Sebire dit Beaupré, Céleste
Biographie
Né le 29 ventôse an VII (19 mars 1799) à Lisieux (Calvados), fils de Sebire, Louis, André, parfumeur, et de Lemarchand, Marie, Catherine, son épouse. Fils d’un commis d’un commissaire de police de Rouen (Seine-Maritime), lui-même marchand de draps ou commis in Archives nationales F/1dIII/39 ou commis marchand in Archives nationales F/1dIII/34. Il était, le 28 juillet, rue de la Poterie et faisait feu sur les militaires stationnés sur la place des Innocents, quand il fut blessé de deux coups de feu, dont l’un nécessita l’amputation de la cuisse droite. Le National du 2 août 1830 rapporta dans ces termes sa conduite : « Arrivé la veille à Paris ; rempli des nobles sentiments qu’inspire la liberté, il a pris les armes et s’est joint à nos jeunes Parisiens. Embusqué près du marché des Innocents, il a planté l’étendard sur une barricade, malgré la mitraille et les charges de mousqueterie qui étaient dirigées sur lui. Il allait le replanter une seconde fois quand une balle lui fracassa les deux jambes. » Il fut soigné à l’hospice Dubois et amputé d’une jambe, l’autre jambe souffrant d’une nécrose, blessures équivalent selon la commission à la perte de deux membres. Il reçut (sous le nom de Sibire, Célestin) un secours de cent vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de cinquante francs le 15 octobre 1830, un secours de vingt francs le 3 novembre 1830, un secours de cinquante francs le 1er décembre 1830, un secours de cinquante francs le 15 décembre 1830, un secours de cent francs le 15 janvier 1831, un secours de cent francs le 2 février 1831, un secours de quarante et un francs et soixante-cinq centimes le 15 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions avoir vu le sieur Sebire, dit Beaupré, armé, parmi nous dans la journée du 28 juillet et l’avons vu sur les 6 heures à 7 heures, rue de la Poterie, faisant feu sur les militaires qui étaient sur la place des Innocents. Nous l’avons perdu de vue sur les 7 heures et demie à peu près et nous n’avons plus entendu parler de lui que quelques jours après, qu’il nous fit savoir qu’il était chez M. Dubois et qu’il avait les deux jambes cassées. » Signé, le 29 novembre 1830 : Reneaume, A., demeurant 4, rue des Mauvaises-Paroles ; Bordet, demeurant 3, rue des Mauvaises-Paroles ; Dalligny, demeurant 5, rue des Mauvaises-Paroles ; Deglet, demeurant 8, rue Thibaudoté ; Gioux, sous-lieutenant, demeurant 15, rue Thibaudoté ; Borliat, demeurant 7, rue des Bourdonnais ; Bosselet, demeurant 3, rue des Deux-Boules. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement.
Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 22 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme à feu, l’une au genou droit avec fracas de l’articulation, laquelle a nécessité l’amputation de la cuisse ; l’autre à la partie supérieure et antérieure du tibia gauche, avec nécrose d’une grande partie de cet os ; cette dernière blessure, non encore cicatrisée, toutes deux équivalant à la perte de deux membres. » Il fut admis dans la 7e classe des blessés et pensionné de mille francs. Il lui fut accordé (sous le nom de Sébire dit Beaupré, Céleste) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il demeurait 17, rue des Versiettes à Rouen en septembre 1830 ; à l’hospice Dubois en 1831 ; 17, rue des Versiettes à Rouen en 1831 mais rue Saint-Lô à Rouen in Archives nationales F/1dIII/34. Le Constitutionnel, 2 août 1830 ; Le National, 2 août 1830 ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 276 ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 52-53 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 156 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, cinquième édition, Paris, Audot libraire, 1830, p. 184-185 ; La Révolution de 1830, ou Histoire des événements qui ont eu lieu dans Paris, les 27, 28, 29 et 30 juillet, par un témoin oculaire, Paris, Philippe, libraire, 1830, p. 66 ; La Quinzaine mémorable. Evénements arrivés à Paris du 26 juillet au 9 août 1830, avec la nouvelle charte constitutionnelle adoptée le 7 août ; ouvrage dans lequel on trouvera de nombreux faits avérés mais peu connus, Simon Blocquel, Paris, Delarue, s.d. p 81 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, Paris, imprimerie et fonderie de Fain, 1830, p. 151 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 93, 113 ; Révolution française ou journées sanglantes des 27, 28 et 29 juillet 1830, César Gardeton, Paris, Chassaignon 1830, p. 23 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 97 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 3, liste liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Desportes ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 7e classe.