Scroupsal, Emile, Gabriel
Biographie
Né vers 1813 à Paris, fils aîné de Scroupsal, Jacques, François et de Goron, Victoire, Charlotte, son épouse. Mécanicien. Il fut blessé d’un coup de feu au côté droit de la poitrine, ou au foie), le 29 juillet pendant l’attaque de la caserne de Babylone. Soigné à l’hôpital du Val-de-Grâce et à l’hôpital Necker, il mourut des suites de sa blessure, chez ses parents le 15 août suivant. Il fut enterré, le 17 août 1830, au cimetière du Montparnasse. La France nouvelle, nouveau journal de Paris du 21 août 1830 donne les détails suivants sur les circonstances de son inhumation : « A l’occasion des funérailles du jeune Emile, Gabriel Scroupsal, mort à la suite des blessures reçues à l’affaire de la caserne de Babylone, il s’est présenté des incidents tellement intéressants qu’ils méritent d’être consignés. Les frais du convoi ont été faits par la mairie du XIIe arrondissement ; le curé de Saint-Jacques-du-Haut-Pas n’a pas même voulu recevoir une offrande volontaire offerte par les nombreux assistants : le montant, s’élevant à 36 francs, 36 centimes, a été déposé par le pasteur dans la caisse des blessés. Il restait un dernier devoir à remplir. Arrivés à la porte du cimetière du Montparnasse, où le corps devait être mis dans la fosse commune, vu l’honorable pauvreté de la famille du défunt, trois citoyens, MM. Berger, Découflé et Malvin (ce dernier a été blessé le 27 juillet), firent une collecte qui s’éleva à 68 francs et 65 centimes, et qui fut de suite employée à faire l’acquisition d’une fosse particulière, où furent placés les restes du généreux défenseur de nos libertés. » Il avait reçu un secours de soixante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le 19 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement. Le 19 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Brame, Jules (voir ce nom), né vers 1809, étudiant en droit, demeurant 91, rue de Seine ; Bonnomet, Pascal, né vers 1808, tailleur d’habits, demeurant 3, rue des Châlets ; Grifeuille, François, né vers 1781, marchand chaudronnier, demeurant 305, rue Saint-Jacques ; Lebrun, Jean-François (voir ce nom), né vers 1796, compagnon maçon, demeurant 324, rue Saint-Jacques. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Scroupsal, Emile, Gabriel et « savoir qu’il a combattu dans les journées de juillet dernier et qu’il a été blessé à la caserne de Babylone, d’une balle dans la région du foie et qu’il est mort des suites de sa blessure chez ses père et mère ». Le père, Scroupsal, Jacques, François, né le 8 mai 1780 à Paris, ancien concierge de l’Ecole polytechnique de 1810 à 1816, avait été licencié à cause de ses opinions trop prononcées, affirmait-il, et était mécanicien en 1831, inscrit au livre des pauvres du bureau de charité du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut un secours de cinquante francs, le 2 mars 1831, un secours de quarante francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le père présenta un certificat médical pour attester qu’il souffrait d’une hernie inguinale et d’un crachement de sang. Il fut pensionné avec sa femme, Goron, Victoire, Charlotte, née le 23 août 1781 à Paris ; père de quatre autres enfants, il sollicita auprès de Lafayette que son autre fils, né vers 1815, pût entrer dans une école militaire. Il leur fut aussi accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le 24 juillet 1840, les restes de Scroupsal furent exhumés du terrain situé au cimetière du Montparnasse, où ils avaient été placés, puis ces restes furent renfermés dans un cercueil avec douze autres, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Scroupsal demeurait chez ses parents, portiers 298, rue Saint-Jacques (une fois sur deux donc sans doute par erreur 198, rue Saint-Jacques, in Archives de Paris VK3 22), en face de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce ; ses parents, à la même adresse en 1831. Scroupsal était célibataire. Le nom de Scroupsal (E.-G. Scroupsal) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Voir Desportes. Le Constitutionnel, 18 août 1830 ; Le National, 19 août 1830 ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 45 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 50 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (ascendants) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (ascendants), idem (deux listes de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.