Sellier père, Louis, François, Joseph
Biographie
Né le 30 mai 1772 à Abbeville (Somme). Ancien défenseur et commandant de la garde nationale d’Abbeville, condamné politique sous la Restauration puis commissaire-priseur à Tours (confirmé in Archives nationales F/1dIII/39) mais inspecteur des voitures de place in Archives de Paris VD6 633 n° 1. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait, sur proposition de Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric), l’ajournement de toute décision de récompense honorifique à son égard, laissant cette appréciation à son sujet (sans qu’on sache quelle importance on doit y attacher) : « On dit qu’il est en faillite. » Dans sa séance du 15 avril 1831, le même comité des renseignements levait la mesure d’ajournement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il sollicita un emploi aux halles ou marchés et obtint une place d’inspecteur des voitures au traitement de mille deux cents francs annuel. Il prêta, le 16 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet. En 1833, inspecteur au commissariat du quartier de la Sorbonne, il sollicita que le mariage de sa fille, Caroline, née vers 1801, fût doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet. Sa démarche fut l’objet des renseignements suivants transmis par le maire au préfet de la Seine, en date du 11 juillet 1833 : « M. Selllier, avant de vous adresser sa réclamation, était venu me voir. Décoré de Juillet et père de décoré aussi de Juillet, sa fille pouvait avoir des droits aux faveurs du gouvernement. Je pris des renseignements mais ils ne furent pas favorables ; voilà pourquoi la fille de M. Sellier ne figure pas sur ma liste. Quoi qu’il en soit, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser le 7 de ce mois, m’a engagé à prendre de nouveaux renseignement pour bien m’assurer que je n’avais point été induit en erreur. Voici ceux que j’ai pu recueillir. Mlle Sellier, âgée de trente-deux ans passés, ne demeure plus avec son père. Elle est domestique depuis trois ans chez un vieux garçon, nommé Dupuis, rue du Faubourg-du-Roule n° 110. Elle n’avait pas d’inclination lorsqu’elle a entendu parler des mariages de Juillet. A cette époque, son père lui aurait inspiré le désir de se marier ; un monsieur Lefebvre, vinaigrier, rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 245, l’ayant rencontrée chez une fruitière, l’aurait demandée en mariage. M. Lefebvre n’est âgé que de vingt-six ans. La différence des âges, le peu de temps que M. Lefebvre connaît Mlle Sellier, puisque cela ne remonte pas à un mois, m’ont fait craindre qu’une pareille union ne fût l’objet d’une spéculation sur la dot. Les renseignements que je me suis procurés sur M. Sellier père sont d’ailleurs peu favorables. Il fait mauvais ménage. Sa femme a été obligée de le quitter et il abandonne pour ainsi dire deux jeunes filles qu’il a avec lui. Interrogé par moi sur le motif qui l’avait fait séparer de sa femme et sur le domicile actuel de cette dernière, il m’a répondu que sa femme le volait pour [jouer] à la loterie et qu’il ne savait pas où elle s’était retirée. Sur mon observation qu’elle était sans ressources et exposée à toutes sortes de dangers, il m’a dit s’en soucier fort peu. Du reste, la fille ignore aussi la résidence de sa mère. M. Lefebvre, qu’on n’a pas mis dans la confidence, la croit en province par ordre de son mari. J’ai demandé à voir la mère, pour m’assurer par moi-même si elle consentirait au mariage mais je ne l’ai pas vue, soit qu’on n’eût pas retrouvé sa demeure soit qu’on n’eût pas jugé à propos de me l’envoyer. Ces renseignements vous suffiront, monsieur le préfet, pour vous mettre à même de juger si j’ai bien fait d’omettre sur ma liste le nom de M. Sellier. Avant de terminer cette lettre, je dois rendre cette justice à M. Tascherot, désigné par M. Sellier comme devant empêcher le mariage de sa fille par les mensonges qu’il m’a faits que c’est bien lui qui, le premier, m’a parlé de la fille de M. Sellier, qu’il m’en a parlé dans des termes favorables mais qu’ayant eu de nouveaux détails sur le compte de la famille entière il a appelé mon attention sur chacun de ses membres […] ; l’enquête [fut la raison] par suite de laquelle je n’ai pas porté M. Sellier comme candidat. M. Tascherot, par ses fonctions, s’est occupé beaucoup de nos blessés de Juillet. C’est lui que j’avais chargé de me procurer les premiers renseignements. Il l’a fait avec un dévouement sans bornes. Je dois dire qu’en toute occasion, il n’épargne ni peine ni soin pour nous être utile. » Il reçut, en juillet 1835 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de neuf francs, à titre de décoré de Juillet ; indisposé, il donna procuration à sa femme, pour toucher à sa place auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement cette allocation. Il reçut, en juillet 1836 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de quatre francs, à titre de décoré de Juillet. Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, à titre de veuve d’un décoré de la Croix de Juillet. Il était le père de Sellier, Pierre, Louis, Jules, médaillé de Juillet et d’un autre fils, sous-lieutenant au même 31e régiment où servait son autre fils. Il demeurait 29, rue de l’Hirondelle puis 12, rue Poupée en 1831 ; 21, rue du Plâtre-Saint-Jacques en 1835 (21, rue du Plâtre à une date inconnue mais sans doute comprise entre 1837 et 1840 in Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements) ; 2, rue de la Colombe en 1836 ; sa veuve, 20, rue Tirechappe, chez M. Tournier, en 1849-1850. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, lettre en date du 30 juillet 1835, convocations des décorés à la mairie, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VI1, 1835, Etat de répartition de la somme de quatre cents francs mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être distribuée à MM. les décorés de Juillet, idem 1836, Etat de répartition de la somme de deux cents francs affectée par M. le ministre de l’Intérieur à MM. les décorés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831, séance du 15 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 52 ; Archives de Paris VI1 1, mariages dotés par la Ville, juillet 1833, dossier Louis, François, Joseph Sellier ; Archives nationales F/1dIII/33 état nominatif des emplois présentés par la Commission des récompenses nationales à M. le préfet de police, aussi état des personnes désignées par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dans l’administration, aussi état, en date du 31 mai 1831, des personnes présentées par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois ou commissions à la préfecture de police ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134 ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires.