Schram, Pierre, François
Biographie
Né le 27 juin 1801 à Poissy (Seine-et-Oise). Garçon de magasin. Il était le fils de Schram, François, Jean, qui mourut le 30 juillet, des suites de la blessure qu’il avait reçue en combattant dans la rue Saint-Denis. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, propriétaires, marchands patentés et domiciliés à Paris, quartier de la halle aux fruits, légumes et aux environs, certifions que, dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, nous avons vu et remarqué à plusieurs reprises que le sieur Pierre, François Schram, ouvrier de magasin chez MM. Renaud et Duy illisible fils, commissionnaires en farine, rue de Grenelle-Saint-Honoré, n° 51, s’est montré et a défendu avec une énergie rare et une intrépidité remarquable contre les troupes qui s’opposaient à l’élan national de tous les citoyens armés pour la conquête de la liberté ; qu’il s’est montré dans toutes les affaires et sur tous les points, où il a combattu avec un courage digne d’éloges ; que ses efforts ont été signalés non seulement dans le quartier de la halle le 27 mais encore et quoiqu’il fut harassé de fatigue, les 28 et 29 juillet aux affaires du Palais-Royal et du Louvre, où le danger qu’il courait était si imminent que son père, qui se battait aussi à ses côtés, est mort dans le combat. Enfin que, n’écoutant que son courage héroïque, cette perte cruelle ne l’a point déconcerté et qu’il a suivi les phalanges victorieuses des corps armés qui se sont portés sur Saint-Denis, Saint-Cloud et Rambouillet. » Signé le 11 août 1830 : Renault aîné et Veuf illisible, François ; Remy, demeurant 30, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Fortin ; Mahuéja illisible ; Roche ; Legrand ; Dupuis ; Simonnet et Rozet, entreprise de roulage ; Jamain ; Marelle ; Porquerel ; Cordier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il sollicita une place de compagnon fort à la halle aux fruits et légumes. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 29 juin, et son brevet le 20 octobre 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1834, il demanda un duplicata de son brevet, qu’il avait perdu au cours d’un déménagement. Il fit partie d’une délégation de décorés de Juillet (vers 1846), qui se plaignirent que, quoique pauvres, ils n’avaient reçu aucun don à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Cette délégation fit parvenir au roi la lettre suivante (dont nous avons tenté de rétablir le sens et l’orthographe défaillants, N.D.A.)
« A Sa Majesté, le roi des Français,
»Sire,
»Messieurs les décorés de Juillet se font l’honneur de déposer aux pieds de Votre Auguste Personne leurs hommages et leurs souvenirs. Dans ce jour louable où nos bras et nos cœurs ont fait triompher la sainte cause populaire, nous venons de nouveau déposer dans le sein de Votre Auguste Personne et Famille notre honneur et nos serments. Nous, Sire, qui tant de souvenirs de Votre Auguste Personne ont de longtemps versé dans la coupe du malheur et de l’infortune le ruisseau du bienfait, nous venons déposer dans le cœur du père de la patrie, nos souffrances, nos privations et nos manques de travaux. Car si juillet est un jour de gloire, serait-il pour nous un jour de souffrance et de misère de plus ? non, Sire, votre âme et votre cœur généreux ne pourront souffrir que les triomphateurs d’une cause si belle et si juste soient à la poignée (sic) de la misère et de la souffrance. Sire, le trône de Juillet sur lequel sont placés Votre Personne Auguste et vos généreux enfants est l’arche sainte du peuple français, sur lequel l’âme et le cœur du roi brillent de la douceur et du feu de la liberté. Mal à qui y pense et malheur à qui y touche. Sire, ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire, seraient-il oubliés par vous. Laisserait-on ces généreux enfants mourir de misère et de faim. Votre âme est trop belle pour nous priver de notre belle patrie. Car la patrie à l’ouvrier laisse le travail, c’est là son honneur ! Nous qui sommes des hommes de famille, nous qui sommes les héros de Juillet et le soutien de la monarchie présente et à venir, nous sommes pauvres, nous n’avons pu faire aucune économie cet été, par le manque de travaux, les substances chères, les loyers d’une cherté colossale et sans remise. Voilà la misère de ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire. Sire, nous avons l’espérance que nos cris de détresse seront entendus par Votre Auguste Personne et généreux enfants et que le père de la patrie n’oubliera pas les héros de Juillet, que notre recommandation et supplique ne sera pas oubliée, que votre faveur y fera droit et justice. Vive le roi et la sainte cause de notre liberté. » (Voir la liste des signataires à Blanchard, Charles). Il apostilla en mai 1848 et comme décoré de Juillet la demande que fit Joulain, François qu’on lui procurât un travail, parce que sans travail. Il reçut un secours de quarante francs en 1849 et en 1850, un secours de cinquante francs en 1851, en 1852 et en 1853, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 1, rue Oblin en 1830-1831 ; 15, rue des Prêcheurs en 1834 ; 33, rue et pillier de la Tonnellerie en 1846-1850 ; 2, rue aux Fers en 1851 ; 6, rue Sainte-Opportune en 1852-1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/33 état nominatif des emplois présentés par la Commission des récompenses nationales à M. le préfet de police ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74 (sous le nom de Schram, François, Pierre), idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92 (sous le nom de Schram, Pierre, François), idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 (sous le nom de Schram, Pierre, François), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Schram, François, Pierre), idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 (sous le nom de Schram, François), idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853 (sous le nom de Schram, François, Pierre) ; Archives de la préfecture de police AA 395 in dossier Joulain, François.