Sibuet, Jean-Jacques
Biographie
Né le 10 novembre 1793 à Paris. Ancien militaire de la Grande Armée, où il avait servi comme sergent-major dans la Vendée au 108e régiment, sous les ordres du colonel Achard, devenu employé à l’entrepôt des vins ou ouvrier tonnelier. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 28, il coopéra au désarmement des Postes, puis il se rendit à la Grève, à la tête d’un peloton de quarante hommes. Il essuya le premier feu vers 11 heures et reçut une forte contusion à la hanche gauche. Manquant de munitions, il fut en prendre à la poudrière et revint combattre au Pont-Marie, à la pointe de l’île Saint-Louis, au Pont-Rouge et au Pont d’Arcole. Le 29, il combattit à la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois et continua jusqu’à la rue de Rivoli. Là, la fatigue et la douleur que lui faisait éprouver la contusion qu’il avait reçue le força à quitter le combat. Il n’a réclamé aucun secours pécuniaire. » Lui-même donnait le récit suivant de sa participation aux combats : « Le soussigné faisant nombre des défenseurs des 28 et 29 fut au désarmement des postes du 50e de ligne, rive droite de la Seine, des gendarmes rue des Fossés-Saint-Bernard. Conduisant un détachement de quarante hommes armés, nous reçûmes le premier feu du 3e de la garde, de 11 heures à midi, place de Grève ; a reçu une contusion à la hanche gauche, attestée par M. Pinel, docteur. Manquant de munitions, s’est transporté à la poudrière, boulevard de l’Hôpital, revenu faire le coup de fusil au pont Marie, pointe de l’île Saint-Louis, sur les charges des cuirassiers, quai des Ormes, rue des Nonandières et de Jouy, traversa le pont Rouge et longeant les rues adjacentes du quai aux Fleurs, près le pont d’Arcole. Auprès de lui, sont tombés deux de ses amis après deux heures de combat ; ils succombèrent à l’Hôtel-Dieu, par suite de leurs blessures quelques jours après. Présent à la prise du Louvre, débouchant par la rue Chilpéric et Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, longeant la rue Rivoli, sous les arcades, de là rue des Pyramides, où il termina son feu, manquant de force de la contusion qu’il reçut la veille. N’a demandé aucun secours pécuniaire. » Il est répertorié (sous le numéro 1077) dans la liste des demandes concernant un poste dans l’octroi posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 13 décembre 1830, à six voix pour la croix, une voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Sibuet, Jacques, Jean, sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il apostilla, « Sibuet fils, décoré de la Croix de Juillet », le récit que fit Dezarnaud, Jacques, Antoine de sa propre participation aux combats de Juillet. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Dans une situation « si malheureusement précaire », en 1845, il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « En quittant le service, il a été employé pendant vingt-deux ans à l’entrepôt des vins. Depuis trois ans, il est surnuméraire dégustateur sans traitement et a toujours fait preuve de zèle et d’aptitude dans l’exercice de ses fonctions. Ce décoré est dans une situation malheureuse et paraît digne d’intérêt sous tous les rapports. » Il reçut vingt-cinq francs de secours en 1845, vingt-cinq francs de secours en 1846 et vingt-cinq francs de secours en 1847. Il demeurait 1, rue Perdue en 1830-1831 ; 1, rue des Grands-Degrés de 1845 à 1847. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Sibuet, Jacques, Jean) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (sous le nom de Sibuet, Jacques, Jean) ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes de poste dans l’octroi ; Archives de Paris VK33 Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 (sous le nom de Sibuet, Jacques, Jean), idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 13 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques (sous le nom de Sibuet, Jacques, Jean) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 52 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives de la préfecture de police AA 385 in dossier Dezarnaud, Jacques, Antoine.