Seguien, Pierre, Nicolas, Joseph

Biographie


Né le 7 avril 1783 à Nancy (Meurthe). Ancien marchand et fabricant bijoutier, devenu employé dans une administration. Père de sept enfants, « dont un, à l’exemple de son père, a eu l’honneur de se battre pendant trois jours, trop heureux d’exposer ses jours pour une si belle cause », il sollicita un emploi à l’Hôtel des monnaies ou comme contrôleur de la garantie d’or et d’argent. Sa lettre était apostillée favorablement par Fabvier, procureur général à la cour royale de Nancy, Marchal, député de la Meurthe et il se disait « connu avantageusement de M. le baron Athalin, lieutenant général aide-de-camp du roi et de M. le général comte Drouot ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, gardes nationaux et volontaires bourgeois du (ancien) IVe arrondissement de la Ville de Paris, certifions que M. Seguin (sic), Nicolas, Joseph, […], le 28 juillet dernier a travaillé avec intrépidité à former la barricade de la rue Saint-Honoré près la barrière des Sergents, sous le feu même de la garde royale du poste du Palais-Royal et a eu cinq hommes (volontaires bourgeois) tués près de lui pendant le travail, qui a duré depuis 7 heures du matin jusqu’à 2 heures après-midi ; après quoi, il fut en tirailleur jusqu’à la nuit, rue Montesquieu. Le 29 du même mois, après avoir tiraillé dans la rue du Coq sur les Suisses enfermés au Louvre pendant trois heures, il s’est dirigé sur le quai aux Fleurs, où il a causé un grand dommage aux cuirassiers qui chargeaient les bourgeois ; dans la première rencontre, il en a tué deux et blessé un, après quoi, il est revenu de nouveau au Louvre, d’où il contribua à chasser les Suisses ; de là, à la prise du Palais-Royal, de même à celle du poste de la gendarmerie sur la place en face le Palais. Certifions en outre qu’il était toujours un des premiers aux diverses attaques et qu’en tant il s’est conduit an brave citoyen. » Signé le 12 août 1830 : Jubert ou Jaubert, sous-lieutenant en demi-solde, demeurant 23, rue du Bouloy ; Caffe illisible, « volontaire bourgeois des 27, 28 et 29 juillet 1830 » demeurant 21, rue du Bouloy ; Boissus, demeurant 21, rue Croix-des-Petits-Champs ; Chenel, ancien courrier de l’Empereur, demeurant 19, rue Jean-de-L’Epine ; Dubois, demeurant 25, rue du Bouloy ; Mallard ou Mollard, demeurant 24, rue du Bouloy ; Prèce illisible, Pierre, demeurant 26, rue de la Vieille-Place-aux-Veaux ; Perrin, Théodore (voir ce nom), avocat, qui certifiait « les faits qui se sont passés quai aux Fleurs et aux environs du Palais de justice » ; illisible (mais sans doute Rabot comme pour Coste, Eugène, les mêmes signataires…), demeurant 27, rue du Bouloy ; Jobert ou Robert, demeurant 21, rue du Bouloy (sans doute le Jubert, sous-lieutenant en demi-solde, demeurant 23, rue du Bouloy ?). Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Segneiu, Pierre, Nicolas, Joseph sur les listes du Moniteur universel et sous celui de Pierre, Nicolas, Joseph, sur celles du Bulletin des lois). Il signa le certificat suivant en faveur de Jourdain, Antoine, Joseph (voir ce nom) : « Nous, soussignés, gardes nationaux et volontaires, bourgeois du du (ancien) IVe arrondissement de la Ville de Paris, certifions que le nommé Jourdan (sic), Antoine, Joseph, demeurant à Paris rue de la Petite-Truanderie, n° 9, le 27 juillet dernier pendant toute la journée a été embusqué sur l’escalier de l’oratoire rue Saint-Honoré, d’où il n’a cessé d’inquiéter par une fusillade soutenue la garde royale établie au poste du Palais-Royal. Vers le soir, il fut faire la même manœuvre sur les Suisses à la pointe Saint-Eustache. Le 28 du même mois, rue des Prouvaires, il soutint de sang-froid plusieurs feux de peloton que le 15e léger faisait sur la garde bourgeoise. De là, il fut à la caserne Poissonnière, où l’un de nous le chargea d’escorter un officier du 5e de ligne fait prisonnier et qu’il remit sain et sauf chez lui, rue de la Tour-d’Auvergne, n° 1. Le 29, il travailla avec activité à former la barricade de la rue Saint-Honoré près la barrière des Sergents, sous le feu même de la garde royale, qui n’a cessé de tirer pendant le travail. Après quoi, il s’est porté à l’attaque du Louvre, où il a puissamment contribué par un feu soutenu à faire rentrer les Suisses dans l’intérieur. De là, il fut à l’attaque du Palais-Royal, du côté de la rue Montesquieu, ensuite à la prise du poste de la gendarmerie sur la place en face du palais, où il désarma, lui seul, trois gendarmes. Après quoi, il fut des premiers à débusquer les gardes royaux retranchés chez le chapelier, au coin de la rue Saint-Nicaise, et, sans prendre de repas, monta la garde deux nuits de suite à la porte des Messageries dite du commerce rue du Boulay, n° 23, où on avait établi un poste. Le 30, il fut à Sèvres, avec d’autres volontaires et contraignit plusieurs patrouilles de la garde à rentrer dans le village et à ne plus passer le pont. Après quoi, les jours suivants, il monta constamment la garde au poste de l’hôtel des Invalides. Certifions en outre qu’il s’est conduit en intrépide patriote. » Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 8 octobre 1831, par procuration de Griffez illisible, demeurant 27, rue Neuve-Saint-Martin. Il signa deux certificats en faveur de Coste, Eugène, Joseph, Louis, Léon (voir ce nom). Le premier était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, gardes nationaux et volontaires bourgeois de la ville de Paris (ancien) IVe arrondissement, certifions que le 29 juillet dernier à l’attaque du Louvre, du côté de la rue du Coq, un de nous venait d’être blessé d’un coup de feu, pour s’être trop avancé sur la place et était exposé à perdre la vie par la vive fusillade des Suisses enfermés au Louvre et de la garde royale retranchée à l’hôtel de Beauvais, rue des Fromentaux n° 3, quand M. Coste, Eugène, Joseph, Louis, Léon, qui depuis le matin combattait avec nous, fut le ramasser à travers une grêle de balles, le chargea sur ses épaules, tira son coup de fusil sur la garde, dont il renversa un homme qui l’ajustait pour s’opposer à son passage et fut porter le blessé à l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré. Ainsi, par son sang-froid, il sauva la vie à l’un de nos braves compagnons. Après quoi, M. Coste revint au feu et nous guida sur la place du Palais-Royal, où il enleva de vive force le poste de gendarmerie, où il pénétra le premier, sans donner le temps aux gendarmes de se reconnaître et après avoir essuyé le feu du factionnaire. Après quoi, il nous distribua en deux pelotons pour assiéger les maisons de la rue Saint-Honoré où s’était retranchés plusieurs soldats de la garde royale, qu’il fit prisonniers. » Le second était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, soldats de la garde nationale et volontaires bourgeois de la ville de Paris, certifions que le 27 juillet 1830, M. Coste, Eugène, Joseph, Louis, Léon est arrivé dans la capitale vers les 11 heures et demie du soir ; qu’instruit par la rumeur publique des attentats portés à nos libertés dès le matin de la journée du 28 du même mois, conjointement avec plusieurs de nous il dépava le devant de la maison n° 21, rue de Bouloy, où il avait passé la nuit, et porta les pavés dans les étages supérieurs, afin d’en armer les fenêtres de ladite maison. Après quoi, il fut à l’attaque du Louvre, où il se procura un fusil avec lequel il se battit toute la journée. Le lendemain 29, il contribua puissamment à la prise du Palais-Royal en escaladant le premier sous le feu de la garde royale la grille en face fermant la porte du côté et en face la cour des Fontaines. Après quoi, il se porta sur la place du Palais-Royal, où il sauva la vie à huit gardes royaux et à un Suisse, en leur faisant un rempart de son corps contre les volontaires bourgeois que la juste indignation portait à faire prompte justice en lavant du sang des soldats celui de leurs braves camarades massacrés autour d’eux. Dans cette occasion, M. Coste reçut même à la hanche droite divers coups qui le firent boiter pendant plusieurs jours. Certifions en outre, qu’en tout point, il s’est conduit avec honneur, bravoure et intrépidité. » Sur la recommandation de la Commission des récompenses nationales, il fut nommé aux Contributions indirectes, comme contrôleur de la garantie de la marque d’or et d’argent et affecté à Dunkerque.Il demeurait 21, rue du Bouloy, hôtel du Rhône, en 1830 ; à Dunkerque (Nord) en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Coste, Eugène, Joseph, Louis, Léon ; Archives de Paris VD6 278, idem in dossier Jourdain, Antoine, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/33 état des candidats recommandés par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dépendant du ministère des Finances ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.

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