Sermet, Joseph, Marie

Biographie


Né le 22 avril 1778 à Cuisery (Saône-et-Loire), fils de Sermet, Alexis, charpentier, et de Farandon, Marie, son épouse. Ancien militaire, ayant participé à la campagne d’Egypte avec Bonaparte, puis établi charpentier (il avait contribué à sauver de l’incendie le dôme des Invalides en 1813, lors de la dorure de celui-ci) et gardien du bazar Montesquieu, 69, passage Choiseul, en juillet 1830. Il participa aux combats, armé d’un pistolet et fut blessé d’un coup de feu à la jambe droite, qui lui brisa le péroné, le 29 juillet place du Palais-Royal, au coin de la rue de Valois. Selon un certificat qui lui délivré, il avait « pris les armes dès le matin et s’est placé pour défendre la barricade qui faisait face à la cour des Fontaines, qu’à 1 heure de l’après-midi environ, il s’est joint aux citoyens qui se sont portés contre les grilles du Palais-Royal, rue de Valois, pour forcer la garde royale à se rendre et c’est au moment où les officiers de la garde faisaient des propositions aux citoyens que l’on fit une vive fusillade et que ledit Sermet reçut une balle dans la jambe » droite. Richard, Pierre (voir ce nom), précisait que Sermet avait été blessé à ses côtés. Il fut soigné, à partir du 4 août et jusqu’au 10 septembre, à l’hospice des Incurables femmes, avant d’être transféré à la Maison de convalescence de Saint-Cloud. Il reçut un secours (supplémentaire mais pourquoi ?) de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel (il parle de soixante francs dans la lettre qu’il fait parvenir à la Commission des récompenses nationales le 4 septembre 1830). Il reçut, comme blessé, dix francs de secours au 4 septembre 1830 et, au total, trois cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut obligé « pour conserver sa place de faire faire son service par un homme qu’il paye cinquante sous par jour ; que son plus grand chagrin est la crainte trop fondée qu’il a de ne pouvoir à l’avenir remplir cet emploi, seul moyen d’existence qu’il possède » ; sa femme ne gagnait que quinze sous par jour. Sa demande de secours était apostillée par : Courtois, demeurant 6, rue Montesquieu ; Pomerel, demeurant 4 ou 5, rue Montesquieu ; Lebrun, demeurant 7, rue Montesquieu ; Villette, demeurant 8, rue Montesquieu ; Guilmin illisible ; Lutz illisible, demeurant 1, rue Montesquieu ; Duclos ; Blers illisible ; De Frémicourt, sous-lieutenant de la garde nationale. Un autre certificat était signé par : Vuilmin, demeurant 3, rue Montesquieu ; Mabille, demeurant 3, rue Montesquieu ; Fayol, marchand de vins, demeurant 7, cour des Fontaines (mais Faÿs, Charles, Nicolas, marchand de vins, demeurant 7, cour des Fontaines dans la déposition en faeur de Séné, Adolphe, Louis, Baptiste) ; Coudre « étant près de lui quand il a été blessé », demeurant 4, rue Montesquieu ; Morand, demeurant 5, rue Montesquieu ; Bondeau illisible ; Vissot, demeurant rue Montesquieu ; Royer, Adolphe (voir ce nom), demeurant 14, rue Croix-des-Petits-Champs ; Lebrun, demeurant 7, rue Montesquieu ; Bonneau, miroitier, demeurant 6, rue Montesquieu ; Malassené, demeurant 2, rue Montesquieu. En janvier 1831, il sollicita une place de concierge ou de surveillant, expliquant : « Ma blessure ne me permettant point de faire mon service, vu qu’il faut monter dans des échelles pour faire ledit service. Les syndics de la faillite de M. Armand Lainné, propriétaire dudit bazar, dans un arrêté du 28 décembre dernier qui me remercie et m’enjoint de vider les lieux que j’occupe le 8 janvier. Cela m’a beaucoup gêné car sans M. Courtois qui a eu l’humanité de nous illisible dans la maison passage Choiseul, n° 69, je me voyais à l’heure de rester dans la rue. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Le 9 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Courtois, Nicolas, Hippolyte, marchand tailleur, demeurant 6, rue Montesquieu ; Tourneur, Jean-François, marchand de vins, demeurant 14, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Janniot, Gaspard, coiffeur, demeurant 14, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Ils attestèrent parfaitement connaître Sermet, Joseph, Marie « et savoir que ledit sieur Sermet est sorti de son domicile le 29 juillet dernier, armé d’un pistolet, pour combattre pour la liberté et que ledit jour sur la place du Palais-Royal il a été atteint d’une balle à la jambe droite ». De la même manière, le 9 avril 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Courtois, Nicolas, Hippolyte, marchand tailleur, demeurant 6, rue Montesquieu ; Tourneur, Jean-François, marchand de vins, demeurant 14, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Janniot, Gaspard, coiffeur, demeurant 14, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Ils attestèrent parfaitement connaître Sermet, Joseph, Marie et savoir que, blessé dans les journées de Juillet, « ne pouvant maintenant se livrer au travail, il se trouve sans ressources et sans aucun moyen d’existence ». Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « Ancien soldat, remarquable par son caractère, et généralement aimé, il a servi dix ans. Marié et sans enfant. Il s’est bien conduit. La médaille et un secours. Ce brave homme mérite beaucoup d’intérêt. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 29 janvier1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la jambe droite, de sa partie postérieure et inférieure vers sa partie antérieure, avec fracture du péroné ; guérie mais avec difficultés durables dans les mouvements du membre. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés, pensionné (sous le nom de Serinet, Joseph, Marie sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel) de trois cent cinquante francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. Sa médaille lui fut délivrée le 29 juin, et son brevet le 23 août 1831. Il délivra un certificat en faveur de Richard, Pierre, gardien du bazar Montesquieu, pour attester que ce dernier avait « défoncé les grilles du Palais-Royal au moment que j’ai reçu une balle à la jambe droite ». Il avait épousé Matelas, Louise, le 18 février 1826 à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement de Paris, et avait un enfant en 1830. En 1836, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Sa position est loin d’être heureuse. Il n’a pour ressources que le secours qu’il reçoit de son fils, employé au cercle de la rue de Gramont. Sa réputation est bonne sous le rapport de la conduite et de la moralité. » Il toucha cinquante francs de secours en 1836, trente francs en 1839, trente puis vingt-cinq francs en 1840. Il mourut le 9 décembre 1840. Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1841 ; elle était domestique chez Brondel, 3, rue du Commerce à Grenelle, et « représentée très favorablement » selon les renseignements de police. Il demeurait 44, rue Mouffetard mais quand ? 6, rue et bazar Montesquieu en 1830 ; puis 60, passage Choiseul (mais 69, passage Choiseul in Archives de Paris VD6 278 dans la lettre qu’il signe et où il indique son nouveau domicile et aussi in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension et enfin in Archives nationales F/1dIII/75 sur la couverture de son dossier) puis 24, rue Aubry-le-Boucher en 1831 ; 1, place des Italiens, un logement de cent quarante francs par an, en 1836 ; 40, rue Jacob en 1840. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278, idem in dossier Richard, Pierre ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, idem blessés admis à la pension (sous le nom de Serinet, Joseph, Marie) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, blessés de la 3e classe.

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