Siès, François

Biographie


Né 28 septembre 1781 à Belfort (Haut-Rhin). Tailleur d’habits. Il fut blessé d’un coup de feu à la jambe gauche et (mais sans qu’il en soit fait mention dans le travail du Comité de médecine et de chirurgie) d’une fracture par compression de la tête, qui lui provoqua une surdité presque complète, alors qu’il combattait avec son fils Siès, François, Félix (voir ce nom) à ses côtés. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement et sans doute aussi par la Commission des récompenses nationales de la sous-préfecture de Sceaux puisqu’il y est pensionné (sous le nom de Siess, François). Le 27 octobre 1830, il sollicitait auprès du maire du (ancien) IIIe arrondissement « un petit emploi honorable, soit même dans mon département où je m’y disposerais à finir mes jours », qui puisse l’aider à élever ses quatre enfants, et, expliquait qu’il avait « tout sacrifié son petit avoir pour se guérir de sa blessure et de celle de son fils, n’étant pas heureux, simple ouvrier tailleur de son état ». Sa demande était apostillée par de nombreuses personnes, qui certifiaient « que tous les faits déclarés par le nommé Siès à la présente feuille sont véritables, que ledit Siès et son fils ont été blessés dans nos journées à jamais mémorables du 27, 28 et 29 juillet dernier, en se battant pour la défense de la patrie » ; ainsi comme signataires : Rebert, Laurent, demeurant 7, rue des Filles-Dieu ; Matei, demeurant 24, rue Pavée-Saint-Sauveur ; Sulpice, demeurant 7, rue des Ecrivains ; Fournier, demeurant 24, rue Pavée-Saint-Sauveur ; Carrillion, demeurant 19, rue Pavée-Saint-Sauveur ; Thieriet, demeurant 24, rue Pavée-Saint-Sauveur ; Fuoun illisible, demeurant 68, rue Montorgueil ; Blondeau aîné, demeurant 9, rue Tiquetonne ; Ruel, demeurant 20, rue du Grenier-Saint-Lazare ; Peltier, demeurant 45, rue Montorgueil (le numéro n’est pas sûr) ; Barbier, Geoffroy, demeurant 39, rue Montorgueil ; Guissot, Victor, demeurant 50, rue de la Grande-Truanderie ; Jeovincenot, demeurant 35, rue Montorgueil ; Laudat, demeurait 62, rue Montorgueil ; Lahalle, demeurant 22, rue Pavée-Saint-Sauveur ; Latrade, demeurant 13, rue Pavée-Saint-Sauveur. Il fut médaillé de Juillet sous le nom de Sciès et son brevet lui fut délivré le 13 juillet 1831 par la mairie de Sceaux. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna pourtant, le 30 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteinte, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu, à ouverture unique et à balle extraite, à la partie inférieure et externe de la jambe du côté gauche ; blessure non encore guérie et qui devra laisser après elle des difficultés et des douleurs dans les mouvements du membre. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné (sous le nom de Siess sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel) de trois cents francs. Il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Le 8 septembre 1831, il adressait la lettre suivante à la Commission, pour obtenir la Croix de Juillet en remplacement de sa simple médaille : « Siès, père de famille de quatre enfants, blessé de Juillet, à cette époque il était à Bourg-la-Reine et a été blessé à Paris avec un de ses fils, aîné, portant tous les deux le même nom Siès, François ; Siès fils a reçu une indemnité de deux cent quatre-vingt-sept francs de M. de Châteaugiron (voir Château Giron de, René, Charles, Hyppolyte), ancien sous-préfet de Sceaux, pour une blessure à la joue d’un coup de sabre ; sa blessure a été fermée de suite ; il n’a pas passé au jury médical parce que sa blessure n’était pas assez grave. Son père a reçu de M. de Châteaugiron (voir Château Giron de, René, Charles, Hyppolyte), ancien sous-préfet de Sceaux, une somme de vingt francs et cent soixante-deux francs de M. Payen (voir Payen, Anselme), membre de la Commission de Sceaux […]. » Siès précisait qu’il lui était impossible « de pouvoir élever sa famille nombreuse avec la petite pension qui lui a été accordée » et demandait que sa pension fût augmentée, ne pouvant vivre, lui et sa famille, avec soixante-quinze centimes par jour. Il demandait aussi que les arriérés de sa pension lui fussent versés et renouvelait sa demande d’un « modique emploi soit à Paris ou dans don département, où il désirerait finir ses jours avec sa famille ». Il joignait à sa demande deux certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « La Commission des récompenses nationales atteste, par mon organe, que le sieur Siès François, né à Belfort (Haut-Rhin), âgé de quarante-sept ans, demeurant en juillet dernier au Bourg-la-Reine, maintenant rue Tiquetonne n° 17, profession de tailleur d’habits, père de quatre enfants, dont trois au-dessus de sept ans, a été blessé ainsi que le quatrième, âgé de seize ans, en prenant la part la plus active en juillet dernier au triomphe de nos libertés ; que la blessure qu’il a reçue le met dans l’impossibilité de continuer son état et qu’il mérite la bienveillance du gouvernement dans la poursuite d’un emploi, qu’il sollicite. » Signé : Payen (voir Payen, Anselme), commissaire de l’arrondissement de Sceaux. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussigné, docteur en médecine, chirurgien aide-major des Invalides, certifions avoir pansé, le 28 juillet 1830, le sieur Siès, François, demeurant rue Tiquetonne n° 17, d’une blessure qu’il venait de recevoir à sa jambe gauche au-dessus de la malléole interne. La plaie était peu profonde, quoique faite par une balle, qui a été extraite de suite. Le sieur Siès se ressent toujours de sa blessure, qui s’ouvre de temps en temps. » Signé, le 29 avril 1831 : Yvan. En 1839, il sollicita l’obtention d’un bureau de poste ou d’un bureau de tabac. Vers 1845, il se plaignit d’être la victime de mauvais procédés de la part des autorités : « L’exposant, qui compte soixante-quatre ans passés, ne peut plus se livrer à aucun travail lucratif. Il continuerait cependant à vivre comme il est et avec ce qui lui est accordé si sa décoration n’était devenue une cause de perte et d’ennuis. Quelques querelles avec des fonctionnaires publics, irrités contre des malheureux qu’il a soutenus, son état de surdité ont fait ameuter contre lui la police qui, connaissant qu’il était porteur de la décoration de Juillet, le poursuivait de huées entremêlées de l’imitation ridiculisée du chant du coq. » L’affaire, que son dossier explique confusément, s’envenima au point qu’il s’attira les foudres de la justice locale, qui, à l’occasion d’une dénonciation contre lui, prononça, en s’appuyant sur ceux que Siès qualifiait de faux témoins, une amende de 3.478 francs. N’ayant pu trouver d’avocat, il s’était, expliquait-il « trouvé seul pour se défendre et plaider lui-même son affaire avec son infirmité de surdité. Le débours qu’il a dû faire pour se défendre de cette affreuse affaire l’a mis dans la dernière défaite, ruiné de toute sa petite fortune. Il se trouve dans l’impossibilité de pouvoir payer une amende exagérée. Ce jugement a été définitif le 18 novembre dernier (1844) à la cour royale de Besançon. » Il sollicita un secours ou d’être dispensé de payer cette amende ; le ministère lui répondit mais « étant malade, dans son lit, accablé de misère, ses moyens ne lui ont pas permis de faire un déboursé d’un franc et quarante centimes pour cette honorable réponse », et il sollicita une nouvelle réponse mais franco de port. En 1845, il était tailleur d’habits à Baume-les-Dames (Doubs). Il demeurait à Bourg-la-Reine en juillet 1830 ; 24, rue Pavée-Saint-Sauveur en octobre 1830 ; 17, rue Tiquetonne en 1831 ; sans doute 24, grand-rue à Belfort en 1831 ; Lisle-sur-le-Doubs en 1840 ; Baume-les-Dames en 1845 ; Roche, canton de Marchaux (Doubs) en 1846. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Sceaux lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 114 (sous le nom de Siès, François) ; Archives de Paris VK3 13, lettre en date du 11 septembre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous les noms de Siess et de Siès) et état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIVe arrondissement, arrondissement de Sceaux, blessés de 3e classe (sous le nom de Siès, François) ; Archives de la préfecture de police AA 414.

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