Sidrat, François
Biographie
Né (sous le nom de Chidrat, François dans son acte de naissance) le 18 floréal an IV à Poussanges (Creuse), fils de Chidrat, Joseph et de Milhomme, Marguerite, son épouse. Scieur de long. Il fut tué le 29 juillet à 9 heures du matin, rue Verte en face de la caserne. Sur sa fiche de la mairie, est indiqué, à la date du 3 août 1830 : « Rien donné. N’a ni femme ni enfants ; […] n’a que des frères, qui travaillent ; n’a pas été à l’hospice Beaujon. Doit à son logement sept francs, cinquante centimes. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Le 11 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement, comparurent, sur la demande de Sidrat, Gilbert, frère de François, maçon, demeurant 50 bis, rue du Roi-de-Sicile, comparurent : Durietz, Pierre, Antoine, Alexandre (voir ce nom), né vers 1804, menuisier, demeurant 36, rue de Miromesnil ; Chatoux, Léonard (voir ce nom), né vers 1801, scieur de long, demeurant 36, rue de Miromesnil ; Cassin, Louis, Armand (voir ce nom), né vers 1793, menuisier, demeurant 7, rue du Rocher. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Sidrat, François et « savoir qu’il a été tué le 29 juillet dernier par l’ex-garde royale en face de la caserne de la rue Verte et qu’il aété transorté de suite à l’hôpital Beaujon ; qu’ils étaient tous trois à côté de lui lorsqu’il fut atteint par quatre balles qui l’ont renversé et qu’il est mort sur-le-champ ». Il n’avait ni femme ni enfants. Ses parents s’étaient mariés, le 2 septembre 1788 à Monteil-Guillaume (Creuse). Sur l’acte de mariage, Chidrat, Joseph (sic) est indiqué comme le fils de feu Chidrat, Léonard, métayer, et de Chabanne, Gilberte son épouse ; Milhomme, Marguerite est indiquée comme la fille de feu Milhomme, François et de feue Bourderionnet, Madeleine. Milhomme, Marguerite devait décéder le 23 août 1807 à Crose (Creuse). Cidrat, Joseph (sic sur son acte de décès) devait décéder le 27 décembre 1826 à Blessac (Creuse) ; il était indiqué comme veuf de Louillon, Jeanne. François laissait une sœur, Chidrat Gilberte (sic dans son acte de naissance), née le 12 juillet 1792 aussi à Poussanges, « dans l’indigence la plus complète, attendu qu’elle retirait de ce frère tout ce qui lui était nécessaire pour son existence, ne possédant rien au monde » selon un certificat de la mairie de Poussanges en date du 12 mars 1831, et quatre frères à qui il servait de père. La demande de pension fut rejetée, la sœur n’étant pas âgée de moins de dix-huit ans, mais sans doute la Commission des récompenses nationales ne se donna-t-elle pas la peine d’en avertir la sœur, puisque, le 9 septembre 1834, le frère, Pierre Sidrat, lui aussi scieur de long, demeurant alors 10, rue de la Pépinière adressait la lettre suivante au ministre de l’Intérieur : « Le 28 (sic, en fait le 29, N.D.A.) juillet 1830, entre 8 et 9 heures du matin, mon frère fut tué dans la Petite-Rue Verte, en face la caserne, et son corps resta dans la rue jusqu’au lendemain matin. Ayant été averti, je fus le relever avec deux commissionnaires qui, faute de brancards, se servirent d’une échelle pour le transporter à l’hospice Beaujon, où le prêtre de service inscrivit les noms de nos père et mère ainsi que celui de mon frère, qui se nommait François Sidrat, natif de la Marche, département de la Creuse, avec les circonstances de sa mort. Après quoi, il fut enterré par mes soins et démarches le même jour 29 juillet 1830. Deux mois plus tard, je fus appelé dans un bureau qui était rue Saint-Honoré, presqu’en face la rue Saint-Florentin, où on me demanda si mon père et ma mère vivaient. Je répondis que non. On me demanda aussi si nous avions une sœur qui ne fût pas mariée. Je dis que oui et qu’elle se nommait Berthe Sidrat. Je fus à peu près six mois sans avoir d’autres nouvelles et à cette époque je partis à mon pays, où la Commission des récompenses nationales me fit parvenir, par l’intermédiaire de M. le procureur du roi de la Marche, un brevet pour une pension de cinq cents francs par an, en faveur de notre sœur Berthe Sidrat, en me demandant, par une lettre, que j’ai à me procurer les actes de mariage et de mort des nos père et mère, les actes de naissance de François Sidrat et de Berthe Sidrat et un certificat du maire de la commune ou habitait cette dernière. Après bien des démarches et des dépenses pour réunir tous ces actes, je les ai mis sous enveloppe et les ai envoyés par la poste à la Commission des récompenses nationales, rue des Beaux-Arts, n° 17, ainsi que le brevet, tel que cela m’avait été demandé par la lettre susdite. Depuis ce moment, non seulement notre sœur Berthe Sidrat n’a pas touché la pension mais il nous a été impossible de savoir ce qu’étaient devenus nos papiers, et malgré toutes les démarches que j’ai faites ainsi qu’un autre de mes frères, nous n’avons pu avoir aucune nouvelle satisfaisantes. A la vérité, nous ne nous sommes pas encore adressés à vous. Voici, monsieur le ministre, les faits que j’avais à vous exposer, d’où il résulte que le brevet nous ayant été expédié et redemandé avec tous les actes en règle, il est très probable que quelqu’un se les ait appropriés. Il aura jusqu’à présent touché la rente dont aurait dû jouir notre sœur Berthe Sidrat, comme héritière de notre frère François Sidrat, mort en défendant les lois. C’est avec confiance, monsieur le ministre, que je m’adresse à vous pour que vous ayez la bonté de faire prendre des renseignements et de nous rendre justice sur cette affaire, qui a besoin d’être éclaircie. Je vous prie de me faire savoir le plus tôt possible les résultats de vos recherches, afin de nous tranquilliser. Autour de cinq ou six semaines, je solliciterai un moment d’audience pour savoir à quoi m’en tenir, voilà assez longtemps que nous sommes dans l’incertitude. Au reste, si vous le croyez utile, je pourrais vous donner de plus amples explications, soit de vive voix soit par écrit. » Cette lettre est apostillée de l’annotation suivante : « Il est effectivement dans les morts de Juillet. » Sidrat, François demeurait 40, rue de la Pépinière ; les frères, Gilbert, maçon, et Pierre, 50 bis, rue du Roi-de-Sicile en septembre 1830 ; la sœur, à Saint-Quentin (Creuse) en 1831 ; Pierre, 10, rue de la Pépinière en 1834. Le nom de Sidrat (F. Sidrat) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Archives de Paris DM13 1, préfecture du département de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, état des morts et des blessés dans les journées de juillet 1830 (liste des tués et morts à la suite de blessures) (on retrouve une liste similaire aussi dans Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4, état des individus domiciliés dans le [ancien] Ier arrondissement tués ou morts des suites de blessures), idem liasse 4 une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche, idem dans cette même liasse 4, hôpital Beaujon, état des blessés reçus depuis le 27 juillet dernier jusqu’au 16 août 1830 ([ancien] Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92, idem liste des personnes secourues ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure et état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées (sous le nom de Chidrat), et morts de Juillet, inscrits au Panthéon sans avoir donné lieu à liquider de pension ; Archives nationales F/1dIII/49 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.