Serre, Pierre

Biographie


Né le 24 novembre 1788 à Tauves (ou le 27 novembre 1790 à De Latour in Archives nationales F/1dIII/41 et in Archives nationales F/1dIII/38 A) (Puy-de-Dôme). Ancien militaire, ayant servi cinq années sous l’Empire, il s’établit garçon boulanger. Deux certificats attestaient ainsi de sa participation aux journées de Juillet. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je soussigné, marchand boulanger, rue de la Calandre, n° 19, certifie que le sieur Pierre Serre, garçon boulanger, travaillait chez moi en cette qualité ; le 27 juillet dernier, après avoir fait une quête parmi ses camarades pour acheter l’étoffe nécessaire à la confection d’un drapeau tricolore, a acheté l’étoffe, qu’il a employée à confectionner le drapeau ci-dessus précité et est monté l’arborer sur la tour de l’hôtel de ville, qu’en outre, comme il se disposait à en aller arborer un deuxième, il a été atteint d’une balle au genou droit, au moment où les Suisses faisaient une décharge sur le pont Notre-Dame. Que j’ai recueilli ledit Serre chez moi pour lui faire donner les secours nécessaires à sa position et qu’il y est resté jusqu’à ce moment ; et que je n’ai qu’à faire l’éloge de la bonne conduite et du patriotisme désintéressé de ce bon citoyen et bon père de famille. » Signé, le 5 octobre 1830 : Nicaise, boulanger, demeurant 19, rue de la Calandre. Suivaient les signatures de : Rolland, épicier ; Delmas, vitrier ; Gambier, marchand de fromages ; Bidaut, sous-lieutenant ; Sagit, marchand de vin ; Koch ; Brocard ; Jannon ; Jannon ; Debenne. Le second certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le 27 juillet dernier, le sieur Pierre Serre, garçon boulanger chez le sieur Nicaise, rue de la Calandre, n° 19, s’est présenté chez moi à la tête de plusieurs de ses camarades et a acheté différentes étoffes, avec lesquelles ils ont confectionné un drapeau tricolore, qu’ils ont été poser à l’Hôtel de ville. En foi de quoi, j’ai délivré le présent certificat au sieur Serre pour rendre témoignage à sa bonne conduite. » Signé, le 15 octobre 1830 : Lioré. Suivait la mention suivante : « Les soussignés certifient que le sieur Serre ci-dessus mentionné s’est présenté chez nous à l’effet d’y acheter les toiles nécessaires pour confectionner un drapeau tricolore et attestent la vérité de ce qui est dit plus haut. » Signé, le 15 octobre 1830 : Magnan ; Gaillot ; Gillet ; Proffit ; Cotterlatz ou Echellard, demeurant 1, rue de la Poterie-des-Arcis. Le certificat médical suivant constatait les blessures qu’il avait reçues : « Je, soussigné, certifie avoir donné des soins au nommé Pierre, Serre, pour une blessure qu’il a reçue le 28 juillet ; ladite blessure est située à la partie supérieure de la jambe droite. Je certifie en outre l’avoir soigné d’une fracture du bras droit, occasionnée par la roue d’une voiture pendant qu’il est resté couché sur le champ de bataille. » Signé, le 16 octobre 1830 : Abadie, médecin. Resté étendu sur le champ de bataille, il eut le bras droit fracturé par la roue d’une voiture. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 3 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à ouverture unique mais à balle extraite à la partie antérieure et inférieure de la jambe droite, guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Après s’être soigné chez un frère qu’il avait à Paris, il retourna à Tauves, où il reprit son état de boulanger. Il fut soigné, sans succès, aux eaux du Mont-d’Or en 1833 et en 1839. En 1832, il sollicita l’admission gratuite de son fils, alors âgé de quatorze ans, dans une école destinée à l’éducation des enfants des décorés de Juillet, et un bureau de tabac pour sa fille, alors âgée de vingt ans ; l’administration ne pouvait donner une suite favorable à sa demande pour son garçon, un tel établissement n’existant pas. En 1838, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Garçon boulanger, mais, comme il a été longtemps sans ouvrage, sa position n’est pas heureuse. On ne dit que du bien sur sa conduite et sa moralité. » En 1839 : Il est marié et père de trois enfants dont un entièrement à sa charge. […] Il est garçon boulanger et le modique produit de son travail le laisse dans un état habituel de gêne. Sa conduite continue à être régulière et il passe pour un bon père de famille. » Il reçut un secours de vingt francs en 1839, et un secours de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, sa femme venait de mourir, laissant quatre enfants ; il reçut, cette année-là, un secours de vingt-cinq francs, un secours de quarante francs en 1842, et un secours de vingt-cinq francs cette même année, mais ne se présenta pas pour les toucher (sans doute était-il retourné à Touves). En 1848, il était père de trois enfants et sollicita devant la nouvelle Commission des récompenses nationales, instituée par la Révolution de Février, affirmant n’avoir jamais reçu d’argent et demandant une place de piqueur ou conducteur de travaux dans le Cantal ; cette commission le recommanda au préfet, parce que privé d’un bras par suite de sa blessure reçue en juillet 1830. Il demeurait 19, rue de la Calandre en 1830-1831 ; à Touves en 1831 ; 135, rue Saint-Victor en 1838 et depuis quinze mois ; en garni 14, rue Saint-Jacques-de-la-Boucherie en 1840 ; 92, rue Mouffetard en 1841 ; à Touves en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives, p. 82, liste nominative du IXe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 117 (sous le nom de Serres, Pierre), lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, (ancien) IXe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et dossier indemnitaires classés et non classés ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, blessés de 1re classe et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IXe arrondissement, blessés de la 1re classe (sous le nom de Serres, Pierre) ; Archives nationales F/9/1156.

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