Senelle, Frédéric, Jean, Louis

Biographie


Né le 21 avril 1814 à Corbeil (Seine-et-Oise), il était donc âgé de seize ans en juillet 1830. Garçon perruquier chez Versepuy, 22, rue Aumaire. Le 28 juillet, porte Saint-Martin, alors qu’il combattait contre les gardes royaux, il fut blessé d’un coup de feu reçu à la cuisse gauche et qui lui fractura le fémur. Transporté d’abord dans une ambulance, il fut admis à l’Hôtel-Dieu le 20 ou 26 août, amputé, et mourut des suites de sa blessure, le 19 ou le 20 septembre suivant. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier de ses droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Le 28 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Delavarde, Louis, François, couvreur, demeurant 22, rue Aumaire ; Fenet, Edme, Louis, émailleur, demeurant 15, rue Aumaire ; Versepuy, isidore, perruquier, demeurant 22, rue Aumaire. Ils attestèrent que Senelle, Frédéric, Jean, Louis, garçon perruquier chez le sieur Versepuy, est sorti de chez lui, le 28 juillet dernier, pour se joindre aux défenseurs de la cause de la liberté et a été blessé à la porte Saint-Martin, d’un coup de feu tiré par la garde royale, et qu’il est mort le 20 septembre suivant, à la suite de l’amputation qui lui a été faite de la cuisse gauche ». Ses parents, les époux Senelle, Louis, né le 10 octobre 1788 (bien le 10 octobre 1788 dans son acte de baptême ; souvent mais par erreur le 11 octobre 1788) à Evry-sur-Seine ou Ivry-sur-Seine (arrondissement de Corbeil) (Seine-et-Oise), et Beaudet, Marie-Louise, Françoise, née le 23 mars 1791 (bien le 23 mars 1791 dans son acte de naissance) à Lisses (Seine-et-Oise), reçurent un secours de cent francs, le 17 août 1830, un secours de cinquante francs, le 7 septembre, un secours de cent francs, le 21 septembre, un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de vingt francs, le 7 juin 1831, un secours de vingt francs, le 11 juillet 1831, un secours de vingt francs, le 17 août 1831, un secours de quarante francs, le 3 octobre 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. En date du 25 novembre 1830, le maire de la ville de Corbeil délivra un certificat attestant que les parents « n’ayant aucun avoir personnel ni héritage quelconque à espérer restent chargés de trois enfants du sexe féminin et n’ont d’autres moyens d’existence que le faible produit de l’état de perruquier à barbe qu’exerce le mari, lequel subvient si difficilement aux besoins de la famille qu’il y a déjà eu nécessité de venir à leur secours, en plaçant gratuitement le père du mari à l’hospice des Incurables. Que dans cette position, voisine de l’indigence, le fils qu’ils avaient et qu’ils ont perdu le 28 juillet était le seul de leurs enfants dont ils pouvaient espérer des secours et qui dans l’occasion pût seconder son père, comme il l’avait déjà fait il y a environ deux ans, en venant le remplacer auprès des pratiques, tandis qu’il était malade ». Les parents présentèrent un certificat médical, attestant que la mère souffrait d’un « ulcère fistuleux de la jambe droite, avec engorgement de tout le membre et qui la met dans un état d’infirmité qui la gêne excessivement pour pourvoir, par son travail, aux soins de son ménage » et que le père « ayant reçu une contusion sur la cuisse droite, il reste une tumeur qui gêne aussi les mouvements de ce membre et le rend moins propre à supporter les fatigues ». Ils furent pensionnés et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de cinquante francs. Les parents s’étaient mariés le 8 mai 1810 à Lisses (Seine-et-Oise) ; sur l’acte de mariage, Senelle, Louis est indiqué comme né le 11 octobre 1788 (sic) à Evry-sur-Seine, fils de Senelle, François, perruquier demeurant à Boudoufle, et de Charlot, Marie, Anne, comme étant perruquier et comme demeurant à Lisses ; Beaudet, Marie-Louise, Françoise est indiquée comme née le 11 mars 1791 (sic), fille de feu Baudet, Louis, charretier, et de Gaillard, Marie, Anne, comme étant blanchisseuse en linge, comme demeurant à Lisses. Le 24 juillet 1840, les restes de Senelle (sous le nom de Seneve, Jean-Louis, Fedinand dans le procès-verbal d’exhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Senelle demeurait 22, rue Aumaire ; ses parents, 4, rue du Pont à Corbeil en 1831. Le nom de Senelle (F.-J.-L. Senelle) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 325 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 102 ; Archives de Paris VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Etat nominatif des père et mère des citoyens tués en juillet 1830 au-dessus de soixante ans, idem même référence III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (ascendants), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des ascendants ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85 (sous le nom de Sénelle, Frédéric, Jean, Louis), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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