Sexe, Alexandre, Joseph
Biographie
Né le 22 fructidor an VIII (9 septembre 1800) à Avesnes (Nord), fils de Sexe, Alexandre, Joseph, propriétaire, et de Sernadoux, Angélique, Joseph, son épouse. Horloger. Il fut blessé de deux coups de feu, un au côté l’autre à la cuisse droite, de deux coups de sabre à l’avant-bras et à la main et de contusions au genou, à l’attaque de la caserne Saint-Martin. Il était marié et sans enfant en juillet 1830. Il reçut un secours de cent trente francs en août et un autre (dont le montant est indéterminé) en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut un secours de trois cents francs, le 28 février 1831, un secours de cinquante francs, le 14 mars 1831, un secours de cinquante francs, le 25 mars 1831, un secours de cinquante francs, le 15 avril 1831, un secours de cinquante francs, le 30 avril 1831, un secours de quarante francs, le 30 mai 1831, un secours de quarante francs, le 16 juin 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 7 juillet 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 6 août 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 15 septembre 1831, un secours de quarante-cinq francs, le 3 octobre 1831, auprès de cette mairie. Il y fut décoré de la Croix de Juillet. La mairie reprenait ainsi les avis médicaux sur la nature de ses blessures : « A reçu trois coups de feu, savoir à la joue, à la cuisse et à la main droite. En outre deux coups de baïonnette à la poitrine et un coup de sabre à l’avant-bras droit. Quoique toutes ces blessures soient guéries maintenant, leur grand nombre, la cicatrice apparente et profonde de la joue et la gêne qui existe dans les mouvements de l’avant-bras droit nous portent à mettre sur ce tableau [de de diminution de capacité, N.D.A.] le brave Sexe, dont les faits d’armes excitent notre admiration. » Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna pourtant, le 17 mai 1831, la conclusion suivante : « A été atteinte, dans les journées de Juillet, premièrement de deux blessures par arme à feu : l’une au côté droit et à la partie inférieure de la face, guérie ; l’autre à la partie supérieure et interne de la cuisse droite, guérie. Deuxièmement de deux blessures par arme blanche (coups de sabre), l’une à la partie supérieure et externe de l’avant-bras droit, guérie ; l’autre à la partie postérieure de la main droite, en travers du métacarpe, guérie avec quelques difficultés dans les mouvements. Troisièmement de contusions au genou droit, par suite desquelles il lui est resté des douleurs qui de temps en temps se compliquent d’hydropisie ; blessures dont la réunion doit le faire ranger dans la quatrième classe des blessés. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de six cents francs. Il lui fut accordé (sous le nom de Sexe, Aimé, Alexandre, Joseph) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rente perpétuelle de cent francs. Il fut nommé, le 1er octobre 1830 et sur proposition de la Commission des récompenses nationales, sous-lieutenant dans la garde municipale et caserné faubourg Saint-Martin. Il sollicita son indemnité de première mise en équipement et reçut à la mairie du VIe arrondissement une avance de trois cents francs sur cette indemnité (voir plus haut). Quand il réclama le complément de l’indemnité, l’administration lui répondit que seuls les sous-lieutenants d’infanterie ou de cavalerie avaient droit à cette indemnité. Sexe fit valoir que si les ordonnances qui régissaient les attributions de première mise d’équipement ne concernaient pas la gendarmerie c’était que seuls étaient normalement admis dans la gendarmerie soit les sous-lieutenants de l’armée, qui l’avaient déjà touchée, soit les sous-officiers ayant déjà plusieurs années de service et par conséquent déjà montés et équipés. Si cette indemnité était versée aux sous-lieutenants nommés par la Commission des récompenses nationales c’était bien pour qu’ils fussent en mesure de remplir dignement les fonctions auxquelles ils avaient été nommés ; Sexe était le seul de tous les combattants de Juillet qui avait été versé dans la garde municipale ; si on lui appliquait la réglementation en usage dans la gendarmerie, il était dans l’impossibilité de remplir dignement ses fonctions, sauf à contracter de lourdes dettes. Il rappelait ainsi le détail des frais occasionnés par sa désignation : un shako, pompon et plumet 68 francs, un chapeau 50 francs, un habit de grande tenue 120 francs, un habit de petite tenue 100 francs, une capote 110 francs, un manteau 150 francs, deux paires d’épaulettes à 266 francs soit 532 francs, une épée et un porte-épée 50 francs, deux pantalons de drap bleu à 40 francs soit 80 francs, deux pantalons de drap gris à 36 francs soit 72 francs, trois pantalons blancs d’été à 16 francs soit 48 francs, deux pantalons de coutil écru à 13 francs soit 26 francs, un pantalon de drap blanc 36 francs, deux paires de bottines à 20 francs soit 40 francs, une tenue bourgeoise exigée hors service 250 francs, du mobilier 550 francs, soit un total de 2.282 francs. L’administration, finalement, consentit seulement à ne pas lui retenir sur sa solde le paiement qu’elle jugeait injustifié des trois cents francs qu’il avait touchés à la mairie du VIe arrondissement. (Il n’est, en effet, pas inscrit sur la liste définitive in Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement, mais bien – même cote – in Etat des sommes payées aux sous-lieutenants du (ancien) VIe arrondissement depuis le mois d’octobre 1830 jusqu’au 31 mai 1831, tant à titre de première mise qu’à titre de secours). Collet, Fortuné, dans une lettre qu’il écrivait, le 9 novembre 1830, à la Commission des récompenses nationales pour solliciter la décoration et un emploi, rapportait à son sujet les faits suivants : « M. Sexe, qui a été blessé à côté de moi, était un ancien sous-officier de l’ex-garde royale, depuis ouvrier horloger : il vient d’être depuis un mois nommé lieutenant dans la garde municipale et il est porté pour la croix… Il est vrai qu’il a été cruellement blessé mais je me suis exposé tout autant et il n’a pas d’enfant. » Il délivra le certificat suivant en faveur de Cosson, Charles, Julien, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé : « J’atteste que le sieur Cosson fait partie de la 2e compagnie du 2e bataillon depuis la formation du corps de la garde municipale et qu’il jouit de l’estime de ses supérieurs et de l’amitié de ses camarades, par sa bonne conduite. » Il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, une gratification, en tant que décoré non blessé, de vingt-cinq francs en 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet c’est pas lui il est blessé et pensionné, retirer avec la référence…. Il reçut, en tant que décoré et blessé, un secours de cinquante francs et un habillement soit bourgeois soit de garde national (pour une valeur de soixante francs), sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet (sous le nom de Sexe aîné). Sexe avait épousé Billat, Marie, Josèphe, le 24 décembre 1822 à Besançon ; sur l’acte de mariage, Sexe, Alexandre, Joseph est indiqué comme le fils de feu Sexe, Alexandre, Joseph, propriétaire, et de Bernadon, Angélique, Josèphe (sic), son épouse, et comme étant horloger ; Billat, Marie, Josèphe est indiquée comme née le 24 mars 1795, fille de Billat, Pierre, Joseph, horloger, et de Donzey, Marie, Elisabeth, son épouse, et comme étant couseuse en linge. Il demeurait à Besançon en 1822 ; 7, rue Chapon sur les listes du Constitutionnel et sur celles de Boulland en août 1830 ; caserne Saint-Martin à Paris en 1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 44 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 49 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 102 (sous le nom de Sexe, Aimé, Alexandre, Joseph) ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Collet, Fortuné ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIe arrondissement ;Archives de Paris VD6 356 n °5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD 6 356 n° 6, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont pris part aux gratifications accordées à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet en 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, Etat nominatif des décorés de la Croix de Juillet qui touchent une pension ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, Liste de diminution de capacité, idem même référence V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (blessés pensionnaires) (sous le nom de Sexe, Aîné, Alexandre, Joseph), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des blessés, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives de Paris VD6 91 couverture du dossier Turge, Juste, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIe arrondissement, blessés de 4e classe (sous le nom de Sexe, Aimé, Alexandre, Joseph) ; Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Cosson, Charles, Julien, idem AA 404 in dossier Morel. (où il atteste comme lieutenant de la 2e compagnie du 2e bataillon, la présence de Cosson dans les rangs de cette compagnie.