Serand, François

Biographie


Né vers 1756. Scieur de pierres. Il sollicita, vers le mois de janvier 1831, un secours auprès du ministère de l’Intérieur, suite à une blessure reçue dans les journées de Juillet et qui l’empêchait de travailler et de pourvoir à son existence. Il adressa, le 19 janvier 1831, la lettre suivante au roi (sic) : « Nous, soussignés, attestons et certifions que le nommé François Serand, scieur de pierres, âgé de soixante-quatorze ans, s’étant trouvé dans les affaires du 28 juillet à 11 heures du matin avec plusieurs de nous ayant rencontré un garde royal rue Jean-Pierre Mollet, qui se sauvait, l’ayant arrêté et désarmé, il se mit à pleurer, disant qu’il y avait deux jours qu’il n’avait pas mangé. Moi, voyant ses peines, je lui ai donné vingt sous. De là, j’ai pris la rue de la Tixéranderie. Arrivé à la rue du Mouton, le feu était d’une force extraordinaire de fusillade comme de canon. En chargeant mon fusil pour la onzième fois, un grenadier de la garde était déguisé d’un bonnet de police et d’une blouse j’ai reconnu que c’était un militaire par ses guêtres blanches, ayant malgré cela un fusil, l’ayant de suite saisi, lui ayant demandé où il allait il m’a répondu Laisse-moi aller vieille bête. Aussitôt il m’a porté un coup de crosse de fusil dans le genou, dont il m’a mis dans un état à ne pouvoir plus me venger, quoi que dans cette position je lui ai lâché un coup de fusil avec la vergette dedans, que je n’ai pas eu le temps de retirer, dont il a été tué sur-le-champ. Ne pensant pas que ma blessure serait grave, je n’ai fait jusqu’à ce moment aucune réclamation. Mais maintenant, voyant que je n’ai plus de quoi me solliciter, je demande seulement en prouvant ma blessure, puisque je ne peux pas guérir que l’on eût égard à un pauvre vieillard comme moi, n’ayant plus aucune ressources pour gagner ma vie après avoir voulu soutenir notre patrie. Je me suis présenté à la Commission mais l’on m’a dit qu’il était trop tard. C’est pour quoi je prends la liberté de réclamer les bontés de Sa Majesté, comme étant le père des Français. » Sa lettre était accompagnée de plusieurs signatures : Chabourin, peintre en bâtiment, demeurant 107, rue du Faubourg-Poissonnière ; Dubos illisible, marbrier, demeurant 35, rue Rochechouart ; Lefevre, scieur de pierres, demeurant 17, rue Neuve-Coquenard ; le docteur Croserio (voir Croserio, Simon, Félix, Camille), qui attestait que Serand était « affecté d’un engorgement chronique du genou droit ». Une dépêche indiquait à son sujet : « A été blessé grièvement dans les journées de Juillet et se trouve hors d’état de gagner sa vie. Sa réclamation ayant été rejetée par la commission, comme présentée trop tard, il demande qu’on lui accorde les secours nécessaires à son existence. Il est âgé de soixante-quatorze ans. » Une autre dépêche indiquait à son sujet : « Blessé dans les journées de Juillet, a fait valoir à la commission ses droits aux récompenses nationales. Indique un changement d’adresse. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il demeurait 107, rue du Faubourg-Poissonnière en 1830 ; 35, rue Rochechouart en 1831. Archives nationales F/1dIII/75 (deux entrées à son nom une fois sous le seul nom de Serand, une fois sous le nom de Serand, François) ; Archives de la préfecture de police AA 414.

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