoir de lui délivrer la présente attestation pour servir et valoir ce que de droit. » Il demeurait 17, rue Jean-Jacques-Rousseau en 1831. Archives de la préfecture de police AA 370 in dossier Amagat, Guillaume, Archives de la préfecture de police AA 413.