Scipion, Michel
Biographie
Le 14 août 1830, il adressa la lettre suivante au maire du (ancien) Ier arrondissement : « Michel Scipion, homme de couleur, toujours reconnaissant de la faveur que vous avez bien voulu lui faire, en 1820, en l’admettant au convoi funèbre de S.A.R. Mgr le duc de Berry, a celui de se présenter devant vous pour réclamer de votre assistance le moyen de remédier au mal qu’il éprouve par suite des événements qui se sont succédé. Le 3 de ce mois, il se trouvait près de la Chambre des députés, lorsque le roi, exposé par la manifestation joyeuse du peuple, dont plusieurs fatiguaient le cheval en s’attachant à sa croupière, je m’en approchai pour le délivrer de ces importunités dangereuses, je fus atteint par derrière à la cheville du pied droit par le pied du cheval de son premier aide-de-camp, ce qui m’a valu une blessure dont je souffre et qui ne me permet pas de marcher et de me livrer au travail. Cet exposé d’un sujet fidèle, qui a le grand avantage d’être connu de Sa Majesté, et ce que vous pouvez faire vérifier, a été mis sous ses yeux, mais ses grandes occupations ne lui permettent pas de voir tout ; le suppliant vous prie de lui accorder le certificat qu’on lui dit être indispensable pour obtenir de l’autorité municipale les moyens de se faire panser. » Le 5 septembre 1830, il adressait la lettre suivante au général Lafayette, comme commandant la garde nationale : « Michel Scipion, homme de couleur, privé de tous moyens d’existence, attendant la solution de ses droits à l’indemnité de Saint-Domingue, repoussé par le ministre de la Marine, qui est assez injuste pour ne pas l’admettre au partage des secours accordés aux colons, Scipion, qui a pris les armes et travaillé aux barricades pendant les trois jours, Scipion, sans pain, sans appui, et son camarade avec lequel il demeure sont encore commandés pour le service de la garde nationale. Ils sont tous deux disposés à y figurer si par votre puissante protection, prenant leur sort en considération, vous voulez bien, général, les faire admettre, l’un et l’autre, comme musiciens. Ils osent espérer cette insigne faveur de votre extrême bonté et en particulier Scipion a l’honneur de vous présenter son profond respect et d’être, etc. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il demeurait 9, rue Froidmanteau en 1830. Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92.