Schweich, Max

Biographie


Négociant. Il ne sollicita la décoration de Juillet qu’en juillet 1831, expliquant avoir quitté Paris sitôt après la révolution, pour un voyage de plusieurs mois, et n’avoir pas pu faire valoir plus tôt ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales. Il récapitulait ainsi ses titres : « Depuis la distribution des décorations de Juillet, plusieurs de mes amis et voisins m’expriment de l’étonnement de ce que je ne l’avais pas reçue, en m’observant que beaucoup la portait sans avoir plus de titres que moi. Sur leur instance, je me décide, non sans peine, car il m’est pénible de parler de moi, à vous faire mes réclamations. Patriote et père de famille, ce n’est pas une récompense que je sollicite mais un souvenir, à laisser à mes enfants, de notre glorieuse révolution. Voici mes titres. Je ne dirai rien de ma conduite depuis la parution des ordonnances jusqu’au 28 à 11 heures du matin, où j’ai contribué avec les voisins d’un établissement que j’ai rue de Beauce, n° 20 à désarmer le poste du Temple, occupé par un détachement du 53e de ligne. De là, je fus rue Saint-Martin, où j’ai été atteint d’une balle qui m’a traversé mes vêtements ; grâce au cuir et à la boucle de ma brettelle sur laquelle la balle s’est amortie, j’en ai été quitte pour une contusion, qui a été guérie au bout de quelques jours. La dame Kich Javol et son commis, habitant la maison n° 68, se sont trouvés à mes côtés au moment que j’ai été frappé. Depuis ce temps, je n’ai manqué ni garde ni rappel et ma conduite dans diverses occasions n’a pas été sans danger. Quelque temps après la révolution (je ne me rappelle pas les dates), je descendais la garde du Palais-Royal. Arrivé rue Sainte-Avoye, je vis un grand tumulte et des cris partant de ce point, que des gendarmes déguisés cherchaient à désarmer les hommes de garde dans ladite rue. Je me suis joint au poste et nous avons désarmé et arrêté une douzaine d’hommes que nous avons préservés du grand danger, en les conduisant à la préfecture de police. La foule n’a cessé de nous entourer en criant A l’eau les gendarmes ! C’était des recrues pour la garde municipale, armées imprudemment de piques. Le jour où la populace excitée marchait sur Vincennes, on me demanda pour renfort audit château, le 2e bataillon de ma légion ne se trouvant pas assez fort, je me suis présenté avec une partie de ma compagnie à marcher avec et nous avons passé la nuit dans la cour du château. La veille du prononcé de la condamnation des ministres, j’étais éloigné de mon quartier, lorsque j’entendis le rappel. Je cours chez moi m’habiller. Le bataillon était parti pour l’intérieur du Luxembourg. J’ai traversé toute la population qui a tenté de me désarmer à plusieurs reprises sur le Pont-Neuf et la rue Dauphine. Enfin j’ai rejoint le bataillon à 10 heures du soir à la grille de l’Observatoire, que nous avons quittée à 1 heure du matin. Le lendemain, un détachement de la compagnie dont je faisais partie a reçu l’ordre de garder le Pont au Change, où l’on nous a laissés trois heures par une pluie battante et entourés d’une foule de mécontents qui nous jetaient des pièces. Plusieurs des nôtres ont été atteints. Beaucoup ont manifesté de quitter ce poste, à quoi je me suis opposé formellement jusqu’au moment où on est venu nous relever. A l’affaire de Saint-Germain-l’Auxerrois, je suis resté sous les armes jusqu’à minuit. Le lendemain à 5 heures du matin, le rappel m’a retrouvé dans les rangs. A 9 heures, le roi nous passa en revue, au moment du défilé, notre compagnie, se trouvant placée près de la grille de l’arc de triomphe, a reçu ordre de sortir pour secourir plusieurs gardes nationaux aux prises avec une centaine d’individus, et nous sommes parvenus à les dégager. J’ai été appelé pour ce fait à déposer devant le procureur du roi. Tous ces faits avancés ci-dessus sont connus par messieurs les officiers et chasseurs de ma compagnie. Une grande partie ont voulu m’honorer du grade d’officier aux dernières élections. J’ai refusé, trouvant les épaulettes de laine aussi honorables que celles d’argent. » Il était garde national à la 4e compagnie du 3e bataillon de la VIIe légion de la garde nationale. Il demeurait 2, rue de Touraine dans le Marais en 1831. Archives nationales F/1dIII/75.

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