Séguin, Jean, Pierre, Marie
Biographie
Né le 15 septembre 1800 à Paris, fils d’un officier légionnaire mort en 1831 à l’hôtel des Invalides. Ancien officier au 13e régiment d’infanterie de ligne, compositeur d’imprimerie en juillet 1830. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous les prénoms de Pierre, Marie in Archives nationales F/1dIII/39, et sous le seul prénom de Pierre sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel) . Son nom est, comme décoré de la Croix de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il y prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 7 juillet, reçut sa croix le même jour et son brevet le 19 août 1831. Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet ». Il fut affecté au 13e régiment d’infanterie légère, Il sollicita son indemnité de première mise en équipement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut condamné à un an de prison pour sa participation à l’émeute des 5 et 6 juin 1832, le 24 novembre 1832, par la cour d’assises de la Seine et ne se pourvut pas en cassation. Le 28 septembre 1832, ses deux sœurs, Aimée âgée de 19 ans, et Aspasie âgée de 11 ans, dont il était le seul soutien étant orphelines de père et de mère, sollicitèrent la grâce de leur frère. Le parquet fit le rapport suivant pour instruire la demande de grâce : « Cet individu fut remarqué le 6 juin dernier dans la rue de la Verrerie, organisant des moyens de résistance contre la force publique. Il paraissait commander à des hommes animés des mêmes intentions que lui et s’approchait souvent avec eux d’une barricade construite à l’entrée de la rue Saint-Martin. Il était porteur d’un sabre. Vers midi passa dans cet endroit un sieur Letermelier, voltigeur de la garde nationale, qui, après avoir passé toute la nuit précédente et le matin sous les armes, rentrait chez lui pour prendre un peu de repos. Il est assailli par Séguin, qu’accompagnaient huit ou dix hommes dont plusieurs, suivant quelques témoins, étaient armés. Le garde national, malgré sa résistance, est de vive force dépouillé de ses armes. Pendant que Ségui lui arrache son fusil et lui en porte le canon sur la poitrine, un autre individu lui enlève sa baïonnette, un troisième lui ôte son sabre et ses cartouches. Maître du fusil de Letermelier, Séguin marche vers la barricade de la rue Saint-Martin et un témoin le vit ajuster et tirer cette arme dans la direction des troupes qui stationnaient non loin de là. Mais bientôt les factieux se dispersèrent à l’arrivée d’un détachement de la garde nationale. Le lendemain, on trouva chez le condamné le sabre dont il était porteur la veille et le fusil de munition de Letermelier. Devant des charges aussi accablantes, il s’est borné à alléguer qu’on lui avait dit que ce garde national avait tiré sur la force légale et que lui Séguin l’avait désarmé pour aller combattre les rebelles. Mais rien de plus invraisemblable que cette allégation, démentie d’ailleurs par tous les éléments de l’instruction. En rapprochant la condamnation prononcée contre Séguin des chefs d'accusation justifiés par les débats, on ne peut s’empêcher de reconnaître qu’elle est marquée au coin d’une extrême indulgence. Il est malheureux sans doute que la captivité de cet homme place sa famille dans une situation critique, et telle qu’elle ait pu déterminer le sieur Letermelier lui-même à appuyer son recours en grâce car Séguin personnellement ne mérite qu’un médiocre intérêt. Il servait en 1826 dans le 31e régiment de ligne, lorsqu’un jugement du conseil de guerre le condamna à deux ans et cinq mois de détention pour insubordination. Sa conduite dans les journées de Juillet lui valut cependant la décoration et le grade de sous-lieutenant dans le 13e régiment de ligne. Mais, après une année de service, il fut rayé des contrôles. Plus tard, il parvint à se faire admettre au nombre des ouvriers de l’Imprimerie royale, et l’on voit comment il s’est montré reconnaissant de cette dernière faveur. » Le garde national Letermelier avait en effet appuyé la demande en grâce présentée par les deux sœurs de Séguin. La demande fut classée. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné (il est indiqué comme compositeur d’imprimerie sur les listes d’émargement de la mairie). En juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs et trente centimes, à titre de décoré non pensionné. Il reçut un secours de quarante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet, sa veuve, un secours de cinquante francs en 1851 et en 1852. Il demeurait 11, rue de la Bienfaisance en 1831 ; il donnait comme adresse pour lui répondre quand il sollicitait son indemnité 24, rue Galande, hôtel de Corbeil en 1831 ; 64, rue de la Verrerie en 1832 ; ses sœurs, 1, rue du Jardinet en 1832 ; 16, rue des Couronnes en 1836 ; 123, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1837 ; 40, rue Constantine ou rue Léon à La Chapelle en 1849 ; 6, rue Léon en 1850-1851 ; sa veuve, 12, rue de la Grande-Friperie en 1852. Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement, année 1837 ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales et aussi lettre en date du 18 juin 1831, adressée au ministre de l’Intérieur par le conseil d’administration du 13e léger ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales BB/18/1330, Etat des individus condamnés par la cour d’assises de la Seine, du 15 septembre au 18 octobre 1832, pour avoir pris part aux événements des 5 et 6 juin ; Archives nationales BB/22/51-66 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74 (où il est inscrit comme médaillé pour une instruction de secours), idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 86, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 (sous le nom de veuve Seguin, demeurant 12, rue de la Grande-Friperie, si c’est bien elle dont il s’agit).