Savy, Edme, Philibert

Biographie


Né vers 1775 à Paris. Réformé du service militaire en 1823, pour varices. Ebéniste. Il fut gravement blessé d’un coup de feu à la face, qui lui traversa la bouche et la gorge, le 28 juillet à la caserne des Célestins, rue du Petit-Musc (ou à la caserne du Petit-Musc ? mais le 29 juillet in Archives nationales F/1dIII/38 A en tout cas rue du Petit-Musc in Archives nationales F/1dIII/33). Il mourut, le 19 août, après des souffrances « plus que terribles », selon sa concubine. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues et les circonstances de son décès : « Je, soussigné, docteur en chirurgie, chef de l’établissement en faveur des indigents blessés, chevalier de la Légion d’honneur, etc., certifie que j’ai donné des soins au sieur Savy, Edme, Philibert, ébéniste, rue des Trois-Pistolets n° 2, atteint le 29 juillet (sic) dernier lors de la prise de la caserne des Célestins, d’un coup de feu qui lui a traversé la bouche et a ainsi déterminé une blessure à laquelle il a succombé le 19 août 1830. » Signé, le 13 septembre 1830 : Thierry, chirurgien. Sa femme (mais plus certainement sa concubine) reçut un secours de quatre-vingt francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Son nom est inscrit sur la liste des combattants secourus auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement (mais avec l’adresse du 3, rue des Trois-Pistolets). Le dossier fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Le 6 février 1830, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Giraud, Pierre, Edme, Jean, couvreur, demeurant 12, rue Saint-Antoine ; Dupas, Michel, Nicolas, Joseph, propriétaire, demeurant 17, place Saint-Jean ; Lapotaire, Etienne (voir ce nom), mécanicien, demeurant 18, rue aux Fers. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Savy, Edme, Philibert « et savoir que le 28 juillet dernier (sic) il a été atteint d’une balle dans la joue droite ; qu’ils l’ont vu dans son domicile dans l’intervalle de l’événement à son décès ; qu’ils ont été témoins de sa maladie et qu’il est décédé des suites de sa blessure, au bout de vingt-deux jours ; qu’il laisse une veuve et un enfant âgé de vingt-trois ans ». On trouve dans son dossier, deux certiificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Edme, Philibert Savy, ébéniste, demeurant rue des Trois-Pistolets n° 2, s’est toujours comporté avec honneur et probité et que depuis quinze ans que je le connais rien n’est parvenu sur la moralité. » Signé, le 27 septembre 1830 : Pion, principal locataire du 2, rue des Trois-Pistolets. Suivaient les signatures de : Marcille, demeurant 67, rue Saint-Antoine ; Guilbert, demeurant 34, rue de Charonne ; Frémont, demeurant 70, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Morisot ; Screva ; Houry illisible, demeurant 2, rue des Trois-Pistolets ; Vig..., demeurant 63, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habtiants du (ancien) IXe arrondissement de la ville capitale de Paris, ayant domicile et patentes dans le quartier de l’Arsenal, certifions et attestons par le présent que le sieur Savy, Edme, Philibert, ébéniste, demeurant rue des Trois-Pistolets n° 2, a, depuis de nombreuses années qu’il est domicilié dans le quartier, tenu une conduite exempte de tout reproche ; que son épouse légitime l’a quitté il y a environ vingt ans, sans aucun sujet ; que depuis cette époque la demoiselle Degouy, Marie, Claude, demeurant avec lui, a eu tous les soins pour lui, même dans une maladie grave après avoir connu son mariage légitime, fait venir l’épouse, qui n’a jamais voulu donner aucun soulagement au malade. Nous attestons en outre que le sieur Savy, Edme, Philibert, ébéniste, ayant été frappé le 29 juillet 1830, un des jours mémorables de la révolution si glorieuse, par un coup de feu à la prise de la caserne des Célestins, dont la balle a traversé la bouche et la gorge et ainsi après de longues souffrances par suite de cette blessure il en est décédé le 19 août 1830, que personne que ladite demoiselle Degouy, Marie, Claude a eu soin de lui ; que son épouse légitime n’a même pas daigné le voir ; que ladite demoiselle Degouy s’est comportée d’une manière admirable, sacrifiant tout et même contractant des dettes plus qu’onéreuses, portant sa ruine absolue, tant pour les besoins du défunt sur son lit de mort que pour lui faire élever un monument au cimetière et qu’ainsi nonobstant de sa conduite tenue à cette époque mais pour tout le temps qu’elle demeura au quartier nous n’avons pas un instant laissé de la considérer comme digne des bienfaits du gouvernement. » Signé, le 11 avril 1831 : Pion, principal locataire ; Morisot. Suivait l’apostille suivante : « Je certifie que depuis dix ans que j’habite la maison qui fait face à celle où logeait le défunt, je n’ai connu la dénommée ci-dessus que sous les rapports les plus avantageux. Il est de plus à ma connaissance qu’elle donna les plus grands soins au sieur Savy, blessé mortellement et en ma présence dans les mémorables journées de Juillet. » Signé : Ménétrier, demeurant 4, rue du Petit-Musc. Son son dossier, figure, en date du 9 mars 1830, une déposition faite devant le commissaire de police du quartier de l’Arsenal, par : Screva, Jean-Baptiste, limonadier, demeurant 6, rue du Petit-Musc ; Morizot, Henry, Rémy, propriétaire, demeurant 2, rue des Trois-Pistolets. Sur leur témoignage, le commissaire avait délivré un certificat pour attester que Savy, Edme, Philibert « résidant dans le quartier depuis sept ans […] n’a donné lieu à aucune plainte contre lui ; que sa conduite est bonne, qu’il jouit de l’estime de ses voisins et qu’enfin il est de bonnes vie et mœurs ». Il laissait une veuve, Pimolinier, Françoise, née le 10 août 1784 (mais le 11 août 1784 in Archives nationales F/1dIII/35 A) à Paris, qui reçut un secours de cent vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, et deux cent quatre-vingt-quinze francs de secours (dont vingt-cinq francs le 31 août, soixante francs le 7 septembre, quinze francs le 1er octobre) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (à moins qu’il ne s’agisse de la concubine). Elle présenta un certificat de vie, signé des dépositions de : Lapotaire, Etienne (voir ce nom), mécanicien, demeurant 18, rue aux Fers ; Galtier, Joseph, tailleur, demeurant 27, rue de la Cossonnerie. La veuve fut pensionnée de cinq cents francs et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs, malgré les réclamations de la concubine, Degouy, Marie-Claude, née vers 1780, qui vivait avec Savy depuis dix-neuf ans et qui exposa à la Commission des récompenses nationales qu’elle avait, seule, des droits à une pension. Elle expliqua qu’elle avait reçu, il y a dix-neuf ans, une promesse de mariage de la part de Savy, qu’elle n’apprit qu’en 1813 l’existence d’une épouse légitime, à l’occasion d’une maladie de son ami, et qu’« elle s’empressa de faire prévenir l’épouse légitime, la femme Savy, mais celle-ci renonça à toute humanité, refusant de recevoir son époux et de lui porter aucun secours » ; elle ajoutait que son épouse avait « refusé d’aider le malheureux même sur son lit de douleur », qu’elle n’était pas allé à l’enterrement et l’accusait de se livrer « journellement à la débauche donnant des mauvais exemples à un fils, repris de justice ». Devant l’insuccès de ses démarches, la concubine réclama au moins le remboursement des soins qu’avaient nécessité les blessures de Savy « sur son lit de malheur » et les frais d’obsèques au cimetière du Père-Lachaise, soit cent quarante-cinq francs pour le prix du monument qu’elle avait élevé et vingt-neuf francs de frais d’ensevelissement, pour lesquels elle avait contracté des dettes et mis des objets en gage au mont-de-piété. Un certificat de notoriété constatait que Degouy avait eu une conduite admirable pour son ami et lui avait donné les soins les plus attentifs ; la police donna sur le compte de Degouy les renseignements suivants : « Les renseignements recueillis sont favorables à sa moralité ; toutefois elle paraît avoir donné un successeur à son ancien ami, le sieur Savy. Comme ce dernier, l’ouvrier qui vit avec elle est un ébéniste. Jusqu’à présent son nouveau compagnon ne manquant pas de travail, l’aisance paraît régner dans le ménage et, sans vouloir dire que cette femme possède de grandes ressources, elle paraît ne manquer de rien, jusqu’à présent au moins. Ses liaisons intimes avec Savy dataient de quinze ans au moins. » Il lui fut cependant accordé, en tant que cas exceptionnel de veuve, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Savy avait un fils, né vers 1807, dont la mère était Pimolinier, Françoise, et qui, en 1830 sur les listes de la mairie, était à l’armée. Le 24 juillet 1840, les restes de Savy furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, place de la Bastille. Savy demeurait 30, rue du Faubourg-Saint-Antoine en 1823 ; 2, rue des Trois-Pistolets, un logement de cent vingt francs par an, de 1827 à 1830 ; sa veuve, 23, rue de la Ferronnerie en 1831 ; sa concubine, toujours 2, rue des Trois-Pistolets en 1831. Le nom de Savy (E.-P. Savy) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 45 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 50 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 97 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 114 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels de veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement, p. 107, liste nominative des cas exceptionnels de veuves du IXe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 (sous le nom de Degony, Marie-Claude) ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Citoyens du (ancien) IVe arrondissement dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Liste des morts, pensions, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VK3 42 (couverture du dossier Château Giron) ; Archives nationales F/1dIII/33 relevé des informations prises par la préfecture de police sur les personnes désignées et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IVe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) IVe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, (ancien) IXe arrondissement, dossier non blessés indemnitaires ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de Degout) ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Bastelica ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, veuves ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, cas exceptionnels de veuves et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IXe arrondissement, cas exceptionnels de veufs ou veuves (sous le nom de Degouy, Marie-Claude) ; Archives nationales F/9/1157, dommages de Juillet, objets généraux (1830-1834), état des renseignements demandés à M. le préfet de police sur les dénommées ci-après ; Archives de la préfecture de police AA 420. Puymolinier, Anne, née vers 1786, fit une demande de secours en 1844. Elle soutenait avec sa sœur, Savy, leur vieux père âgé de quatre-vingt-treize ans en 1841, alité et paralysé depuis seize ans. Savy, décédée était bénéficiaire d’une rente viagère de cinq cents francs. Restée seule à devoir subvenir aux besoins de son père, Puymolinier sollicita un secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Marchande de verdure à la halle aux Innocents. Elle prend soin de son père, vieillard de quatre-vingt-quatorze ans et est favorablement représentée sous tous les rapports. » Elle demeurait 8, rue de la Ferronnerie escalier 16 en 1841. Archives nationales F/1dIII/73. C’est marqué voir Savy, Lazare sur le dossier. Est-ce que Savy, Lazare n’est pas le père de Savy, Edme Philibert et toucherait une rente viagère de cinq cents francs à titre d’ascendant ? Il n’y a pourtant rien sur les listes du (ancien) IVe arrondissement… La veuve et la belle-sœur de Savy, Edme, Philibert se serait occupé de Savy, Lazare pendant toutes ces années ?

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