Servais, François
Biographie
Né le 14 mars 1799 à Gorze (Moselle). Menuisier. Il fut blessé par un coup de sabre. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, Gingot, François et Hardy, Michel, François, menuisiers, demeurant à Paris, rue des Vinaigriers, certifions que le sieur Servais, François, aussi menuisier, demeurant en la commune de Charonne, banlieue de Paris, a montré le plus grand courage dans les trois journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet et s’est battu sous nos yeux avec la plus grande intrépidité à la place de Grève, armé du sabre qu’il avait eu à la caserne des Minimes, pour la défense de nos droits et de nos constitutions. » Signé, le 20 janvier 1831 : Gingot, François, menuisier, demeurant rue des Vinaigriers ; Hardy, Michel, François, menuisier, demeurant rue des Vinaigriers. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Servais est entré chez moi le 28 juillet, chercher un couperet pour abattre les écussons portant la fleur de lys et qu’il me l’a rapporté de suite. » Signé : Moisette, traiteur, demeurant 10, rue des Petits-Pères. Le troisième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Blouin, chevalier de la Légion d’honneur, sergent-major de la 2e compagnie, 5e bataillon, Ire légion de la banlieue, certifie que M. Servais, soldat à ladite compagnie a fait régulièrement son service et qu’il n’y a rien à lui reprocher. » Signé, le 11 janvier 1831 : Blouin. En janvier 1831, père de famille de cinq enfants en bas âge, sa femme près d’accoucher, depuis deux mois sans travail, il se trouvait endetté. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut un secours définitif de cent francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Il comparut devant le jury de cet arrondissement le 17 janvier (ou le 18 janvier in Archives de Paris VK3 52) sous le numéro 152. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1840, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Mauvais sujet ; ivrogne et rend sa famille malheureuse par son inconduite. » Et en 1846 : « N’a d’autres ressources que le produit de son travail comme ouvrier menuisier. On le représente comme un ivrogne. » Il participa à la révolution de Février et entra un des premiers dans la caserne de Reuilly. Il était père de six enfants en 1848, dont deux engagés au 10e léger et sollicita auprès de la nouvelle Commission des récompenses nationales un emploi d’ouvreur dans les bornes fontaines de la Ville de Paris ou dans les Pompes funèbres ; la Commission le recommanda pour un emploi d’ouvreur dans les bornes fontaines. En 1850, les mêmes sources précisaient : « A une bonne réputation et est nul en politique. Il se livre quelquefois à la boisson et est dans la misère. […] Il est noté aux sommiers judiciaires comme conduit aux Madelonnettes le 20 mai 1849 pour vol et condamné le 14 juin suivant à six jours de prison. » Il demeurait à Charonne en 1830 ; 26, bd de Charonne de 1847 à 1849 ; 33, même boulevard, un loyer de soixante francs par an, en 1850. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 1re classe de l’arrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 90 ; Archives de Paris VK3 52 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 86.